DE L ENFANT
Q. — La loi antique n'avait-elle pas exagéré l'autorité paternelle?
R. — La loi antique avait exagéré l'autorité paternelle « sachant bien » comme le disait l'empereur Adrien (1) « que cette autorité gît dans l'amour et non dans l'atrocité. )> A qui donc confier un fils si on ne le confie pas à son père? Quel juge sera jamais plus enclin à pardonner, plus prêt à reculer devant le châtiment? La loi antique abandonnait l'enfant à celui qui est le plus capable de l'aimer, au père, sous les yeux de la mère toujours prête à intercéder en sa faveur. L'antiquité a confiance dans la nature de l'homme et dans l'amour filial et cette confiance va si loin que Solon (2) n'édicta pas de peines contre le parricide « parce qu'il ne croyait pas que ce fût un crime possible? »
Q. — Quels sont les devoirs des enfants envers leurs parents?
(1) L'empereur Adrien, 14« empereur des Romains, an de Rome 829 (an 76 av. notre ère). II avait un infatigable désir de connaître. Son secrétaire était l'historien Suétone.
(2) Solon, né en 638, mort en 558 avant notre ère II fut „„ des sept sages de la Grèce et le législateur d'Athènes, et un sslZ véritable qui sut allier la raison et les productions sérieusp! aux productions légères et aux plaisirs. Il se mêla des affaire, publiques lors de la guerre entre Athènes et Mégare. Les Ath' niens, découragés par leurs revers, avaient défendu de iamaî^" prononcer une parole ni produire un écrit pour revendiquer la possession de Salamine. Solon contrefit l'insensé et les ensa^^s, à continuer la guerre. Les Athéniens vainquirent à la fin et Solon fut nommé archonte. Il refusa la tyrannie quand elle lui fut offerte et mit fin aux troubles qui désolaient TAttiaue II donna ensuite ses lois. '
MAXUEL d'instruction LAÏQUE
R. — Les enfants étant dans la relation la plus étroite avec ceux dont ils ont reçu le jour, la nourriture et l'éducation, sont tenus d'observer vis-à-vis de leurs parents V obéissance, la déférence, le respect et rhonneur, et ils doivent leur rendre tous les services, . leur donner tous les secours, qu'ordonnent leur situation et leur reconnaissance.
DE LA FAMlLLi:
Q. — Qu'est-ce que la famille?
R. — La famille est une société domestique qui constt- i
La famille.
tue le premier des états naturels de ïhomme; c'est aussi une société civile établie par la nature. Elle se com-
pose intrinsèquement du mari, de l'épouse et des enfants, et extrinsèquement des aïeux, collatéraux et alliés.
Q. — Doit-on aimer la famille?
R. — On doit aimer la famille par-dessus toutes choses (1).
DE l'amour DU PROCHAIN
Q. — L'homme doit-il aimer son prochain?
R. — Il le doit et il l'aime en effet. V amour du prochain est de tous les sentiments le plus juste et le plus utile. Et le sage chinois Khoung-tseu nous a le premier appris que : « Il faut aimer son prochain comme soimême, »
(1) « Ce qui unit les membres de la famille antique, dit Fustel de Coulantes, c'est quelque chose de plus puissant que la naissance, que le sentiment, que la force physique : c'est la religion du foyer et des ancêtres. Elle fait que la famille forme un corps dans cette vie et dans Tautre. La famille antique est une association religieuse plus encore qu'une association de nature. L'ancienne langue grecque avait un mot bien significatif pour désigner une famille: on disait ce gvi est auprès d'un foyer. Une famille était un groupe de personnes auxquelles la religion permettait d'invoquer le mémo foyer et d'offrir le repas funèbre aux mêmes ancêtres... L'homme, après la mort, était réputé un être heureux et divin. Une famille qui s'éteint, c'est un culte qui meurt. Il faut se représenter ces familles à Tépoque oii ces croyances ne se sont pas encore altérées. Chacune d'elles possède une religion et des dieux, précieux dépôt sur lequel elle doit veiller. Le plus grand malheur que sa piété ait à craindre est que sa lignée ne s'arrête. Car alors sa religion disparaîtrait de Ja terre, son foyer serait éteint, toute la série de ses morts tomberait dans l'oubli et dans l'éternelle misère. Le grand intér('»t de la vie humaine est de continuer la descendance pour continuer le culte. »
DE l'antagonisme, DE LA GUERRE ET DU PARDON