‹ Manuel d'hygiène dentaire à l'usage de toutes les classes et de toutes les professionsChapitre 116 sur 118 · SUPÉRIORITÉ DE LA MATIERE DES OSANORES · texte numérisé non relu

SUPÉRIORITÉ DE LA MATIERE DES OSANORES

Les matières connues pour fabriquer les dents artificielles, étaient les dents d’animaux , les dents humaines, les dents minérales. Les dents d’animaux, qu’on est obligé de travailler avec la lime , doivent être rejetées à cause de leur trop grande porosité et de leur rapide décomposition. D’un autre côté, qui consentirait sans répugnance à mettre dans sa bouche des dents provenant, peut-être, d’individus morts de maladies contagieuses ?

Les dents minérales , dont on espéra d’abord tant de prodiges , doivent être mises de côté, parce que leur matière étant très fragile, expose la bouche aux plus graves accidents, et qu’elles ne présentent, en outre, qu’une couleur terne et cendrée.

En face de si nombreuses difficultés qu’on n’avait pu vaincre, je cherchai une matière propre à une substitution réelle et présentant

tous les avantages, tous les caractères de la nature. Après de longs efforts, de pénibles expériences, j’ai été assez heureux pour la trouver, et dès-lors le problème de mon invention dentaire s’est trouvé complètement résolu, même au delà de mes espérances. L’approbation des personnes savantes, les éloges des personnes qui, depuis quinze ans portent mes râteliers, sont autant de témoignages honorables qui constatent la supériorité d’une matière qu’ils traitent de légère, de solide, à?incorruptible, d’inoxidable, de rivale de la nature.

SUPÉRIORITÉ DE LA MANIÈRE DE POSER LES RATELIERS OSANGRES SUR TOUS LES AUTRES PROCÉDÉS DE PROTHÈSE.

Les avantages de ce nouveau système sont si réels, que toute démonstration dévient superflue. Quel changement, en effet ; quelle révolution, mon invention n’a-t-elle pas opérée dans la mécanique dentaire ! Il y a à peine quinze ans, les personnes qui voulaient remplacer des dents perdues par des dents artificielles, hésitaient plusieurs mois avant de se soumettre aux

tortures de la prothèse , et, certes, leurs craintes étaient loin d’être peu fondées.

Qu’on se figure l’effet que peuvent produire les pivots, les plaques, les ligatures, les crochets, les ressorts. Outre les douleurs inséparables de ce genre d’opérations, peut-il se faire que tout cet appareil de métal n’eût pour résultat de corroder les dents, de les déchausser, et de gêner tous les mouvements de la bouche?

Comment d’ailleurs concevoir que tout cè métal ne dût nuire à la santé générale. On aura une idée de la quantité de matière employée par la lettre suivante :

En 1797, Washington, le héros de l’indépendance américaine, écrivait au dentiste Greenvood :

« Monsieur,

« Envoyez-moi des ressorts à spirales, d’en- « viron un pied de long, sans les coupërj et « joignez à cet envoi à peu prés le double de «. cette longueur de fil d’or peu cassant, du dia-

« mètre que vous jugerez convenable, pour que « je puisse les fixer, comme de coutume, à mon « dentier à Philadelphie.

« Washington »

Assurément la lettre du libérateur des États- Unis d’Amérique est un excellent certificat en faveur des ressorts 5 mais si Washington avait connu les avantages des dents et râteliers à succion, avec quel empressement il aurait rejeté plaques, ligatures, cordonnets et tout l’attirail de la vieille prothèse.

Tout le monde connaît les phénomènes de la préssion atmosphérique sur deux corps entre lesquels on est parvenu à établir le vide; c’est cette pression atmosphérique qui seule suffit pour fixer les osanores, ou dents à succion.

Cette fixité est telle, que mes râteliers résistent aux plus pénibles travaux de la mastication. J’ai donné à mes dentiers le nom d’osanores, parce qu’il ne faut pour les fixer, ni or, ni métal quelconque. Un autre avantage important de mon système, c’est que l’on ôte et que l’on replace les osanores avec la même facilité que l’on met

une bague à son doigt ; de plus, comme je l’ai déjà dit, la matière des osanoues est telle qu’elle imite la nature avec la dernière perfection j elle met au défi l’œil le plus exercé ; en un mot, l’illusion est complète : j’en conclus qu’un nouvel ordre de choses a surgi, et que le règne de l’ancienne prothèse est fini pour toujours.

wm.

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