IRRÉGULARITÉS PROVENANT DE LA DI¬ RECTION VICIEUSE DES DENTS
Ces irrégularités sont connues dans le langage chirurgical, sous le nom d ’obliquité des dents :
Il y a plusieurs sortes d’obliquités :
1° Antérieure ;
(1) Dictionnaire de Médecine , tome 4*
2° Postérieure ;
3° Latérale}
k° Par rotation.
On a remarqué que les dents de lait ne présentent presque jamais ces directions vicieuses, et que, parmi les dents permanentes, les antérieures y sont plus sujettes que les postérieures. Je crois que la principale cause de cette obliquité est le non-rapport convenable entre les dents et l’espace qu’elles doivent occuper. Quelques auteurs signalent aussi d’autres causes, telles que :
La chute trop tardive de quelques dents de lait;
La présence d’une dent surnuméraire, qui reprend l’espace réservé à la dent qui pousse;
Les maladies du bord alvéolaire qui sont très souvent organiques.
Les incisives et Ses canines fournissent le plus grand nombre de cas d’obliquité. Ce vice de conformation dentaire peut être combattu de la manière qui suit.
Aussitôt qu’on remarque devant ou derrière les dents canines inférieures ou supérieures, un engorgement qui annonce la présence de la
dent permanente qui doit remplacer la dent de lait, on arrache celte dernière lors même qu’elle ne vacille pas, et ainsi des autres, au fur et à mesure que le besoin se fait sentir. Néanmoins, il ne faut pas trop se hâter d’extraire les dents temporaires, dans certains cas, pareequ’on courrait risque de donner trop d’espace aux permanentes qui prendraient un trop grand développementiet empiéteraient sur la place que doivent occuper les dents qui n’ont pas encore poussé. Le dentiste doit agir avec beaucoup de prudence et prendre si bien ses mesures, que les dents permanentes n’aient pas plus d’espace qu’il ne leur en faut. J’ai connu de vieux praticiens qui ne craignaient pas de sacrifier une petite incisive ou une moyenne pour donner à leurs voisines un assez grand espace pour se placer convenablement : mais je crois qu’il vaut infiniment mieux faire d’abord le sacrifice des deux premières petités molaires ou de l’une d’elles seulement, selon que le besoin est plus ou moins urgent, et passer ensuite autour de la canine un cordonnet de soie écrue qu’on attachera à la première grosse molaire : ce dernier moyen, qu’on a regardé longtemps comme le plus sûr, a été
très avantageusement remplacé par le régulateur que j’ai inventé et perfectionné depuis quelque temps. J’invite toutes les personnes qui s’occupent de science et de'pathologie dentaires, à en faire l’essai, et je suis persuadé qu’elles abandonneront bientôt l’ancien système. D’ailleurs, qui ne sait pas que les ligatures, même le plus perfectionnées, glissent au-dessous des gencives qu’elles engorgent, déchaussent et les rendent vacillantes.
Le dessin et la description détaillée du régulateur se trouvent dans mon ouvrage, VEncyclopédie du dentiste.