‹ Manuel d'hygiène dentaire à l'usage de toutes les classes et de toutes les professionsChapitre 23 sur 118 · DE L’ÉDUCATION, DU TRAVAIL INDUSTRIEL · texte numérisé non relu

DE L’ÉDUCATION, DU TRAVAIL INDUSTRIEL

L’éducation varie selon le but que se proposent d’atteindre les parents ; les enfants qu’on destine aux professions libérales, reçoivent une éducation à la fois intellectuelle et physique. Malbeusement on n’agit pas assez directement

sur l'organisation, on ne surveille pas le développement du corps, et celte négligence pour le bien être physique réagit, plus qu’on ne pense, sur les organes dentaires. En effet, les enfants agglomérés dans des salles y respirent un air lourd et vicié; lorsqu’ils sortent de ces salles, ils se trouvent subitement en contact avec l’air extérieur : c’est à cette transition d’une température froide à une température chaude, qu’il faut attribuer les fluxions et les odontaîgies de toute espèce qui tourmentent les enfants.

Le matin lorsqu’ils se lèvent, les élèves de tous les collèges se lavent la tête avec de l’eau froide; je sais bien que cette lotion partielle tonifie les organes cérébraux, mais elle les saisit trop vivement et détermine très souvent des odontalgies. Un autre cas de négligence que j’ai à signaler, c’est l’incurie que l’on met à surveiller les enfants lorsqu’ils prennent leur repas; ils mangent des aliments très chauds et boivent presque instantanément de l’eau glacée. Il en résulte que les dents douloureusement affectées se carient, parce que, soit que l’émail n’ait pas encore acquis toute sa consistance, soit que les

gencives aient encore une sensibilité propre à déterminer la surexcitation, les organes dentaires résistent rarement à ces excès réitérés. Je dois aussi signaler comme causes d’odontalgies chez les enfants, les exercices violents qu’ils prennent dans les cours des collèges, aux heures de récréation. J’en ai vu qui, couverts de sueur, s’exposaient aux courants d’air, à des ventilations factices et se prédisposaient ainsi à des douleurs de dents très violentes. Je ne cesserai de dire que l’éducation physique des enfants, dans les collèges et dans les familles, ne saurait être trop surveillée.

L’éducation intellectuelle est parfois aussi préjudiciable aux enfants que les exercices violents, et la transition subite d’une température à une autre. Le développement de l’intelligence lorsqu’il est forcé, influe d’une manière funeste sur le développement de tous les organes, et les dents n’échappent pas à cette influence. On doit bien se garder de trop prolonger.le travail de£ enfants dont la constitution est faible, dont les organes digestifs fonctionnent péniblement. On les exposerait à toutes les affections dentaires dont je parierai dans ia seconde partie de ce Ma -

nuel, consacrée anx savants,aux gens de lettres, aux artistes Le travail intellectuel doit être modéré pour le premier âge, parce que dans ce cas il favorise la santé générale du corps, produit un dégagement de calorique considérable, surtout vers le cerveau qui se perfectionne, se fortifie comme tous les autres organes. Un travail intellectuel, excessif, produit, surtout chez les enfants, l’irritation, la congestion, la mélancolie, la névralgie, dont les effets réagissent immédia» tement sur la région buccale.

Il me resterait encore à parler de l’influence du système pénitentiaire sur les dents de l’homme en général. Mais la catégorie des prisonniers se rattache en quelque sorte aux individus que j’ai signalés comme habitant des lieux malsains, mal aérés D’ailleurs,, depuis quelques années, on s’occupe si activement de la réforme des prisons, qu’il y a tout lieu de croire, que l’humanité n’aura plus à déplorer les accidents, les maladies cruelles qui affligeaient autrefois les individus frappés par la justice.

Le repos, le sommeil, ont aussi quelque influence sur l’organisation dentaire; mais comme

celle influence est presque toujours favorable, je crois qu’il est inutile d’en parler.

Les principes généraux et fondamentaux d’hygiène que je viens d’énumérer, sont le résultat quotidien de mes longues expériences.

C’est en notant les faits de chaque jour, que j’ai pu faire ce livre au milieu des grandes occupations qui absorbent presque tout mon temps :

j’ai cru que c’était le seul moyen infaillible pour arriver à des observations, à des doctrines sûres pour conserver des dents saines et belles.

Je vais maintenant, toujours guidé par mon expérience de chaque jour, parcourir l’une après l’autre toutes les professions, depuis le savant le plus illustre., jusqu’à l’artisan le plus ignoré : car tous les hommes quels qu’ils soient, dans quelque position sociale qu’ils se trouvent, ont des droits égaux à la sollicitude, anx soins, à l’enseignement des personnes qui étudient le grand art de conserver les divers organes dont le fonctionnement harmonique constitue ce que la science appelle forces vitales.

On comprendra facilement qu’ayant à passer en revue les nombreuses catégories d’individus

qui occupent dans le monde diverses positions., qui se livrent à des travaux de toute espèce, il m’a été impossible d’éviter ce qu’on appelle les répétitions ou redites; en effet, les hommes, quelle que soit leur condition, quelles que soient leurs occupations, sont sujets, généralement parlant, aux mêmes affections ; elles ne diffèrent que dans les symptômes, les développements.

Ce sont ces nuances que j’ai cherché à étudier, à apprécier, au point de vue de la science dentaire, et une pareille appréciation était hérissée de difficultés.

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