‹ Manuel d'histologie pathologiqueChapitre 72 sur 205 · TRICHINE (KYSTE · texte numérisé non relu

TRICHINE (KYSTE

ment substitué, dont il continue la direction, et dont il représente, en quelque sorte, un élargissement local. Ses deux extrémités, mousses et arrondies, nommées tubercules polaires (voir fig. 84 et 85), sont séparées de sa portion moyenne renflée par un étranglement incomplet qui l'a fait comparer grossièrement à un citron.

Ses dimensions sont très variables, mais oscillent, en général, entre 0"'",30 et 0'"'°,80 de long sur 0""",20 à 0""°,40 de large, au niveau de sa portion la plus renflée. Ses tubercules polaires ont un diamètre égal ou un peu supérieur à celui d'une fibre musculaire normale. Lorsque la coupe est bien parallèle au grand axe du kyste, on peut souvent s'assurer que ces tubercules polaires sont en rapport intime arec rextrémité d'une fibre striée. A ce niveau, celle-ci tantôt s'interrompt brusquement, plus souvent perd sa striation et semble se confondre progressivement avec la paroi nfiéme du kyste (voy. fig. 84, m p' et m' p"), parfois, enfin, se divise et paraît envelopper le kyste de ses bifurcations.

Chaque kyste ne contient, habituellement, qu'une seule trichine, d'une longueur de 0,8 à 1 millimètre, enroulée sur trois ou quatre tours de spire et présentant pendant longtemps encore, dans le muscle chaud, des mouvements lents de déplacement. Quelques kystes, plus volumineux, contiennent deux ou trois (Owen, Farre) et même six ou sept (Chatin) parasites. Ils sont alors très allongés, alîectent parfois un aspect moniliforme et dessinent une série de cavités successives renfermant chacune une trichine et séparées par des étranglements incomplets.

Paroi du kyste. — La paroi du kyste est complexe. Elle peut être divisée en trois couches superposées, dont l'interne, granulée, dérive de débris de sarcoplasma ; la moyenne, stratifiée, probablement du sarcolemme épaissi; et l'externe, inconstante, du tissu conjonctif voisin condensé par irritation chronique. Ces trois couches ne sont pas toujours nettement isolables et se confondent, parfois, sur leurs bords, sans présenter des limites bien précises; mais leur origine différente rend leur distinction nécessaire et leurs caractères sont, en général, assez tranchés pour qu'on puisse donner de chacune d'elles une description spéciale.

La couche interne est granuleuse et ne représente qu'une condensation, un épaississement pariétal du contenu du kyste au milieu duquel se meut la trichine. Ce contenu est formé de débris granuleux musculaires (sarcoplasma dégénéré et fibrilles désagrégées), d'excreta du parasite, enfin de noyaux et de cellules, dont les unes ont une

origine musculaire et les autres, peut-être, une origine leucocytaire (voir g et g', fig. 84 et 85). Ces éléments finissent par s'infiltrer de granulations pigmentaires et subissent la dégénérescence graisseuse; les noyaux disparaissent les derniers et sont encore longtemps visibles, surtout aux deux extrémités de la cavité. Au bout d'un certain temps, ce contenu, complètement dégénéré, ne consiste plus qu'en un liquide albumineux, dans lequel nagent des cristaux sléariques et des corpuscules elliptiques que l'on considère comme le produit de fragmentation des noyaux.

Dans les trichines fixées au niveau de tendons, il nous a semblé que le kyste était moins marqué, que la couche granuleuse faisait généralement défaut et qu'il n'y avait pas de noyaux à l'intérieur de la cavité. Ces différences s'expliqueraient par le développement du parasite en un point où le sarcoplasma absent n'a pas pu proUférer, puis dégénérer et donner naissance aux noyaux et à la couche granuleuse, et parleraient en faveur de la nature purement sarcoplasmatique de cette couche interne.

La couche moyenne est constituée par une substance stratifiée, formée de lamelles amorphes superposées. Parfois, on y distingue une légère striation rayonnée, que certains auteurs ont voulu rapporter à la présence de fins canalicules, de pores, permettant les échanges avec l'extérieur. Mais il ne s'agit que d'une infiltration de 1res fines granulations disposées de façon à donner l'illusion de la striation. La portion la plus externe de cette couche présente parfois un aspect granuleux plus accentué, qui l'a fait considérer par quelques auteurs comme une couche spéciale, mais cette distinction, qui est loin d'être constante, ne paraît pas avoir été, jusqu'ici, suffisamment justifiée.

La nature de la couche moyenne a été diversement interprétée. Pour les uns, avec Leuckart, il s'agit d'une substance particulière sécrétée par le parasite, véritable cocon chitineux. Pour les autres, elle représente un moyen de défense de l'organisme et serait constituée, pour Owen, Blanchard, par un épaississement du tissu conjonctif voisin; pour Luchka, Bischoff, Valentin, Langerhans, dont l'opinion tend aujourd'hui à prévaloir, par un épaississement considérable du sarcolenime modifié.

Dans les coupes de langue de rat que nous avons pratiquées, nous avons pu fréquemment constater que cette couche moyenne se continuait directement au-dessus et au-dessous, non pas avec le sarcolemme, mais avec la substance musculaire même de la fibre qui contient le kyste. Il semble que le parasite siège dans une vacuole et se soit

Page 1