DE LA PROÉMINENCE
Dans les castle proéminence, dit M. Marjolin^ un desauteurs du Dictionnaire de Médecine , les arcades dentaires sont très obliques, saillantes en avant, et paraissent très longues. Les grandes incisives sont alors tellement poussées en avant, et si fortement pressées les unes contre les autres, que la bouche de la personne ressemble complètement à la mâchoire d’un animal. La proéminence se rencontre le plus souvent chez les sujets dont les mâchoires n’ont pas la dimension convenable pour donner place à toutes les dents : celte disposition vicieuse est héréditaire chez quelques individus, chez quelques nations, et devient même pour les voyageurs un type caractéristique auquel on les reconnaît. Le plus sûr moyen d’arrêter les progrès de cette déviation, est, sans contredit, mon obturateur qui tient lieu de cordonnet, de fils d’or, de plaques, de crochets, qui blessaient les gencives et causaient des douleurs insupportables.
DI LA RÉTROÏTION.
ta rétroïtion, dit l’auteur que je viens de citer, est une déviation des dents en sens contraire de la proéminence. Les dents antérieures sont obliques en arrière 5 il en résulte de la difformité, de la gêne dans la prononciation, l’usure prématurée de la partie antérieure des dents, et quelquefois même l’ulcération des gencives inférieures, fatiguées par le contact des dents supérieures. Ici, comme dans les cas de proéminence, mon obturateur est d’un secours puissant, infaillible.
DE L’iNVERSION.
f Lorsque les mâchoires étant rapprochées, les dents supérieures se placent derrière les inférieures , et que leurs tubercules ne peuvent s’engrainer régulièrement, il y a inversion des arcades dentaires ; on donne à cette irrégularité le nom de menton de vieillard , menton de galoche. Dans ce cas, les dents supérieures s’usent par leur partie antérieure, tandis que dans leur état naturel le contraire a lieu. Cette obliquité peut être détruite facilement, surtout chez les
enfants encore très jeunes. En 1808, M. Catalan inventa pour cette opération un instrument qui consistait en une plaque de métal fixée aux six dents inférieures qu’il dépassait de quelques lignes, et qui était incliné de manière à faire porter à faux celles qui lui correspondaient supérieurement. Ce procédé a été longtemps employé, et a réussi, grâce à l’habileté de quelques dentistes. Mais mon obturateur est, sans contredit, beaucoup plus avantageux que tous les anciens systèmes, puisqu’il ne présente pas le moindre danger, et remédie, avec un égal succès, à tous les genres d’obliquités, de déviations dentaires.
J’aurais encore à parler des maladies qui affectent l’organe dentaire, attaquant, les unes , les parties dures, les autres, les parties molles. Mais en réunissant les matériaux de ce Manuel d’hygiène , je n’ai eu nullement l’idée ni le projet de faire un traité de pathologie ; je renvoie les personnes qui désirent connaître cette partie de la science dentaire, à mon Encyclopédie du Dentiste, où elles trouveront les doctrines des plus célèbres praticiens et mes opinions personnelles.