LES FGNBEUBS EN CARACTÈRES D’IMPRIMERIE ET LES FABRICANTS DE CÉRUSE
Les fondeurs en caractères d’imprimerie respirent continuellement un air surchargé de molécules délétères pour les dents, surtout de régule d’antimoine qui entre pour une grande partie dans la composition du métal typographique. J’ai remarqué plusieurs fois, et surtout dans les fonderies anglaises, que les ouvriers sont presque tous édentés.
Voici comment commence et progresse le mal.
Les dents prennent d’abord une teinte verdâtre; insensiblement elles se couvrent dans toute leur surface d'une épaisse couche de tartre rougeâtre qui envahit d'abord les incisives et les canines, plus exposées que les autres aux émanations du fourneau. Le régule ronge les gencives : les dents se déchaussent, deviennent vacillantes et tombent presque sans douleur. La bouche des malades exhale une odeur insupportable, et on y remarque à peu près les mêmes symptômes que dans les cas du scorbut marin.
L'art du dentiste a des moyens puissants pour neutraliser ces graves atteintes ; mais il faut saisir le mal aussitôt qu’il commence et l’empêcher de prendre un trop grand développement. Lorsque l’émail des dents est encore intact, il suffit de les frictionner avec Une brosse imbibée d’eau anti-scorbutique. Si le tartre a déjà envahi les arcades dentaires, il faut l’enlever avec les instruments, et renouveler souvent l’opération.
Mon eau anti-scorbutique est un des plus puissants préservatifs pour les fondeurs en caractères d’imprimerie.
Les fabricants de céruse étant sujets aux mêmes affections, ils doivent par conséquent suivre les mêmes préceptes d’hygiène dentaire.
vin.
LE S FAÏENCIERS, les potiers de terre, LES CHAUDRONNIERS.
Ces ouvriers maniant sans cesse le plomb, le mercure, le régule d’antimoine, le cuivre, sont sujets à des inflammations d’entrailles, à des affections nerveuses, et il n’est pas de métier plus contraire à la santé.
Les faïenciers et les potiers emploient pour leurs préparations le régule d’antimoine dont j’ai déjà signalé les funestes effets sur la denture humaine; ils sont en outre exposés aux fluxions occasionnées par la chaleur ardente des fours. Des lotions anti-scorhuliques, des précautions pour ne point passer trop rapidement d’une température chaude à une température froide, sont les seuls préservatifs qu’ait trouvé jusqu’à ce jour l’hygiène dentaire.
La perte des dents chez les chaudronniers est moins prompte, mais plus douloureuse. Le cuivre battu par le marteau laisse échapper des
parcelles imperceptibles qui se répandent dans l’air, s’incorporent avec lui, et vont se figer sur les dents. J’ai déjà dit que parmi les métaux, il en est plusieurs dont le contact et les émanations sont très funestes aux organes dentaires; le cuivre doit être placé en première ligne. On s’en convaincra facilement si on examine les dents des ouvriers en chaudronnerie; après un certain temps les dents prennent une couleur terne qui devient presque noire ou cuivrée, à mesure que le mal fait de plus grands progrès.
Certainement le préservatif le plus sûr pour les chaudronniers et autres ouvriers sur cuivre serait de tenir devant la bouche nn linge qui, tout en leur laissant pleine et entière liberté pour respirer, empêcherait les molécules de métal d’arriver jusqu’aux dents ; mais comme leur travail exige un grand déploiement de forces musculaires, il ne leur est guère possible de prendre ces précautions. Il faut donc que l’art du dentiste trouve d’autres moyens de prévenir les affections et de les faire disparaître lorsqu’elles ont envahi les arcades dentaires.
Les préservatifs consistent à veiller attentivement à ce que la bouche soit dans un état de propreté parfaite ; à se rincer les dents avec une brosse imbibée d’anti-scorbutiques ou de subs tan-
ces émollientes, lorsque les gencives sont enflammées. Si le mal a déjà acquis de l’intensité, la main du dentiste peut seule en arrêter les progrès en enlevant avec l’acier le tartre qui couvre les dents; tartre dont les couches sont en partie composées de molécules de cuivre amoncelées les unes sur les autres. Il est même des cas où il est indispensable d’extraire quelques dents ; mais avec les remèdes qu’on a découverts depuis quelques années, on parvient presque toujours à vaincre les affections même les plus invétérées.
LES OUVBIEStS EN SOIE , LES FÏLEUBS DE LAINE OU DE COTON, LES MATELASSIERS.
Lorsqu’on entre dans une filature on est étonné de respirer avec difficulté ; on attribue d’abord cette indisposition instantanée à la rareté de l’air, qui ne circule jamais bien dans les ateliers; mais une toux qui se déclare quelque-
fois avec violence, ne larde pas à vous avertir que l’espèce de suffocation que vous éprouvez, provient des corpuscules fins et légers qui pénètrent dans l’intérieur des organes pulmonaires ; ces corpuscules, ces fibrilles proviennent des matières qu’on travaille. On comprend facilement que ces corpuscules finissent par se fixer sur les dents ou dans leurs interstices ,* ils commencent par y engendrer une malpropreté qui produit elle-même des couches de tartre, si les ouvriers négligent les soins de la bouche.
D.ans un voyage que je fis il y a quelques années à Lyon, je fus fort étonné en visitant les ateliers de canuts (ouvriers en soie), de voir la plupart de ces malheureux privés de dents. J’étudiai le mal dans son principe et dans son développement; et lorsque j’en connus la véritable cause, j’indiquai le remède qui consiste principalement :
1° Dans une grande propreté qui est, dans tous les cas, le meilleur moyen de préserver la bouche des affections qui la détériorent ;
L 2 ° Dans un régime doux, très substantiel, et composé pourtant d’aliments de facile digestion, parce que les ouvriers en soie travaillent communément assis ;
3° Dans des lotions buccales, et des frictions
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quotidiennes avec une brosse douce imbibée d’un dentifrice très fin, ou mieux d’eau antiscorbutique.
Les filateurs de laine et de coton , et surtout les matelassiers qui sont encore plus exposés â absorber par la respiration une très grande quantité de molécules, doivent suivre le même régime dentaire; aux sujets nerveux, on peut conseiller quelques bains tièdes.