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GÉNÉRALES

Si les abcès, les gommes, les tubercules, etc., etc., sont relativement peu fréquents dans les muscles, ceux-ci, par contre, présentent presque constamment, au cours de la plupart des maladies générales

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27^ ANATOMIE l'ATHOLtMlloUE UU MUSCLE *

relevant d'une infection aiguë ou déterminant une cachexie progressive, des altérations diffuses plus ou moins généralisées, mais très inégalement réparties. Ce sont des lésions propres au tissu musculaire, altérations que l'on pourrait qualifier de parenchymateuses par opposition aux lésions interstitielles de la niyosite, que nous étudierons plus loin.

Ces altérations relèvent, soit de l'action directe des toxines {Xo'umQ^ microbiennes ou toxines dues à la sécrétion anormale des cellules malades de l'organisme) venant agir in situ sur les libres musculaires qu'elles empoisonnent, soit de la nutrition insuffisante ou pervertie qui accompagne et caractérise les cachexies.

Elles se manifestent sous la forme de dégénérescences ou d'atrophie de la libre musculaire, mais sans participation, ou presque sans participation du tissu conjonctif, qui ne joue ici qu'un rôle purement passif. Le tissu conjonctif peut, il est vrai, prendre part à l'œdème cachectique qui envahit progressivement tous les tissus, ou montrer, dans certaines formes lentes, une infiltration graisseuse plus ou moins marquée. Mais il ne présente jamais, à moins de complications, de phénomène de réaction inflammatoire, ce qui distingue éminemment cet ordre de lésions des myosites. On ne saurait donc, nous semble-t-il. les ranger plus longtemps dans le cadre des myosites dont elles diffèrent autant que la dégénérescence simple, la transformation chimique du protoplasma sous l'influence d'un poison cellulaire, dilîère des phénomènes réactionnels complexes et encore mal délinis qui caractérisent l'inflammation.

D'une façon générale l'action des toxines entraîne surtout les dégénérescences de la substance striée, tandis que les phénomènes de dénutrition se manifestent plutôt pair Vœdème, la vacuolisation, Vatrophie des fibres. Mais ceci n'a rien d'absolu. Si dans les infections aiguës, les dégénérescences cireuse et graisseuse peuvent se rencontrer presque seules, on les retrouve également à côté des autres altérations dans les cachexies où elles apportent un témoignage de l'état d'intoxication microbienne ou d'auto-intoxication de tout l'organisme.

Ces réserves faites, on peut dire que le muscle d'un cachectique et celui d'un malade atteint d'une infection générale aiguë, diffèrent assez pour demander chacun une description spéciale.

Nous traiterons donc, dans un premier paragraphe, de l'état des muscles au cours des maladies infectieuses aiguës, et ensuite des muscles chez les cachectiques. Nous réserverons une place spéciale à l'étude du scorbut, les muscles semblant présenter dans cette afl'ec-

ALTÉliATIONS DES MLSCLLS DANS LES MALADIES INFECTIEUSES AIGUËS 'ilo

lion un curieux mélange de lésions infectieuses et de lésions cachectiques qui leur donne un caractère tout particulier.

Nous aurons à nous occuper dans un autre chapitre, des myosites proprement dites relevant de la présence même de l'agent microbien, lésions interstitielles, dont le point de départ est dans les vaisseaux et le tissu conjonctif.

A. — Altérations des muscles dans les maladies infectieuses aiguës.

Les altérations qui peuvent survenir dans les muscles au cours de maladies infectieuses aiguës sont de deux ordres très différents :

Tantôt il s'agit de localisations microbiennes avec îlots infectieux, de réactions inflammatoires interstitielles limitées d'abord au tissu conjonctif et pouvant aller jusqu'à suppuration. Ce sont alors des foyers de nnjosite pro[»rement dits dont nous nous occuperons plus loin.

Tantôt, au contraire, et c'est le cas le plus fréquent, le tissu conjonctif ne présente aucune réaction sensible et la lésion musculaire ne porte uniquement que sur la fibre striée qui s'altère, dégénère et disparaît partiellement ou en totalité.

Ces altérations parenchymaieusps, souvent généralisées à la plupart des nniscles de l'économie, à la fois diffuses et inégalement distribuées, ne relèvent pas de localisations microbiennes, mais sont dues à l'action directe des substances toxiques en circulation dans le sang, que celles-ci soient sécrétées par les agents microbiens ou élaborées par l'organisme en suite des combustions irrégulières qui s'y produisent.

On trouve ici réalisée d'une curieuse façon la dissociation du muscle en deux portions absolument distinctes dont l'une, la trame conjonctive, résiste, tandis (jue l'autre, la fibre contractile, plus hautement dilTérenciée, plus fragile par conséquent, succombe et dégénère seule.

Il ne s'agit pas de phénomènes irritatifs, mais d'une nécrose toxique, limitée à cette substance striée qui, seule atteinte dans sa vitalité, entre ici en dégénérescence sans aucune réaction des tissus voisins.

En suite de cette dégénérescence, le sarcoplasma prolifère, donne naissance à des cellules musculaires; réaction banale que nous savons être, non pas un phénomène inflammatoire, mais au contraire un processus de réparation, de régénération, observé constamment dans le

muscle chaque fois que la lésion n'a pas irrémédiablement détruit la libre dans tous ses éléments constitutifs.

C'est de cet ensemble de lésions dégénératives des muscles dans les maladies infectieuses aiguës dont nous allons nous occuper ici, renvoyant au chapitre Myosite l'étude des localisations musculaires des

agents infectieux.

Ces altérations, essentiellement diffuses et plus ou moins généralisées, se rencontrent dans presque tous les muscles striés, mais paraissent généralement plus marquées, plus intenses, dans les muscles volumineux de la ceinture pelvienne et de la région scapulo-humérale. Leur siège de prédilection serait surtout le grand droit antérieur de l'abdomen et les muscles de la cuisse. Toutefois, on peut les retrouver ailleurs et jusque dans les petits muscles comme ceux du larynx et même dans le cœur.

Un dernier caractère commun à ces altérations est leur inégale répartition. Parfois les fibres malades sont en petit nombre, mais, même dans les muscles les plus fortement touchés, tous les faisceaux ne sont pas atteints, et dans un faisceau toutes les fibres ne sont pas malades. Des faisceaux entiers peuvent demeurer indemnes à côté d'autres profondément altérés et présentant des éléments à tous les degrés de la dégénérescence ou de l'atrophie; ailleurs, au contraire, les fibres saines et les fibres malades sont intimement mêlées les unes aux autres ou inégalement disséminées par petits groupes sans que rien permette d'expliquer cette inégalité devant une même cause générale, si ce n'est une résistance individuelle variable avec chaque élément. L'aspect de ces lésions varie suivant l'époque à laquelle on les examine.

An début, les muscles altérés sont un peu tuméfiés et durs, plus

FlG.62. — Muscle dans la fièvre typhoïde. Dégénérescence vitreuse. Coupe longitudinale (Lolulle).

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