RÉGRESSION CELLULAIRE. MÉTAMORPHOSES
Pilliet dans le sarcome des muscles et par Krôsing dans des cellules musculaires.
Erb, dans les dijstrophies, a décrit de minces libres atrophiées par division dichotomique, qui se terminaient par une pointe bifurquée, soit sur un vaisseau sanguin, avec lequel elles se confondaient, soit au niveau d'un espace capillaire ou lymphatique dont elles semblaient constituer la paroi. Erb se contente de signaler le fait et de le représenter sur une planche que nous reproduisons ci-dessous (voir lig. 32) sans en tirer de commentaires.
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FiG. '.i-2. — D'après W. Erb : Dystrophie musculaire progressive, in Deutsche Zeitschvift fin' NenenhcilUunde, «d I, 1891, pi. I, lig. 8.
Lcijoiidc de l'auteur : Section long:itudinal<' du muscle gastro-ciiémien (oliseivalidii ih; Schneller, cas intermédiaire à la pseudo-hjpertropliie et à la forme juvénile). Kilires musculaires de calibre très variable disposées parallèlement dans un tissu conjonctif com|>act et riclie en noyaux. A i;aucbe, division dichotomique d'une libre. Perpendiculairement à la directi<ui 1,'énérale des fibres, se montrent de nombreuses libres striées riclies en noyaux, do nature certainement musculaire qui, les unes se terminent en pointes (a); d'autres viennent se confondre avec un vaisseau (6) ; d'autres enfin s'oflilent dans le tissu conjonctif (c).
Sur la gauche do la figure on trouve représentée une fibre eu division longitudiuaie.
Knising a vu, dans les vaisseaux développés au sein des cicati'ices musculaires, l'endothélium remplacé par des cellules qui, par leur réfringence spéciale et leur striation parfois encore très évidente, avaient tous les caractères des cellules musculaires. 11 a rencontré le même fait dans des vaisseaux formes au milieu de tumeurs musculaires. Cet auteur croit que les cellules mu.^culaires peuvent se transformer en cellules vasculaires ou tout au moins remplir les fonctions de cellules endothéliales vasculaires.
Enfin Pilliet, dans le sarcome 'primitif des muscles (voir ce mot), a montré que les cellules musculaires tapissent parfois la faec interne du saicoleinme en lui formant un revêtement interne comparable à un endothelium^ tandio {{\iq, le reste de la libre se rétracte^ s'atrophie,
disparaît, laissant ainsi une cavité béante. Sur d'autres points on rencontre des capillaires occupant la place même d'anciennes fibres. Pour cet auteur, il est présumable que la fibre musculaire peut se transformer in situ en capillaires. « Cette transformation des fibres musculaires en vaisseaux, dit encore ailleurs Pilliet, n'a rien qui doive nous étonner; le parallèle qu'il faut établir entre les deux ordres d'éléments, nous montre, en effet, qu'ils possèdent l'un et l'autre une membrane amorplie et un endothélium, et qu'ils contiennent l'un et l'autre de l'hémoglobine qui se trouve circulant dans la cavité du capillaire, alors qu'elle est englobée et fixée dans le plasma des cellules de la fibre musculaire. »
Ces faits sont encore trop rares pour pouvoir être discutés, nous nous bornons donc à les signaler pour être complet.
Nous n'insisterons pas davantage sur ces régressions et ces transformations de la substance musculaire, qui constituent un chapitre encore à l'étude. Ces modifications de la fibre, mal connues dans leurs détails, demandent de nouvelles recherches, mais semblent aujourd'hui bien établies, au moins pour quelques-unes d'entre elles. Nous ne pouvions les passer sous silence, et avons dû même les décrire avec d'autant plus de soin qu'elles jettent un certain jour sur toute une série de phénomènes encore mal expliqués, particulièrement en ce qui concerne les atrophies.
En fait, ces métamorphoses n'ont rien de contraire à ce que nous enseigne la cytologie générale et ne heurtent qu'en apparence \a.loi de spécificité cellulaire qui doit toujours être interprétée en tenant compte des phénomènes de réaction et d'adaptation cellulaires. Il ne faut pas oublier, en effet, que les cellules sont des éléments vivants, capables, par conséquent, de se plier, dans une certaine mesure, aux conditions qui leur sont imposées. C'est le milieu qui crée la fonction; le milieu et la fonction déterminent la morphologie cellulaire . Forme et fonctions cellulaires évolueront donc dans de certaines limites sous l'influence de modifications (nutrition, innervation) apportées à ce milieu. Si la cellule est trop complètement différenciée pour se prêter à ces transformations devenues nécessaires, elle pourra échapper encore à la destruction en donnant naissance à de jeunes éléments (retour à l'état embryonnaire), plus aptes à se conformer à ces nouvelles conditions d'existence.
Les cellules musculaires, conjonctives, adipeuses, osseuses et même vasculaires, sont toutes également des éléments mésodermiques. Ces
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éléments qui sont tous de la même « famille a, ne diffèrent que par la nature de leur sécrétion : la cellule osseuse ou périostée sécrète de l'os; la cellule conjonctive, des fibres conjonctives; la cellule adipeuse, de la graisse; et la cellule musculaire, de la substance striée. Cette sécrétion spéciale est liée, non pas tant à l'élément lui-même qu'à ses conditions d'existence, de milieu. Ces conditions en variant modifient les sécrétions. Il est de notion courante que la cellule conjonctive peut se transformer en cellule adipeuse ; l'ostéoblaste et la cellule géante de la moelle osseuse dérivent vraisem.blablement tous deux de la cellule cartilagineuse ; les cellules du périoste peuvent prendre l'aspect conjonctif et donner naissance à du tissu fibreux; enfin la cellule conjonctive peut exceptionnellement former de l'os vrai. Il n'y a donc rien d'impossible à ce que la cellule musculaire, par suite de modifications survenant dans son atmosphère ambiante, sans cesser de rester elle-même, modifie parallèlement ses sécrétions et se mette à remplir des fonctions nouvelles qui lui sont imposées par sa nouvelle position, à sécréter une substance d'aspect conjonctif, de la graisse ou du tissu osseux, à prendre, en un mot, des caractères la rapprochant, au moins en apparence, d'un des autres éléments de la famille conjonctive placés dans des conditions semblables.
La fibre musculaire, par le fait de sa haute différenciation, se prête moins facilementque d'autres éléments à de pareilles transformations, qui ne pourront se réaliser qu'après un retour préalable à un état plus indifférent. C'est précisément ce retour partiel ou total à un état indiffèrent que nous avons étudié dans ce chapitre sous le terme de régression plasmodiale et cellulaire.
Cette évolution déviée du sarcoplasma est, du reste, sous ses diverses formes, un phénomène d'une fréquence extrême dans la pathologie du muscle.
Les cellules musculaires ainsi individualisées, en dehors de toute dégénérescence, parce processus de la régression cellulaire, subissent, on peut dire constamment, quelqu'une des métamorphoses précédentes. Nous aurons l'occasion d'y revenir souvent dans les pages qui suivent, mais nous en trouverons l'application la plus parfaite en étudiant le mécanisme qui préside à V atrophie musculaire.
Il est, semble-t-il, beaucoup plus exceptionnel de voir ces métamorphoses affecter les cellules musculaires nées, par néoformation, aux dépens de débris sarcoplasmiques, à la suite de dégénérescences. Les cellules de régénération paraissent se prêter moins aisément à ces transformations que les cellules de régression. Cependant, même
dans ce cas, les métamorphoses ne sont pas impossibles. — A la suite de foyers de myosite, de traumatismes, de corps étrangers, on a vu se développer dans les muscles des nodules adipeux, des fibromes, des esquilles osseuses que, par analogie, il n'est pas irrationnel de rapporter à un processus identique à celui observé en suite de la régression cellulaire (voir Lipomatose interstitielle; Lipome; Ostéome).
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