‹ Manuel d'hygiène dentaire à l'usage de toutes les classes et de toutes les professionsChapitre 90 sur 118 · DES CONVULSIONS. — HYGIÈNE · texte numérisé non relu

DES CONVULSIONS. — HYGIÈNE

Pendant le travail de la première dentition., les enfants sont sujets à des convulsions ou spasmes presque continuels qui ont pour symptômes des soubresauts dans toutes les par lies du corps, une irritation qui ne tarde pas à devenir générale. Ces convulsions ordinairement peu dangereusès, se prolongent chez les enfants irritables, surtout ceux qui proviennent de parents valétudinaires, d’un tempérament faible; elles deviennent si violentes que les petits malades ne peuvent y résister et meurent dans des douleurs atroces. C’est pendant l’éruption des grosses molaires que se déclare cette affection nerveuse, qui se borne le plus souvent aux muscles du visage, se propage rarement à la partie inférieure du corps, et plus rarement encore aux jambes et aux pieds. Les enfants vigoureux, gras, d’un tempérament fort, sont aussi sujets aux convulsions ; mais leur constitution y résiste plus facilement.

L’hygiène dentaire a plusieurs moyens pour combattre cette affection sympathique.

Pendant l’accès, je conseille de tenir l’enfant au grand air, de lui appliquer de l’eau froide sur le visage, sur le front, de tremper ses mains dans de l’eau un peu chaude et légèrement sinapisée, de lui mettre du sel dans la.bouche.

Si l’enfant est d’un tempérament faible, on emploiera de préférence des anti-spasmodiques simples, tels que l’opium en petite quantité, l’éther, l’eau de fleur d’orange, le camphre.

Lorsqu’on remarquera des symptômes de pléthore ou. de fièvre, on se hâtera d’appliquer une sangsue derrière l’oreille, à l’angle de chaque mâchoire.

DIAESSÉS. — VOMISSEMENT. — HYGIÈNE*

La diarrhée et le vomissement sont, à proprement parler, les deux affections les plus dangereuses pour les enfants à l’époque de l’éruption des premières dents -, ces deux affections ordinairement réunies, quelquefois séparées, sont

les précurseurs de maladies très graves qui me» naçent lçsr organes abdominaux et le cerveau. La diarrhée et le vomissement attaquent principalement les enfants, depuis l’âge de trois ou quatre mois, jusqu’à l’entier accomplissement du travail de la première dentition, et le plus communément, au moment de l’éruption des canines. Les enfants sevrés très jeunes et mal nourris, y sont plus sujets que les autres.

« La marche de cette maladie, dit M. Guersent, (l) présente quelquefois des variations ; les vomissements sont tantôt éloignés les uns des autres, ce qui est en général, un symptôme favorable. Dans quelques cas, le flux diarrhéique précède le vomissement de quelques jours., et même de plus d’une semaine; d’autres fois, le vomissement et la diarrhée surviennent presque en même temps, et l’enfant périt dans l’espace de trois ou quatre jours.

Les symptômes du vomissement et de la diarrhée sont très nombreux :

L’enfant est abattu, triste, crie sans cesse;

Le ventre est tendu, balonné, sonore ;

(1) Dictionnaire de Médecine , tome 6.

Il survient une petite tous sèche;

Puis les yeus paraissent caves , cernés , un peu éteints, comme si l’enfant se trouvait en état d’ivresse.

Les vomissements et les évacuations intestinales deviennent plus abondants, et diminuent ensuite.

Le petit malade maigrit à vue d’œil, s’affaiblit, est dans un état continuel d’agitation, jusqu’au moment où il succombe aux douleurs qui ont triomphé de sa frêle existence.

La maladie dont je viens de décrire la marche progressive, a plusieurs périodes. Dans la première dont la durée dépasse rarement quarante jours, je conseille aux mères et aux nourrices, d’astreindre le nourrisson à la diète la plus sévère;

D’employer les émollients en cataplasmes ;

De lui faire prendre des boissons mucilagineuses ;

De lui administrer des lavements.

Ces moyens qui suffisent le plus souvent pour arrêter les progrès du mal, constituent aussi le traitement pendant la deuxième période : je

conseille néanmoins d’y joindre les bains, les lavements opiacés î

Des applications extérieures de laudanum sur le ventre 5

Des douches et des vapeurs émollientes dirigées sur la même partie.

On n’aura recours aux vésicatoires, aux sinapismes, que dans des cas très graves, par exemple, si ou remarque une prostration dangereuse.

On commencera par appliquer les sinapismes et les vésicatoires à la nuque, sur les extrémités.

Si les symptômes alarmants ne disparaissent pas, on les appliquera sur le ventre -, mais comme ce dernier mode de traitement n’est pas sans dangers, les mères de familles et les nourrices devront préalablement consulter le dentiste ou le médecin.

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