HYGIÈNE DENTAIRE DE LA DEUXIEME ÉPOQUE DE L’ENFANCE
La première dentition est précédée et accompagnée de tant d’accidents, de douleurs si vives que la vie des enfants se trouve souvent très gravement compromise. Cependant de l’aveu de tous les médecins, l’éruption des dents de lait n’est pas une maladie, quoique en réalité elle prédispose les petits nourrissons à dés affections morbides. Quelquefois la première dentition s’opère avec tant de facilité que les enfants donnent à peine quelques indices d’impatience : dans d’autres cas, au contraire, ce travail de la nature est accompagné d’accidents aussi nombreux que redoutables : ils déterminent chez les enfants plusieurs maladies qui sont :
1° La salivation ou ptyalisme;
2° Le gonflement inflammatoire et douloureux des gencives;
3° Les aphtes, ou certaines inflammations de la membrane interne de la bouche.
On remarque encore d’autre affections morbides, mais qui peuvent être considérées comme sympathiques;
1° Les convulsions;
2° Le vomissement;
3° La diarrhée ;
4° Plusieurs éruptions cutanées.
DE EA SAEXVATIONH — YGXÈNE.
La salivation, affection morbide connue dans le langage médical, sous le nom de ptyalisme, est le premier symptôme d’éruption de dents.
Cette affection locale n’est rien moins que redoutable ; dans le plus grand nombre de cas, il faut même chercher à l’entretenir, parce qu’elle
favorise la dilatation du tissu des gencives. J’ai remarqué qu’aussitôt que la salivation cesse, les enfants souffrent horriblement, et je conseille aux mères, aux nourrices, aux dentistes, si on a recours à leurs soins, de provoquer de nouveau la sécrétion salivaire -, on y parviendra facilement en faisant de légères frictions sur les gencives, avec des mucilages de gomme arabique ou de guimauve, édulcorés avec du miel de Narbonne ou un sirop quelconque. Ces frictions doivent se faire avec le doigt, avec un bâton de racine de guimauve, ou avec un linge fin imbibé de miel. On doit bien se garder de presser les gencives des ënfants, avec des substances dures, telles que la verroterie, et les petits os dont on fait les hochets, que l’on fait mâcher aux petits malades, dans le but de ramollir leurs gencives, et de favoriser ainsi la sortie des dents. Le contact des substances dures irrite le tissu gencival, le durcit et le rend comme calleux par le frottement continuel.
Il est d’autres moyens d’entretenir et de provoquer la salivation : on humecte la bouche des enfants avec une boisson mucilagineuse ; on
fiait des Fomentations avec de la décoction de guimauve sur les parties latérales de la bouche qui paraissent le plus endolories.
J’ai déjà dit que la salivation, loin d’être une maladie, passe aux yeux des médecins pour un symptôme heureux. Cependant, elle devient quelquefois nuisible par son intensité, par sa durée; les enfants sont bientôt épuisés par la déperdition de substances, mais ces cas sont extrêmement rares.