DES SEXES
On entend par sexes l’homme et la femme, ces deux êtres à peu près égaux par les facultés morales, mais dont les caractères physiques sont tout-à-fait différents. Les maladies de l’homme et de la femme ont un caractère particulier, et les lésions dentaires ne font pas exception à cette règle.
L’homme est ordinairement moins sujet que la femme aux maux de dents ; son tempérament plus fort, moins nerveux, moins délicat, le rend moins accessible aux impressions atm ossphériques, aux émotions nombreuses dont le principe réside tantôt dans le moral, tantô t dans le physique. D’ailleurs, la perte des dents est un moins grand malheur pour l’homme que pour la femme, parce que la majesté de son visage n’est pas détériorée au dernier degré comme les charmes de la femme qui ont besoin de tous leurs accessoires pour briller avec l’éclat convenable.
L’hygiène dentaire emploie aussi pour les hommes des remèdes plus forts, des opérations qui effraieraient les dames.
La constitution physique de la femme est, sans nul doute, de beaucoup inférieure à celle de l’homme; pendant une grande partie de sa vie elle est sujette à toutes les maladies des enfants. Nerveuse, lymphatique, d’une sensibilité développée au dernier degré, ses organes dentaires sont prédisposés naturellement à la suréxcitation. D’ailleurs le développement de la puberté ,
la grossesse, sont des périodes qai révolutionnent la constitution féminine, et c’est surtout alors que les-maux de dents se déclarent plus violents, plus intenses. Vient ensuite ce que les médecins appellent âge critique, source de nouveaux dangers, de nouvelles douleurs. Ici l’hygiène dentaire n’a pas, à proprement parler, de règles fixes ; le praticien doit traiter ses clientes en étudiant leur tempérament, en s’informant de leurs penchants, de leurs habitudes, de leurs passions ; ce n’est qu’en prenant ces informations qu’il pourra trouver le remède propre à les soulager.