‹ Manuel d'instruction laique [microform]Chapitre 33 sur 47 · DES OFFENSES · texte numérisé non relu

DES OFFENSES

Q, — L'homme pent-il faire du mal à un autre

homme?

R. Non, rhomme ne doit faire de mal à personne»^

Q. La guerre entre les hommes est donc condamnable?

H, . La guerr^e est une abominable calamité. Létat

naturel de Vhomme est la paix qui lui permet de vivre en relations cordiales avec les hommes de toutes les villes et de toutes les nations et de se livrer tranquillement à son industrie. La guerre est une surprise ou une vengeance. Comme surprise, elle est assimilable au guet-apens et aussi préjudiciable à celui qui se défend qu'à celui qui attaque; comme vengeance, elle nuit autant au vainqueur qu'au vaincu et éternise l'antago» nisme établi ainsi; en déplaçant seulement le désir de la vengeance. Aussi n'est-il pas philosophiquement bon de se venger. Khoung-tseu dit : « Le sage se venge par des bienfaits ». Pittacus (1), un des sept sages de la Grèce, était d'avis que « La clémence est préférable aux remords de la vengeance, » et il ajoutait : « Ne médis pas de tes amis, non pas même de tes ennemis. » Diogène Laërce (2) rapporte : « qu'on doit obliger ses amis pour se les ren«ire plus intimes, et ses ennemis pour

(1) Pittacus, né à Mytilène 652 av. notre ère. On lit dans Diogène Laërce plusieurs préceptes qui font foi de sa sagesse.

C2) Diogène Laërce, de* la ville de Laërte, en Cilicie, dut vivre S0U8 Septiœe Sévère et Caracalla. U a laissé un ouvrage qui ^ contient la vie, les dogmes, les dits, des anciens philosophes.

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s'en faire des amis(l). t> Un jour, on disait à Diogène (2) : « Apprends-moi par quel moyen me venger? » Le Cynique répondit : « En devenant plus vertueux. » On trouve ceci dans le livre des Brahmanes : (( Le devoir du juste exige que non seulement il pardonne à son meurtrier, mais encore qu'il lui fasse du bien au moment même où celui-ci le tue, ainsi que rarbre de santal qui, au moment où il tombe, parfume la hache qui la frappé. » Les anciens condamnaient l'a guerre et cherchaient, quand elle éclatait h la rendre moins barbare. On voit Gicéron tenir le même langage que Zenon (3). Les stoïciens considéraient la terre

(1) Quel esprit de mansuétude, de pardon, de charité et d'amour rè^ne dans la philosophie antique! Comment a-t-on osé déclarer que la charité était une vertu essentiellement chrétienne, quand Jupiter est le Dieu de l'hospitalité, quand on doit recevoir en son nom les étrangers et les suppliants, <. les vénérables indigents », ceux qu'il fallait retraiter comme des frères» quand il n'y avait pas un Dieu qui n'enseignât qu'il fallait s'aider les uns les autres !

(2) Diogène le Cynique, né à Sinope, ville d'Asie Mineure II porta à l'excès le mépris des richesses et des usages reçus D disait communément que toutes les imprécations des tragiques s'étaient réalisées en lui parce qu'il était exilé, sans patrie sans habitation, errant, et vivant au jour le jour en mendiant son pain.

(3) Zenon, né à Cittium, dans nie de Chypre, vers l'an 358 av notre ère, mort vers 260. C'est le fondateur du stoïcisme. Élève de Cratès et disciple de Diogène, il rejeta bientôt toutce que l'école cynique contient de mépris pour soi-même, pour les usages et de dédain pour les recherches intellectuelles. Il garda de 'ses maîtres le renoncement aux besoins factices, au superflu, la domination sur soi-même, l'empire sur ses passions. Après avoir passé vingt ans dans l'étude, il se mit à enseigner sous le beau portique de l'agora, stoa, d'où on nomma les stoïques ceux qui firent profession d'une vie frugale et d'une grande pureté de mœurs.

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MANUEL d'instruction LAÏUTI:

MANUEL D INSTRUCTION LAÏQUK

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comme une même cité, le genre humain comme une même famille (1).

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