‹ Manuel d'hygiène dentaire à l'usage de toutes les classes et de toutes les professionsChapitre 17 sur 118 · DES SENS · texte numérisé non relu

DES SENS

On donne le nom de sens à certains organes qui reçoivent l’impression plus ou moins directe des objets extérieurs. On en compte cinq. La vue, Vouie, Vodorat, le goût, le tact ou toucher.

Les cinq sens jouent sans contredit un rôle très important dans l’économie dentaire.

La vue, en nous transmettant l’image des objets qui nous entourent, surexcite les nerfs lorqu’elle est exaltée, très sensible, comme cela se rencontre très souvent chez les femmes nerveuses. Il existe des ramifications imperceptibles entre le nerf optique et les nerfs dentaires. Je conseille donc aux personnes d’un tempérament nerveux et irritable, d’éviter la trop grande lumière, et de ne pas s’exposer aux rayons du soleil, pendant les chaleurs de l’été : celte imprudence aurait pour résultat des odontalgies dont il n’est pas difficile de prévoir l’intensité.

L’oute est naturellement très sensible ; on doit s’efforcer d’en modérer l’action : ainsi les

sons d’instruments discordants, les voix nasillardes impressionnent douloureusement les nerfs, et il est rare, qu’à la fin de cette surexcitation, la bouche ne se trouve pas atteinte de douleurs très aiguës ; choisissons un exemple entre mille.

Que quelqu’un introduise une personne nerveuse, dans un endroit où des musiciens inhabiles jouent des instruments avec un désaccord insupportable, cette personne éprouvera des commotions douloureuses et ressentira le même malaise qui survient, lorsque les dents sont agacées par des acides, par des fruits verts. D’ailleurs, on ne peut nier les effets des sons sur l’organisation humaine 5 ils produisent une émotion qui agit sur toutes les parties du corps. Ces effet sont physiques ’, moraux et sensitifs. Les femmes enceintes, nerveuses et délicates doivent éviter les sons trop bruyants.

L'odorat nous transmet les impressions agréables ou désagréables causées par les odeurs qui ne sont que des particules imperceptibles, détachées des corps extérieurs par le vent et l’air. Les odeurs ont sur le corps en général, et sur l’organisation dentaire en particulier, un degré d’action qui varie à l’infini. Les fortes

émanations affectent les nerfs au point que les dents en éprouvent souvent le contre-coup. J’ai vu des dames qui avaient contracté des odontalgies par l’usage fréquent et immodéré des parfums, qui produisent à peu près les mêmes effets que je signale en parlant des miasmes et de leur influence funeste. L’odorat estun sens trèsdélicat que la nature semble avoir donné à l’estomac pour lui servir de sentinelle avancée : on doit donc le ménager, et j’ai vu souvent avec regret de jeunes dames se livrer avec passion au tabac à priser, et détruire ainsi lentement la plus douce de toutes les sensations.

Le goût, juge suprême et ordinairement infaillible des qualités sapides des diverses substances qui servent à notre alimentation, joue aussi un rôle dans la conservation ou la détérioration des organes dentaires. L’abus des boissons fortes, des aliments de nature excitante est très nuisible aux dents, et j’ai démontré en parlant des nombreuses espèces d’aliments que ^es femmes surtout ne sauraient être trop prudentes dans le choix qu’elles font, lorsqu’elles sont invitées à des festins où on étale tout l’appareil, les innombrables ressources du luxe eu-

linaire. Pour flatter le goût elles mangent souvent très chaud ou très froid, mâchent des substances âcres et aromatiques; cette satisfaction momentanée leur coûte ordinairement la perte de leurs dents, et c’est payer trop cher un plaisir qui dure à peine quelques minutes.

J’ai connu de jeunes dames anglaises qui ont perdu leurs dents, pour avoir contracté l’habitude de prendre le thé trop chaud.

Du tact et du toucher. Le tact est l’impression que produisent des corps qui touchent un des points de la surface de notre peau : le toucher est la perception, l’analyse plus ou moins complète de la forme, de l’étendue du corps que nous touchons : ce sens est très délicat et parfait chez l’aveugle qui n’a pas d’autre guide. Il agit puissamment sur l’organisation dentaire ; citons quelques faits :

Qu’une personne dont les occupations manuelles sont ordinairement délicates touche un corps couvert d’aspérités, elle éprouvera aussitôt une crispation nerveuse qui se fera surtout sentir aux dents.

Qu’une dame habituée aux bains, aux gants.

aux parfums, aux lotions, aux cosmétiques doux et onctueux qui conservent la finesse, la délicatesse de la peau, touche du sable, de la terre,, des débris de pierre, elle ressentira instantanément une impression presque douloureuse et grincera des dents.

Je conseille donc aux personnes nerveuses et délicates, d’éviter le contact des corps qui les impressionneraient désagréablement, parce que les grincements réitérés imprimeraient aux nerfs dentaires une surexcitation permanente qui dégénérerait en odontalgie ; ce conseil est principalement pour les jeunes dames; car sur la fin de la vie, la dessiccation de l’épiderme émousse considérablement la sensibilité du tact ,

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