DU GONFLEMENT DES GENCIVES. — HYGIÈNE
Le gonflement des gencives se manifeste souvent par la rougeur des pommettes, par la tuméfaction du visage ; l’enfant est. alors tourmenté par une soif ardente, continuelle ; son sommeil est interrompu par des crispations de nerfs, par des mouvements convulsifs qui sont les premiers symptômes de la fièvre de dentition, intermittente ordinairement et quelquefois
continue. Le tissu gencival est d’un rouge presque violet et le petit malade ne peut supporter qu’on y porte la main. On conçoit sans peine que cette douleur si grande, altère rapidement la santé, et met la vie de l’enfant en danger. L’affection qui n’était d’ahord que locale devient générale et tout le corps en est gravement affecté.
C’est à cette époque critique de la première dentition que le médecin et le dentiste doivent redoubler de soins, et bien étudier le caractère de la maladie ; voici les moyens hygiéniques que j’ai employés avec le plus de succès :
Si l’enfant tète encore, on soumettra la nourrice à un régime doux, parce que le lait a une très grande influence sur la santé des nourris 1sons.
On fera prendre aux petits malades des boissons adoucissantes qui, par leur court séjour dans la bouche, calmeront l’irritation des gencives.
Si ces moyens qui sont plutôt préservatifs que curatifs, ne suffisent pas, comme cela arrive toutes les fois que l’affection est intense, on
aura recours aux boissons laxatives, telles que la décoction de pruneaux, le petit lait, l’eau édulcorée fortement avec du miel de Narbonne.
Les bains de pieds empêcheront le sang d’affluer en trop grande abondance à la tête du malade.
Si le gonflement et l’inflammation ne cessent pas, on aura recours aux cataplasmes émollients très légèrement sinapisés, et qu’on aura soin de placer sur les jambes ou les pieds de l’enfant. On pourra aussi appliquer avec succès trois ou quatre sangsues derrière les oreilles ; mais pour cela il faut bien étudier la force du tempérament de l’enfant.
Enfin, on pratiquera l’incision en désespoir de cause -, mais cette opération exige une grande prudence, car si on la pratiquait avant que la dent ne soit arrivée à un degré convenable d’ossification, elle augmenterait l’irritation du système nerveux,, parce que les capsules dentaires se trouvent très affectées par le travail de la première dentition. L’incision faite à point et à propos fait souvent disparaître comme par enchantement le gonflement et l’irritation. Elle fait aussi disparaître les aphtes et la phlogose des parties internes de la bouche.