‹ Manuel d'instruction laique [microform]Chapitre 12 sur 47 · DE LA MORALE RELIGIEUSE · texte numérisé non relu

DE LA MORALE RELIGIEUSE

Q. — La religion chrétienne est-elle la source de toute morale ?

R. — Non, car elle ne contient aucune donnée morale qui lui soit propre et qui ne lui vienne des religions ou des philosophies qui la précédèrent ou raccompagnèrent.

Q. — Ce qui lui appartient en propre n'est-il donc pas moral? ,

R. — Généralement, non (1).

PAR RAPPORT A L'uOMME ET A LA FEMME

Q. — L Eglise regarde-t-elle Thomme comme doué d'une nature élevée et d'une haute moralité?

R. — Non. Le Seigneur s'écrie dès la Genèse : « L'esprit de Thomme et toutes les pensées de son cœur sont portés à mal dès sa jeunesse » (2).

Q. — Qu'est-ce que l'Église fait de la chair?

(1) Lessing a dit que ce qu'il y a de vrai cîans le christianisme n'est pas nouveau et que ce qu'il y a de nouveau n'est pas vr^i.

(2) Platon dit : « Tous les hommes, à commencer depuis Tenfance, font beaucoup plus de mal que de bien. »

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MANUEL D [NSTÎIUCTION LAÏQUK

R. — La chair lui est odieuse. C'est une abjection dans laquelle saint Augustin nous apprend qu'il y a toujours un serpent, nos sens et notre nature ; une Eve, qui est Tappétit concupiscible ; et un Adam, qui est la raison, trois choses également nuisibles et dangereuses. Aussi celui qui souille, qui torture le plus qu'il peut celte chair est-il des plus saints (1).

Q. — Comment TKglise considère-t-elle la femme?

R. — L'Eglise hait, exècre, abomine la femme. La femme est la cause du péché, elle est impure, elle est impudique. Le deuxième concile de Mâcon, tenu en 585, agita la question de savoir si la femme appartenait à l'humanité, et il ne se prononça pour l'affirmative que parce que Jésus-Christ est né d'une femme (2).

(1) Les plus grandes extravagances sont les plus nobles choses. Mortifier sa chair est une jouissance céleste; la mortification est la vraie clef du paradis. Les plus grands saints sont ceux qui se lavent le moins, et les adorateurs de la trimourti indienne sont dépassés (lire le recueil des Bollandistes, Vies des Saints), Jacques le Juste, un des frères de Jésus, ne but jamais, ne mangea jamais de viande, ne se parfuma pas et marcha toujours les pieds nus. Un autre, saint SiméonStylite : < ayant eu la pensée de s'éloigner des hommes pour demeurer incessamment avec Dieu, se bâtit, auprès d'Antioche, en 420, une colonne sur laquelle il demeura trente-trois ans, jusqu'àfsa mort. Jamais il ne s'assit. Les premières années, pour se soutenir, il se fit attacher à un poteau, mais il parvint à se passer de ce secours, et il demeura plusieurs années sur un pied, Tautre étant rongé par un ulcère. Il jeûnait souvent quarante jours de suite, et, dans les temps ordinaiies, il ne mangeait qu'une fois par semaine. »

Saint Labre a été canonisé dernièrement parce qu'il avait pourri sa vie entière dans la fainéantise, la saleté et la vermine.

(2) On a vu des conciles agiter la question de savoir si Dieu eût pu naître femme et le nier avec horreur.

0. — Quelle différence l'Église établit-elle entre rhomme et la femrr^.e ?

R. — L'homme a été fait h l'image de Dieu, maïs la femme a été tirée de l'homme. Dieu a créé l'homme pour lui, Dieu, mais la femme n'a été créée que pour l'homme. La Bible et saint Paul font assez entendre que la femme n'a absolument rien qui vienne de Dieu. Bossuet ne lui accorde d'autre valeur que celle « d'une côte surnuméraire ». Il est défendu à la femme de recevoir le pain de la Gène autrement que sur un linge préparé à cet effet, tandis que les hommes sont simplement invités à se laver les mains. Saint Paul déclare que « l'homme est le chef de la femme », Il ajoute: (( L'homme ne doit pas se couvrir la tête parce qu'il est l'image et la gloire de Dieu, mais la femme doit se couvrir la têtO) (1). Il dit encore: « Que la femme s'instruise en silence et en toute soumission. Je ne permets pas à la femme d'enseigner, ni de prendre autorité sur l'homme, mais je lui ordonne de demeurer dans le silence ». La femme chrétienne portera éternellement le poids des terribles paroles du Christ à sa mère : « Qu'y a-t-il de commun entre toi et moi, femme? » (2).

(1) On a un peu changé tout cela. Les hommes se couvrent autant la tète que les femmes, les prêtres ont de plus grands chapeaux que les autres hommes, et il y a des ordres de femmes enseignants:

(2) Après avoir avili ainsi la femme, TÉglise, dans un intérêt de secte, a entrepris de la relever, et n'est pas loin de la faire supérieure à Thomme. Voyez chez les marchands d'idoles ces Christs nus dont les chairs ont craqué aux genoux, aux coudes, aux épaules, qui ont la couleur verdâtre et bleue des cadavres en pleine putréfaction, voilà bien Timage du Christ d'aujourd'hui; mais à côté vous voyez la Vierge jeune, jolie, parée. La femme vit et rhomme est mort, mais ce n'en est pas moins contraire au caractère primitif de l'Église.

La vie de Thomme appartient tout entière au Seigneur auquel

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