C. — Régression plasmodiale ou cellulaire totale
Dans la régression cellulaire totale, la fibre, dans toute son épaisseur, en dehors de toute dégénérescence, paraît revenir à son état* protoplasmique primitif. La substance striée disparaît plus ou moins complètement, et le contenu du sarcolemme se transforme, en entier, en un plasmode indivis ou en cellules musculaires individualisées chargées chacune d'un noyau.
a. On n'a pas, jusqu'ici, suffisamment attiré l'attention sur cette régression plasmodiale ou cellulaire massive. Metchnikofi", Loos, Bataillon, dans l'atrophie physiologique de la queue du têtard, ont vu les fibres musculaires s'individualiser en cellules qui remplissent le sarcolemme et remplacent la substance contractile.
Nous avons eu l'occasion de l'observer une fois dans les muscles de la jambe d'un très jeune enfant atteint de pied bot parahjtique congénital. Les muscles des membres supérieurs étaient constitués par des fibres normales et bien striées. Dans les muscles de la jambe, les fibres, à un faible grosissement, paraissaient normales comme volume, mais privées de striation. A un fort grosissement, sur les dissociations et les coupes longitudinales, on constatait que ces fibres étaient uniquement formées d'un sarcoplasma clair, qui, renflé au niveau des noyaux, s'étranglant entre eux (voir fig. 29, c). tendait à s'indivi-
dualiser ainsi en cellules fusiformes. Quelques-unes de ces tibres se
divisaient en long(voirfig. !28, c et d et fig. 29, b). Un petit nombre de ces cellules présentaient encore une très légère striation longitudinale et transversale. A côté de ces éléments parfaitement sains, d'autres commençaient à se charger de granulations graisseuses. Il ne s'agit pas ici de dégénérescence graisseuse d'une fibre s'accompagnant de régénération, mais de la dégénérescence graisseuse des cellules nées par régression plasmodiale de toute la substance de la fibre musculaire.
Dans la myopathie primitive, quelques auteurs (Schultze, Lewin) ont vu des fibres transformées en cellules distinctes mono- ou multi-nucléaires.qui remplaçaient la substance contractile dans la gaine de sarcolemme et dont les noyaux représentaient le
Fig. 58. — Pied bot paralytique congénital (Durante). Enfant nouveau-né. Faisceau musculaire dissocié du gastro-cnémien (flgure relative à l'observation publiée in Soc. d'obstétrique de Paris, décembre 1899). Comparer cette figure à la figure 29 représentant, au même grossissement, un faisceau musculaire normal du bras du même enfant.
Les fibres ne renferment que du sarcoplasma non strié. Pienflées au niveau de leurs noyaux, elles s'effilent entre ces noyaux et tendent à s'isoler en cellules fusiformes indépendantes (6). Quelques-unes se bifurquent (d, c). — Grossissement de 300 diamètres.
produit de division de l'élément primitif.
Fig. 29. — Faisceau de fibres musculaires striées normales d'un enfant nouveau-né (biceps bra- L-bial) (Durante). Le diamètre de ces fibres est environ de 7 ;*. — Grossissement de 300 diamètres.
Nous n'avons pas à insister ici davantage sur ce fait, mais nous tenions à le signaler, car on peut le rapprocher d'autres altérations