DES VÊTEMENTS
On désigne sous la dénomination de vêtements tout ce qui sert à couvrir notre corps, et qui a pour effet de le préserver du chaud , du froid, de l’humidité. Voulant rester dans ma spécialité, je vais m’occuper principalement des pièces d’habillement propres à la tête, parce que celte partie du corps est le siège des organes dentaires.
Dans l’intérieur des maisons, l’homme peut, sans danger, rester nu-tête; mais lorsqu’il sort, il doit se mettre à couvert des intempéries du froid, des ardeurs du soleil. Quelques personnes ont prétendu que la nature avait pourvu à tous nos besoins de ce côté, en nous donnant pour coiffure une forêt de cheveux. Je ne suis pas de cet avis, et je vois que les hommes civilisés, même ceux qui vivent à l’état sauvage, ont eu
recours aux coiffures artificielles. L’hygiène appropriée à celle partie de l’habillement et par conséquent aux organes dentaires, est une étude curieuse et importante; établissons de prime-abord des principes généraux.
Le poids, la trop grande largeur, l’étroitesse, la forme, la nature du tissu de la coiffure, sont souvent très nuisibles et entraînent de graves accidents.
Un chapeau trop étroit, lourd, d’un tissu peu élastique, gène douloureusement le crâne, empêche les mouvements de la mastication, engendre de violentes douleurs de tête, des odontalgies très persévérantes. Les bonnets de loutre, les turbans, très mauvais conducteurs de calorique, accumulent autour de la boîte crânière une trop grande chaleur, qui détermine parfois des congestions cérébrales, et par suite des odontalgies.
Que faut-il donc pour que la coiffure de l’homme soit enharmonie parfaite avec les lois de l’hygiène dentaire ? Je conseille de la choisir plutôt légère que pesante, plutôt large qu’étroite. Pour que l’harmonie cérébrale ne soit pas troublée dans ses fonctions, il faut que le sang puisse circuler très librement.
Dans mes nombreuses expériences, j’ai observé que les hommes qui portent des coiffures lourdes, les militaires dont la tête est surchargée de casques, sont sujets aux odontalgies et perdent leurs dents. Cela tient, je crois, à ce que la circulation du sang se trouvant gênée dans la région cérébrale, lorsqu’il sont sous les armes, il en survient une très grande chaleur, et que se débarrassant ensuite de leurs casques, ils s’exposent aux affections connues vulgairement sous la dénomination de coups d’air.
L’hygiène dentaire veut aussi qu’on ne se serve pas de bonnets trop étroits, de foulards et de mouchoirs trop serrés, pendant la nuit. Il faut que la tête soit constamment dans un état de liberté égal et uniforme.
Les cheveux influent aussi sur les organes dentaires : ceux qui les portent trop longs s’exposent aux mêmes inconvénients que les personnes qui adoptent des coiffures pesantes presque imperméables à l’air extérieur. Ceux qui les portent trop courts, mettent leur tête dans un état de nudité qui la met sous l’influence de l’atmosphère 5 la transpiration se trouve souvent
arrêtée d’une manière trop subite, il en survient des odontaigies, des fluxions qui entraînent la perle des dents.
Le genre de coiffure adopté par les darnes offre moins d’inconvénients. Dans les appartements elles sont toujours nu - tête, et leurs cheveux qu’elles porteutgénéralementdanstoute leurlongueur, mettent la tête à l’abri des vicissitudes de l’atmosphère. Quand elles sortent, elles ont des chapeaux qui ne gênent en rien la circulation du sang, de telle sorte que la température cérébrale est presque toujours la même pour elles. Cependant, j’ai remarqué que les femmes de la campagne, surtout celles des départements du nord et du centre, se serrent la tête avec des linges et des mouchoirs qui, pressant leurs cheveux contre la boîte crânière, gênent la circulation et ferment tout accès à l’air atmosphérique : aussi sont-elles plus sujettes que les dames de nos grandes villes à tous les genres d’odonlalgie, et en trouve-t-on un grand nombre d’édentées.