‹ Manuel d'hygiène dentaire à l'usage de toutes les classes et de toutes les professionsChapitre 22 sur 118 · DES PASSIONS · texte numérisé non relu

DES PASSIONS

Les diverses affections de l’âme, ou passions, exercent sur la santé de l’homme en général, et sur les organes dentaires en particulier, des influences qui varient à l’infini, selon les âges.

les tempéraments des personnes, les sexes, les habitudes, les climats. Quelques philosophes définissent les passions, des désirs impétueux de Vâme qui la poussent à la vertu ou au crime. Elles enflamment le génie, l’esprit, l’imagination et les sens. J’ai remarqué souvent qu’elles agissent puissamment sur les organes dentaires. La colère engendre des odontalgies, et d’autres passions que je ne dois pas nommer entraînent la perte totale des dents à la suite d’horribles souffrances.

Les affections tristes de l’âme telles que la honte., la frayeur, l’inquiétude, la nostalgie, le chagrin opiniâtre, sont presque toujours les causes principales des maladies nerveuses et, par suite, du plus grand nombre des affections dentaires.

DES EXCBÉTXONS HABITUELLES.

Les médecins désignent sous le nom d’excrétions toutes les matières solides ou liquides for-

mées dans l’intérieur du corps, et destinées â en être rejetées ; les unes sont naturelles, permanentes; les autres temporaires , subordonnées à des circonstances de la vie, à certaines maladies. Elles ont toutes une plus ou moins grande action sur les organes dentaires ; les médecins lés énumèrent dans l’ordre suivant :

1" La sueur;

2° La salive;

° L’exhalation pulmonaire ;

4° La pituite;

5° Besoin de cracher, de se moucher.

La sueur est l’exhalation qui se manifeste sur toutes parties du corps, toutes les fois que les propriétés vitales de la peau sont augmentées par un exercice violent. Elle influe très puissamment sur les organes dentaires, surtout lorsqu’elle est arrêtée subitement par le passage d’une température chaude à une température froide; dans ce cas, toute personne est infailliblement atteinte d’une odontalgie qui se déve-

loppe sous diverses formes, et à divers degrés d’intensité. J’ai connu en Allemagne une jeune femme qui perdit toutes ses dents pour s’être lavée la tête avec de l’eau froide, au re tour de la promenade.

La salive est un liquide alcalin, quelquefois légèrement acidulé, destiné à entretenir dans la région buccale l’humidité nécessaire au ramollissement et à l’imprégnation des aliments, à la dégustation, et surtout à l’élaboration digestive. La salive est de toutes les excrétions humaines , celle qui contribue le plus à entretenir la beauté des dents -, sans ce liquide bienfaisant les organes dentaires privés de force, se dessécheraient, se couvriraient de carie et tomberaient en morceaux. Une preuve incontestable que la salive est propice aux dents, c’est que la sécrétion salivaire n’est jamais plus abondante que chez les enfants , pendant la période de la première dentition.

On donne le nom d’exhalation pulmonaire à la vapeur chaude et humide dont l’atmosphère se charge, toutes les fois que nous rejetons de nos poumons l’air que nous venons d’aspirer. L’hygiène dentaire doit rarement s’en préoccu-

per ; cependant il esl des cas où celte vapeur condensée en mucosités épaisses, nuit aux dents, parce qu’elle y dépose des parcelles de fluide muqueux presque solidifiées.

On désigne ordinairement sous le nom de pituite , les ma tières incolores qu’expectorent en sortant dulit lespersonnes d’un tempérament lymphatique , surtout lorsqu’elles sont avancées en âge. Ces matières finiraient par devenir nuisibles aux dents, si on n’avait un soin, particulier de se nettoyer la bouche tous les matins; maisavec certaines mesures de propreté, on n’a rien à craindre de ces excrétions qui deviennent inoffensives pour les organes dentaires.

Le besoin de cracher et de se moucher, sont aussi classés parmi les excrétions habituelles. Le premier de ces besoins qui tient à un dérangement des fonctions pulmonaires, n’a, à proprement parler, aucune influence sur les dents. Le besoin de se moucher qui est déterminé par l’accumulation du mucus pituitaire dans les fosses nasales, exerce une certaine action sur les organes dentaires; mais dans aucun cas, celte action n’est assez puissante pour déterminer des modifications tant soit peu dangereuses.

Je ne parle pas des excrétions temporaires quoiqu’elles aient une très grande influence sur le système dentaire : cette appréciation appartient plus particulièrement à la médecine. Je me contenterai de dire que les plaisirs charnels contribuent souvent â la perte des dents, soit en affaiblissant le corps en général, toutes les fois qu’on en abuse, soit parce qu’ils sont souvent la cause de certaines maladies dont l’action se fait cruellement sentir sur la région buccale. Les parents doivent veiller sur leurs enfants avec la plus grande sollicitude, à l’époque critique de la puberté.

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