LES CHIRURGIENS MILITAIRES
Les médecins et chirurgiens employés dans les armées sont aussi exposés à perdre leurs dents par mille accidents divers ; j’ai déjà dit que l’humidité, l’air froid, le défaut de sommeil exercent une influence funeste sur ces organes ; la vie des camps, les marches forcées, les travaux des ambulances, le changement de climat, la fraîcheur des nuits sont autants d’agents pernicieux pour la bouche.
Il y a deux ans, j’ai donné mes soins à un jeune chirurgien de l’armée d’Afrique, qui a vait contracté une maladie scorbutique dans un
camp de la Mitidja. Ses gencives avaient tous les symptômes morbides qu’on remarque chez les marins qui ont fait un voyage de long cours, vivant de viandes salées. J’obtins une prompte guérison avec des émollients, quelques mesures de propreté, et surtout avec mon eau anti-scorbutique. Je crois donner un bon conseil aux chirurgiens militaires qui partent pour l’Afrique, en leur prescrivant de se munir de ce spécifique dont j’ai mis cent fois à l’épreuve les rares vertus.