XTX. - TUMEURS DES MUSCLES ET ATROPHIE PAR COMPRESSION
Les tumeurs musculaires sont les unes primitives, se développant aux dépens d'un des différents tissus qui entrent dans la composition des muscles; les autres, secondaires, en suite de métastases éloignées ou par propagation directe des néoplasmes voisins aux muscles adjacents.
Dans toute tumeur musculaire, il y a lieu de considérer séparément d'une part le néoplasme lui-même ; d'autre part, la manière dont se comportent les fibres striées au niveau de la zone d'envahissement et dans son voisinage.
La zone de délimitation séparant les points envahis des faisceaux intacts, varie essentiellement d'aspect et d'épaisseur, selon la nature même du néoplasme.
Lorsque la tumeur, se développant au sein du tissu interstitiel, est limitée par une couche bien nette lui formant une enveloppe, une coque fibreuse, elle n'agit, en quelque sorte, que mécaniquement, en refoulant les fibres striées qui l'entourent. Il en résulte une simple atrophie par compression des fibres et des faisceaux voisins, dont on peut suivre tous les stades successifs à mesure que l'on se rapproche de la surface de la tumeur.
Mais, lorsque le néoplasme, non enkysté, s'infiltre progressivement entre les fibres musculaires en les dissociant individuellement, les limites sont plus diffuses. Il existe une véritable zo?ie d'envahissement au niveau de laquelle les altérations varient suivant la rapidité de la marche extensive de la tumeur, suivant la part que prennent les éléments striés à son extension et les signes de réaction plus ou moins intense qu'ils manifestent, suivant enfin la nature des cellules néoplasiques et l'aptitude qu'elles présentent à s'insinuer le long des travées conjonctives ou à s'attaquer à la fibre elle-même pour la détruire et se propager le long des gaines vides du sarcolemme. Au delà de cette zone d'envahissement, nous retrouvons des faisceaux altérés mécaniquement par le seul fait de la compression. Ici encore, l'atrophie par compression existe, mais moins marquée, moins intense
ATriOl'HIE l'Ai; COMPRESSION 413
([lie dans le cas précédent et généralement accompagnée de signes de dégénérescence plus nombreux et plus accusés.
Les altérations des fibres striées dans la zone d'envahissement, variant dans chaque cas particulier, seront étudiées successivement à propos des divers néoplasmes.
h' atrophie paf co)iipressioit, \)dv contre, existe toujours au voisinage des tumeurs et se manifeste par des altérations toujours assez identiques pour que l'on puisse en donner une description générale qui nous évitera des répétitions continuelles.