‹ Manuel d'hygiène dentaire à l'usage de toutes les classes et de toutes les professionsChapitre 28 sur 118 · LES NATURALISTES · texte numérisé non relu

LES NATURALISTES

Lesnaturalistesformentdeux classes: l°ceux qui ne s’occupent que théoriquement de l’étude de la nature ; 2° ceux qui joignent la pratique à l’étude.

Les premiers rentrent dans la catégorie générale des savants ; et l’hygiène dentaire est la même.

Les seconds, presque toujours en contact avec les corps des animaux, avec des substances minérales ou végétales, en reçoivent des atteintes plus on moins puissantes, favorables ou nuisibles.

Il est certain qu’un naturaliste occupé à disséquer un quadrupède quelconque, absorbe les émanations qui s’en échappent à chaque instant, et ces émanations portent principalementsur les organes dentaires, parce que les pores de la

bouche sont d’une nature absorbante bien déterminée. Tout le monde sait que l’immortel Cuvier eut le courage et la patience de passer plusieurs jours et plusieurs nuits à disséquer la trompe d’un éléphant mort, pendant les fortes chaleurs de l’été. On ne peut imiter ce zèle et ce dévouement pour la science sans s’exposer à de graves dangers qui réagissent comme la plupart de toutes les affections buccales. Les études du naturaliste ont doue les inconvénients des travaux des savants en général, et ceux plus graves encore de la putréfaction, ou des émanations fétides qu’exhalent les corps qu’ils touchent à plusieurs reprises pour les étudier et les connaître.

J’ai connu un naturaliste allemand, qui, après avoir disséqué pendant plusieurs jours, eut la bouche envahie par des aphtes dont il nous fut très difficile d’arrêter les progrès. Depuis que j’habite Paris, j’ai eu occasion de soigner plusieurs jeunes naturalistes atteints de scorbut, d’aphtes , de fistules , d’inflammations, dans toute la région buccale.

L’hygiène dentaire des naturalistes prescrit des lotions renouvelées plusieurs fois par jour, 3 *

des gargarismes avec de l’eau fraîche aromatisée avec des toniques* J’ai obtenu des résultats très favorables avec mon eau anti-scorbutique, spé cifique puissant pour raffermir, purifier les gencives et préserver 1'émail des premières atteintes de la carie.

LES MSNEEALOGISTES.

Si la dissection des animaux est funeste aux organes dentaires des naturalistes, les émanalions des minéraux ne le sont pas moins aux savants qui s’occupent de travaux et d’études minéralogiques. Parmi les minéraux, il en est un très grand nombre qui exercent une action délétère sur les facultés physiques de l’homme et quelques uns plus spécialement sur les dents, les gencives et toute la région buccale. L’antimoine, le régule, le plomb suffisent pour réduire les dents à un état morbide très alarmant.

Je puis citer à l’appui de mon assertion le triste et déplorable exemple des ouvriers employés aux mines d’antimoine et qui perdent toutes leurs dents au bout de quelques mois; des fondeurs en caractère dont la denture ne tarde pas à être détériorée par les funestes émanations du régule ; des victimes des plaisirs vénériens, qui perdent les dents et les cheveux, parce que la médecine n’a pas encore trouvé de remède plus actif, plus puissant que les potions mercurielles.

Mais pourquoi chercher à prouver une vérité si incontestable que personne, jusqu'à ce jour, n’a osé la révoquer en doute. La médecine a toujours reconnu que les minéraux exercent une influence très puissante, tantôt favorable, tantôt très funeste sur le corps humain ; les dentistesles plus célébrés ont admis la même influence et en ont signalé l’intensité.

L’hygiène dentaire est insuffisante dans plusieurs cas pour les minéralogistes, parce que les dangers auxquels ils s’exposent chaque jour sont trop nombreux pour qu’on puisse les prévenir. Cependant l’art du dentiste a fait de si grands progrès, depuis quelques années, que

nous possédons quelques préservatifs d’une très grande efficacité.

Le premier conseil que je donne aux minéralogistes est de soustraire, autant que possible, leur bouche aux émanations des minéraux qu’ils étudient; si, malgré cette précaution, ils sont atteints d’aphtes, d’affections scorbutiques, dè tumeurs, de fistules, l’hygiène dentaire leur prescrit des lotions fréquentes, des gargarismes avec de l’eau fraîche, aromatisée de substances toniques anti-scorbutiques ; ils doivent dans les cas où ils se croient menacés de carie, faire usage d’une brosse douce qui, sans altérer l’émail, enlève des interstices dentaires toutes les matières hétérogènes qui pourraient engendrer corruption ou corroder rapidement la partie osseuse(l).

(1) Je suis inventeur d’une brosse qui remplit parfaitement ce but. Cette brosse, connue dans le commerce sous le nom de Brosse-Rogers, n’a de soies fortes que dans le milieu ; les soies des parties latérales sont très douces, ce qui donne la possibilité de nettoyer parfaitement les dents sans les déchausser ni gêner les gencives.

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