RÉGKESSION CELLULAIRE. PROLIFÉRATION. MÉTAMORPHOSES
Celte régression cellulaire superficielle aboutit donc à l'élimination d'une portion de la substance de la fibre musculaire, par un procédé de clivage, par une véritable exfoliation cellulaire, qui évolue sans s'accompagner d'aucun signe de dégénérescence, mais aboutit à une diminution de volume de la fibre striée, d'autant plus notable que le phénomène se répète plus souvent.
La cellule fusiforme doit emporter en elle, sous une forme ou sous une autre, une portion de myoplasma, car, dans l'atrophie résultant de ces éliminations successives, les fibrilles diminuent non pas de volume, mais de nombre, comme si, à chaque exfoliation, une ou plusieurs d'entre elles étaient supprimées par clivage. La fibre peut être ainsi réduite aux plus petites dimensions et ne plus contenir que trois ou quatre fibrilles. Elle peut enfin disparaître complètement.
Le sort des cellules exfoliées varie suivant les circonstances qui ont déterminé la mise en activité anormale du sarcoplasma,
a. Prolifération musculaire. — Isolées ou réunies plusieurs bout à bout sur une certaine longueur, soit après leur séparation complète d'avec la vieille fibre, soit alors qu'elles lui adhèrent encore par un point, elles peuvent donner naissance à une jeune fibre striée qui sera tantôt complètement indépendante, tantôt anastomosée par une de ses extrémités avec l'ancien élément.
11 peut donc y avoir néoformalion aux dépens d'éléments conservant une apparence normale, en dehors de toute dégénérescence et régénération. Lai fibre musculaire adulte peut donc proliférer, contrairement à l'opinion soutenue encore aujourd'hui par de nombreux auteurs. Il s'agit bien ici de prolifération, puisque la jeune libre se développe aux dépens d'une cellule musculaire exfoliée. Nous verrons plus bas qu'il existe aussi une multiplication par dédoublement, un peu différente comme procédé, mais aboutissant également au même résultat, c'est-à-dire l'augmentation du nombre des fibres dans un muscle.
b. Métamorphoses musculaires. — Souvent les cellules musculaires, ainsi libérées par exfoliation, devenues plus indiflFérentes par le fait de leur régression embryonnaire, évoluent, non pas dans le sens d'une fibre striée, mais dans une direction tout opposée, subissant des transformations, se prêtant à des métamorphoses qui les rendent bientôl complètement méconnaissables pour qui n'a pas pu suivre toutes les phases de cette évolution.
a. Métamorphose conjonctive. — La plus fréquente de ces mêla-
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plasies, est la métamorphose conjonctive. La cellule musculaire, tombée dans le tissu cellulaire interfasciculaire s'allonge, s'amincit, s'atrophie; son protoplasma, dont les réactions colorantes sont, au
début, encore caractéristiques, s'atténue progressivement; son noyau, reconnaissable encore pendant un certain temps, grâce à son volume, diminue à son tour, et rien, bientôt, ne permet de distinguer cet élément ainsi modifié des cellules et des fibres conjonctives voisines, avec lesquelles il se confond complètement.
C'est le status fibrosus de Krosing. Cet auteur nomme tissu conjonctif musculaire ce tissu d'aspect conjonctif, mais contenant des éléments d'origine musculaire qui seraient peut-être susceptibles, à un moment donné, de reprendre leur activité et de reformer des fibres striées. — Cette métaplasie conjonctive n'est pas rare dans les compressions, les tumeurs, la sclérose et l'on doit lui rapporter, au moins en partie, la coque fibroïde qui * limite certains néoplasmes. Si elle n'a
^'''- f;T Division longi.udinaie et eucoro été décdte dans les amyotro-
exfoliation des fibres musculaires ^ «^
PII voie d'atrophie simple. D'après phics, cllC UC répOUd paS UloinS Irès CXaC-
Rudolf Krosing, in Arcliiv fiir
tement a cette augmentation sans sclérose du tissu interstitiel et des noyaux qui y sont contenus, augmentation proportionnelle à la diminution de calibre des fibres musculaires et que l'on observe dans la plupart des atrophies myopathiques
divisions qui s'opèrent le long de qu névropalhiqucs (\oii' Alropfiie musson bord gauclie donnent naissance
à des éléments très grêles (|ui, sur CUlUlTe).
des coupes transversales, lasse- o m -i i j- »-i
raient pour des fibres indépendantes P- MctamOrphoSC adipeUSC. - All-
atrophiées. (Comparez les llgnres 2i, lg^,j.g J^ ccUule mUSCUlaire SC ChargC de 25 et 26.) ®
graisse, il ne s'agit pas là d'une dégénérescence graisseuse, mais d'une transformation adipeuse (status adiposus de Krosing). La cellule, distenlue par une grosse goutte de graisse fixe, conserve son noyau et prend Vapparence d'une véritable cellule adipeuse. Cette métamorphose n'a rien qui puisse nous sur-
pathologisclie Anatomie iind Physiologie und fiir klinische Medicin, 4892, Bd 128, pi. Xlll, fig. 1. — Pseudo-hypertrophie du deltoïde.
La fibre d présente deux divisions longitudinales incomplètes on sens contraire (fibre en N). Le long de son bord droit plusieurs cellules musculaires s'individualisent et s'exfolient. Dans la fibre e, les