‹ Manuel d'instruction laique [microform]Chapitre 23 sur 47 · ET A LA RAISON · texte numérisé non relu

ET A LA RAISON

Q. — L'Église accorde-t-elle à Thomme son librearbitre?

R. — Non, rhomme est lié à Dieu; celui-ci est partout et partout il est le maître de l'homme dont la volonté est dans sa main. Faire à sa volonté ne (tépend, comme le dit saint Paul, « ni de celui qui veut ni de celui qui court. »>

Q. — Si l'homme n'est pas le maître de ses actions, il ne dépend pas de lui de faire le bien ou le mal?

R. — Non, il ne dépend pas de l'homme d'être vertueux, cela dépend de Dieu.

Q. — Comment l'Église entend-elle la vertu?

R. — L'homme, d'après l'Église, n'est pas libre pour le bien, mais il est libre pour le mal. Pour faire le bien, il faut qu'il ait été touché de la grâce divine. Le livre de la Sagesse dit: «Quelqu'un parmi les enfants des hommes a beau être parfait, si la justice de Dieu ne lui vient pas en aide, il sera compté pour rien. » Dieu agit, d'après sa justice propre qui demeure impénétrable à nos faibles sens et lui seul peut connaître les fins de nos actions; il peut éclairer par miséricorde et aveugler par justice. La vertu pour l'Église c'est la grâce.

Q. — Être opposé au libre-arbitre, n'est-ce point condamner la raison humaine?

R. — Oui. Aussi l'Église la condamne -t-elle.

d'hommes de sang et de débauche; l'Église était perdue; et pour comble la papauté se trouvait mise à rencan comme les autres évêchés. » Eu Bretagne, les prêtres avaient jusqu'à dix femmes et même davantage.

«Lorsque l'homme vit selon l'homme, il est semblable au Diable li , dit saint Augustin. Bossuet convient comme il suit qu'on ne peut être raisonnable suivant la nature et raisonnable selon la religion: « Quand on s'attache ou tout à fait à la foi comme font les catholiques, ou tout à fait à la raison humaine comme font les infidèles, on peut établir une suite et faire un plan uni de doctrine, mais quand on veut faire un composé de l'un et de l'aulre, on tombe dans des opinions dont la contrariété fait voir la fausseté toute manifeste. » Lacordaire avoue également deux r^fisons : <( Et maintenant il est manifeste qu'il existe dans l'humanité deux raisons : la raison humaine et la raison catholique ; un double foyer de vie et d'activité tellement différents l'un de l'autre qu'un acte sage au point de vue de la raison catholique peut être insensé au point de vue de la raison humaine, et réciproquement. » La raison catholique est donc la négation de la raison humaine, et cette dernière raison est formellement condamnée par l'Église.

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