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DEFORMATIONS DES GLOBULES ROUGES

provenir de la segmentation des globules piriformes (scliistocytes d'Ehrlich). Cette segmentation a été considérée comme un phénomène compensateur, répartissant l'hémoglobine dans un plus grand nombre de corpuscules et augmentant, par suite, la surface respiratoire (Ehrlich). Mais, bien que cette segmentation soit l'interprétation qui réponde le mieux aux faits observés, elle n'explique pas encore pourquoi ces petits globules rouges, s'ils sont des fragments, conservent la forme de disques biconcaves et ne prennent pas la forme sphérique (1).

Dans les préparations de sang frais, on peut trouver des globules rouges petits, sphériques, réfringents ; il s'agit là de globules rouges gonflés par le plasma. Dans le sang de certaines anémies, on les rencontre plus nombreux que dans le sang normal; on ne sait pas encore si, dans ce cas, cette altération est déjà produite en partie au sein des vaisseaux. Quant à la forme de sphères hérissées de piquants que prennent les globules rouges dans les préparations de sang frais abandonnées à elles-mêmes, c'est là une altération qui se fait hors des vaisseaux et qui est sans valeur par conséquent.

A côté de ces altérations artificielles, il faut aussi placer celles qui sont dues à l'action de la chaleur (Max Schultze, Ranvier). Vers 56 ou 57 degrés, les globules rouges perdent la forme discoïdale et deviennent sphériques ; les piles qu'ils formaient se désagrègent, et ils se trouvent disposés les uns à côté des autres, comme de petites billes (Ranvier). Certains d'entre eux perdent leur hémoglobine et deviennent pâles ou absolument incolores; d'autres prennent la forme de calottes et d'haltères; enfin, il en est qui donnent naissance à de petites boules réunies entre elles par des filaments constitués par une substance semblable à celle des globules.

En même temps qu'ils subissent ces déformations, les globules rouges changent de consistance et deviennent plus malléables (2).

(1) Ces altérations du stroiiia des globules rouges, qui les renflent plus malléables, moins élastiques, plus fragiles, ont été attribuées à des causes différentes : les globules formés par les organes hématopoiétiques seraient plus altérables, ou bien le plasma aurait, dans les anémies, des propriétés altérantes, destructrices vis-à-vis des hématies. Cette dernière hypothèse a reçu un commencement de vérification dans les expériences de Maragliano sur l'action globulicide du sérum sanguin dans les anémies.

('2) Si, pour obtenir une préparation de sang desséché on chauffe légèrement la lame qui va recueillir la goutte de sang à une température douce, ne dépassant pas 40 degrés, cette opération préliminaire active la dessiccation et est d'un bon effet; mais si on chaufl'e trop la lame, on trouve dans la préparation un très grand nombre de globules dont la forme est complètement modifiée et qui sont étirés, allongés dans le sens où a été fait l'étalement de la goutte de sang. C'est là seulement une altération artificielle due à la chaleur.

Dans la cirrhose hypertrophique de Hanot, Hayem a signalé une modification spéciale dans la consistance des globules rouges, qui ont, en effet, nous l'avons constaté, dans cette maladie, la propriété de s'agglomérer en amas dans les sérums artificiels, comme si leurs surfaces avaient des propriétés adhésives toutes particulières (1). Ce phénomène est distinct du simple accolement des globules rouges en piles, qu'on voit dans les préparations de sang frais, accolement qui se fait déjà dans le sang des vaisseaux pendant la vie (Weber et Suchard) (2), et qui est dû simplement à l'attraction que subissent tous les corps plats mobiles dans un liquide.

Modifications dans la résistance et raltérabilité des globules

rouges.

La résistance des globules rouges est une notion complexe qui embrasse des facteurs nombreux et différents. 11 faut distinguer, en effet, l'aptitude (la résistance) des globules rouges à conserver leur consistance, leur diamètre, leur forme (gonfle'ment ou ratatinement), leur teneur en hémoglobine (diffusion de ^ l'hémoglobine dans le plasma et les milieux artificiels, hématolyse), enfin leur aptitude à lutter contre leur destruction, contre l'efiritement de leur stroma. Ce sont là des aptitudes, des quaUtés physiques différentes, et les méthodes ont varié suivant qu'on a voulu évaluer l'une ou l'autre.

On a employé l'action de bien des agents physiques (électricité, chaleur, congélation, pression, etc.). Mais on a donné depuis longtemps la préférence à ceux qui jouent un rôle dans la vie normale de l'organisme et en particulier aux solutions salines diluées (J. Duncan, Malassez).

La résistance des globules rouges aux déformations (altérabilité de la forme, gonflement, ratatinement) a été appréciée par l'action des milieux artificiels, des solutions de chlorure de sodium (ou d'autres sels) à des titres difl'érents. Malassez a montré que dans les solutions de chlorure de sodium à 7,5 pour 1000, les globules rouges diminuent

(1) Ce phénomène est à rap])roclier de l'agglutination des hématies dont nous parlerons plus loin à propos du sérum. Mais il est cependant différent, car il se produit sans l'intervention d'un autre sérum sanguin, et simplement lors(|u'on dilue le sang avec un sérum artificiel.

(2) On a considéré comme l'indice d'une altération sérieuse du sang le fait de ne pas obtenir cet accolement en piles; mais il convient de faire remarquer que pour que ce phénomène se produise dans la goutte de sang fraîche, il faut une épaisseur de liquide suffisante.

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