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I. — Atrophie par compression

Discrète et limitée à quehiues libres striées, ou très marquée et transformant une partie notable des faisceaux musculaires en des lames aplaties, pâles et décolorées, Vatrophie par compression est constante au pourtour des néoplasmes primitifs des muscles, mais on la retrouve également au voisinage des tumeurs juxta-musculaires, des cals, des exostoses, des abcès enkystés, des kystes parasitaires et, d'une façon générale, dans tous les cas oii le nmscle est soulevé, refoulé, comprimé par une production pathologique quelconque.

L'altération essentielle de l'atrophie par compression est caractérisée par une atrophie simple, que viennent compliquer suivant la nature de l'agent compresseur, des lésions dégénératives plus ou moins importantes.

Lorsque l'on examine sur des coupes, à un faible grossissement, un muscle dans le voisinage d'une tumeur enkystée, les faisceaux les plus rapprochés, aplatis, déformés, paraissent réduits à de rares fibres étroites, atrophiées, fusiformes ou moniliformes, tassées les unes contre les autres sous forme de petits faisceaux distincts, ou isolées, irrégulièrement disséminées dans un tissu conjonctif adulte. Celui-ci est scléreux s'il y a eu, à un moment donné, des lésions inflammatoires, ou infiltré de quelques cellules rondes si les phénomènes inflammatoires ne sont pas complètement éteints. Dans ce tissu interstitiel existent parfois des vésicules adipeuses, mais toujours peu nombreuses et disposées en séries entrecoupées, parallèles à la direction des faisceaux musculaires. On y rencontre également des noyaux et des cellules polygonales ou fusiformes, isolées, d'origine

musculaire, dont quelques-unes présentent encore des traces de striation.

A mesure que l'on s'éloigne de la surface du néoplasme, les fibres contractiles augmentent de nombre et de volume. Aux éléments atrophiés se mêlent des éléments de diamètre normal, d'autres dégénérés, parfois même quelques rares fibres hypertrophiées.

Plus loin, enfin, les faisceaux musculaires paraissent normaux quant au volume des fibres qui les constituent. Quelques-unes de celles-ci, cependant, ont parfois une taille légèrement exagérée, un contour moins net et présentent une augmentation légère de leurs noyaux, modifications qui semblent représenter le premier stade de l'atrophie par compression.

On peut donc, pour la facilité de la description, considérer dans le muscle comprimé, trois couches coucentriques,ré^ondaintk des degrés plus ou moins avancés de l'atrophie. Cette distinction est toutefois purement artificielle, ces trois degrés se trouvant souvent réunis sur une faible épaisseur et le passage de l'un à l'autre se faisant toujours insensiblement, à moins que quelque lamelle conjonctive, séparant deux faisceaux, n'établisse une délimitation accidentelle. Dans ce cas seulement, l'écart entre le degré des lésions d'un côté et de l'autre de cette barrière est parfois très accusé.

1" Dans les faisceaux les plus éloignés du néoplasme et encore à peine altérés, nous avons décrit une lésion dont la nature n'est définissable qu'à un fort grossissement et qui n'intéresse pas toutes les fibres, mais qui paraît être une des premières manifestations du processus entraînant plus loin l'atrophie des fibres striées.

Sur les coupes longitudinales, certains éléments sont moins nettement striés ou présentent une exagération de la striation longitudinale; leurs fibrilles paraissant plus indépendantes les unes des autres. A la surface de quelques-uns même, on voit un pinceau de fibrilles se séparer de la fibre principale, s'isoler dans le tissu conjonctif voisin et s'y perdre bientôt. D'autres, mal séparés les uns des autres, semblent parfois confluer en une nappe striée dans laquelle il est difficile ou même impossible de distinguer les limites d'une fibre de celles de la fibre voisine avec laquelle elle se confond intimement sur les bords. Ce fusionnement n'est jamais que local, s'opère sur une petite longueur, cesse bientôt pour se reproduire plus loin. Mais il en résulte un aspect très spécial, rappelant la coupe du myocarde, et donnant l'impression d'un large réseau musculaire, dont les éléments anastomosés consti-

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