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SÉDIMENTATION

On a cru pendant longtemps que le volume de ce sédiment pouvait donner des renseignements sur le nombre des globules, et même remplacer les numérations. On sait aujourd'hui qu'il n'en est rien, parce que, justement, le volume de chaque globule rouge est variable. La sédimentation exprime seulement le volume proportionnel des globules et du plasma et, jointe à d'autres notions que nous pouvons acquérir sur le sang, nombre des globules rouges, quantité d'hémoglobine, densité du sang, elle nous renseigne sur l'état de gonflement ou de ralatinement des globules et sur le mode de participation du plasma aux changements de la densité totale. Elle nous permet ainsi de diagnostiquer V hydre mie, caractérisée par une diminution de l'hémoglobine et par l'augmentation du plasma (néphrite chronique et surtout urémie, Biernacki, Miiller, Marcano) (1).

Modifications dans la consistance, rélasticité et la forme des globules rouges.

La consistance plastique des globules rouges s'apprécie bien lorsqu'on observe la circulation du sang dans les capillaires. Mais, chez l'homme, cette observation n'est guère possible. On peut se servir du procédé suivant (Malassez) : si l'on applique une lamelle sur une moitié seulement de la goutte de sang fraîchement reçue sur une

(1) La S('(liiiieiitati(iri a été souvent obtenue rapiilemeut par la ceiitrifu^atiou (inétliodo de sédiiiiciitatiou mécanique); d'autres nKïttiodes ont employé la sédimentation obtenue lentement mais spontanément, dans tine éprouvctte (sédimentation spontanée). Parmi ces dernières, la seule qui soit applicable en clinique, par suite de la minime quantité de sang qu'elle exige, est celle de Marcano.

L'appareil de Marcano (liémostéréomètrc) se compose : 1° d'une pipette graduée, avec laquelle on aspire une goutte de sang de 25 millimètres cubes, et où on la mélange avec 75 millimètres cubes d'un liquide anticoagulant et li.xateur (solution de sulfate de soude pesant 10:20, à laquelle on ajoute '.i c. c. pour 100 de lormol du commerce et l pour 100 de cblorure de sodium;; 2° d'un vase sédimentateur gradué en 100 millimètres cubes, dans lequel on verse le mélange. Le liquide abandonné au repos dépose les globules lentement, et, au bout de dix-buit heures, un sédiment définitif s'est formé, dont il est facile de connaître le \olume en lisant la graduation des parois du vase. ' Pour connaître le volume en pour cent, il suffit de multiplier le cliitfre obtenu par 4, puisqu'on a pris seulement 25 millimètres cubes de sang.

La méthode de la sédimentation est passible de quelques objections (Malassez). Le volume du sédiment varie suivant le gondement artificiel jdus ou moins considérable que les globules subissent dans les liquides sédimetitateurs employés; dans le volume du sédiment se trouve aussi compris le volume du plasma iiilerglobulaire. qui varie naturellement avec le degré du gonllement des globules, de sorte que le volume trouvé par cette méthode est toujours supérieur au volume réel. Le liquide sédimentateur employé par Marcano (formol), étant fi.xateur, est par suite préférable aux autres liquides sédiinentateurs non fixateurs.

lame de verre, et si on l'observe au microscope, on voit le sang s'infiltrer dans l'espace capillaire interposé entre la lame et la lamelle, et les globules rouges venir buter et se déformer momentanément contre les bulles d'air, comme ils le font contre la paroi des capillaires dans l'observation de la circulation. Or, les globules du sang normal sont élastiques, et reprennent leur forme première dès que la pression qu'ils subissaient vient à cesser. Au contraire, les globules rouges des saturnins sont plus rigides, et sont peu ou pas modifiés par les pressions qu'ils subissent (Malassez). Le phénomène inverse se voit dans

Fin. 93. — Sang de l'homme. Chlorose. Dessiccation, acide chromique. Éosine-hénialôïao. Déformation des globules rouges. — Grossissement de 800 diamètres.

certaines anémies, et en particulier dans les anémies essentielles ou l'anémie pernicieuse ; les globules subissent, par les pressions, des déformations plus faciles et surtout plus durables; leur consistance et leur élasticité sont diminuées. Ce fait explique l'existence, sur les préparations du sang de ces malades, de modifications dans la forme d'un certain nombre de globules rouges, qui apparaissent allongés et piriformes (poïkilocytose de Quincke). Il est possible qu'une partie de ces altérations se fassent déjà à l'intérieur des vaisseaux, mais il est probable que beaucoup de celles qu'on voit sur les préparations définitives ont eu lieu en dehors du vaisseau, entre le moment qui a séparé la sortie du sang et sa fixation. Il n'est pas prouvé que ces globules déformés soient, comme on l'a dit, déjeunes éléments.

Chaque fois qu'existe dans le sang cette altération des globules rouges, on voit à côté les uns des autres des globules de taille très variable. Il existe même des globules extrêmement petits qui semblent

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