INFLUENCE DES VÊTEMENTS DES DAMES SUS LES ORGANES DENTAIRES
Dans les préceptes généraux et fondamentaux d’hygiène dentaire, j’ai démontré que les ■vêtements jouent un très grand rôle dans les diverses affections de la bouche. C’est surtout parmi les jeunes dames que les caprices de la mode causent les plus cruels ravages.
Le dentiste., comme le médecin, proscrit l’usage des corsets trop étroits, parce que l’irritation des nerfs, les obstacles qui s’opposent à la libre circulation du sang, exercent une grande influence sur les organes dentaires.
On nomme corset., dit le docteur Fournier, un vêtement qui embrasse une grande partie de la poitrine des femmes, la totalité de la région abdominale, et se prolonge, selon l’occurrence, jusqu’à la région pubéenne. L’objet du corset est de soutenir la taille, de maintenir le tronc dans une rectitude convenable, sans pourtant s’opposer à la liberté de ses mouvements. Le corset ne doit point exercer une compression susceptible de gêner l’action des muscles ni
celle des viscères de la poitrine et de l’abdomen. Tout corset qui ne remplit pas ces conditions est vicieux et même nuisible. L’hygiène doit en proscrire sévèrement l’usage.
De graves et savants médecins ont sévèrement condamné la folie si dangereuse de se vêtir trop légèrement. Pour briller dans un bal, flans une soirée, de jeunes personnes y paraissent vêtues de gazes, de dentelles, d’étoffesles plus légères, comme si nous vivions -sous le beau ciel de la Grèce et de l’Italie.
Un poète bien connu fait ainsi la description des modes du bon vieux temps et de celles de nos jours :
« Sur le crâne on portait la calotte piquée ;
De laine la poitrine était aussi flanquée ;
Un jupon rembourré de coton de levant,
ÉnautOmne, êh hiver, servait de paravant.
Mais aujourd’hui ion n à, quoiqu’on glose et qu’on dise. Qu’une gaze, un linon pardessus la chemise ;
Un peü moins on n’aurait tout juste que la peau ; L’Amour en sourirait, s’il ôtait son bandeau.
Mais alors, comme dit le poète :
On avait la dent bonne, on digérait fort bien;
On dormait encor mieux, et l’on ne souffrait rien.