LES JOURNALISTES
J’entends par journalistes tous les écrivains qui suivent pas à pas la marche quotidienne des affaires politiques, noble mission, véritable apostolat, lorsque les écrivains n’ont réellement d’autre but, d’autre intention que d’éclairer leurs concitoyens.
Les journalistes, généralement parlant, sont passionnés, bilieux. D’ailleurs, l’arène politique est pleine d’agitation ; chaque jour amène des surexcitations nouvelles.
J’ai remarqué souvent que les journalistes sont sujets aux affections sanguines, aux céphalalgies , à la névrose. Leur cerveau est continuellement en ébullition j leur système nerveux est dans un état d’irritation incessante.
Aussi pour eux les maux de dents sont-ils fréquents et d’une violence extrême. Leurs gencives saignantes , enflammées, deviennent molles, et les dents ne recevant plus les sucs nutritifs qui leur sont propres, se déchaussent et deviennent branlantes. Les journalistes se livrent en outre aux excès habituels qui troublent si souvent l’harmonie vitale chez tous les gens de lettres. Le premier conseil, le premier principe d’hygiène dentaire que je dois leur donner, est de mener une vie réglée, de modérer leurs passions qui, factices d’abord et filles de l’imagination , finissent par devenir réelles. Un régime doux, les calmants, la propreté de la bouche, les lotions sont les plus puissants préservatifs qui conserveront leurs organes dentaires dans toute leur forcé et leur beauté.