‹ Manuel d'instruction laique [microform]Chapitre 22 sur 47 · PAR RAPPORT AU CLERGÉ · texte numérisé non relu

PAR RAPPORT AU CLERGÉ

Q. — L'histoire du clergé rend«elle ses membres respectables et son institution morale?

R. — L'institution du clergé (i) n'a rien d'immoral en soi, mais l'histoire de la Rome papale « cette forme de gouvernement inspirée par Tabsolutisme le plus brutal qui fut jamais, » remplie des nombreux crimes des papes, n'offre rien d'édifiant. Il en est de même des conciles dont « la lecture » dit Bayle (2) <( ferait cent fois

soane. Arrêté, on lui coupa la langue, on le pendit et on le brûla le 19 février 1619. En allant au supplice, il disait ; « Le Christ sua de peur et de faiblesse et moi, je meurs intrépide. » Vanini fut un ennemi déclaré de la foi chrétienne.

(1) Clergé ; choisis au sort, Clérotes, nom qui lui vient des anciennes congrégations grecques, ëranes ou thiases.

Les religions de TOrient établies dans la Grèce, après en avoir reçu l'autorisation du conseil et du peuple, s'étaient plus ou moins bien conservées. Elles donnaient naissance à des thiases ëranes religieux et orgéons, associations qui (au contraire des religions indigènes qui n'admettaient qu'une famille ou qu'une tribu) étaient ouvertes à tous, aux femmes, aux étrangers, aux affranchis, aux esclaves, ils préparaient ainsi leurs adeptes à recevoir la religion qui viendrait de FOrient (ces points sont remarquables par rapport au christianisme). Ces thiases avaient une administration commune et des banquets symboliques.

(2) Bayle (Pierre), né à Cariât, comté de Foix, le 18 novembre

plus d'incrédules que de chrétiens. Il n'y a point d'histoire qui fournisse plus de sujets de scandale, ni un théâtre plus choquant de passions, d'intrigues, de factions, de cabales, de ruses, que celle des conciles. » Toutes les violences, toutes les haines, toutes les vengeances, le meurtre, Tinceste joint à la cupidité, « ce vice caractéristique du clergé, » sont le propre de la société cléricale. Dès que le christianisme est assis dans l'État, le clergé développe un luxe inouï et appelle Jes matrones romaines qui, ruisselantes de diamants, se font traîner à l'église dans un char doré entouré d'esclaves. A l'église les hommes ont d'abord été séparés des femmes ; ils se sont réunis, et se sont livrés, sous les yeux du clergé, à toute sortes de corruptions. L'Église de Rom.e, celle d'Orient, celle d'Afrique, présentent les mêmes vices. A Carthage, des jeunes gens sollicités par les prêtres s'en vont, revêtus d'habits de femmes, provoquer dans les églises à des voluptés immondes. En Italie, en Espagne, en France, le Moyen Age étonne le monde par les prodiges de débauche de ses couvents, de ses monastères, par sa corruption et ses crimes (1). Plaisirs, fortune, domination, voilà la moralité du clergé.

1647, mort le 28 décembre 1706. 11 devint disciple de Descartes. Le bourreau ayant brûlé sa Critique générale de l'histoire du calvinisme, du P. Maimbourg, sa réputation en fut établie. C'est un syncrétiste sceptique qui publia des commentaires sur ces paroles de TÈvangile : « Contrains-les d'entrer; » et un bien remarquable dictionnaire historique et critique (1699).

(1) u Le clergé, a dit Montesquieu, est une famille qui hérite de toutes les autres et dont aucune n'hérite. »

Sous Henri P% le clergé était marié, simoniaque (simonie, trafic des choses sacrées, mot qui vient de Simon de Gitton qui demanda aux apôtres Pierre et Jean de lui vendre pour de l'argent le droit de conférer avec le Saint-Esprit et de faire des miracles), « vendu aux princes, composé presque entièrement

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