‹ Manuel d'instruction laique [microform]Chapitre 5 sur 47 · DU CHRISTIANISME, — JÉSUS · texte numérisé non relu

DU CHRISTIANISME, — JÉSUS

Sur qui a-t-on fondé la religion chrétienne?

R. Sur Jésus (1) dit le Christ.

Q. — Qu'est-ce que Jésus- Christ?

R. — Un homme (2).

Q. — Où est-il né?

R. — On croit qu'il naquit à Bethléem.

Q. — Quelle était sa famille?

R. — Son père était un artisan pauvre et chargé de famille ; la mère de Jésus, que les livres orientaux, qui seuls en parlent, représentent comme une femme de mœurs légères, ayant eu six enfants.

Q. — Est-il possible d'établir exactement la vie de Jé-

Uaspect du Christ n'était pas ^

beau; il n'avait ni forme ni ^"^*

fïioire. R. — Nou, Cette vic fut ob-

(1) D'après Jacolliot, on trouverait dans les livres hindous : Zeus, Jeus, Tzeus^ Jésus [Dyaus). Brahma est victime dans son fils Crischnay et dans le Sâmaveda, Crischna se sacrifie lui-même pour nous sauver et le prêtre qui oflîcie est Crischna personnifié.

(2) « Son aspect (au Christ) n'était pas beau... Il ressemblait à une mnigre racine dans un sol altéré; il n'avait ni forme, ni

gloire. >»

scure jusqu'à son apostolat et peu connue pendant qu il l'accomplit, et, après qu'il l'eut accompli, il fut crucifié ayant un peu plus de cinquante ans (1).

Q. — Quelles sont les idées déjà connues qu'on dit Être absolument propres à Jésus?

R. Il est impossible de les dégager entièrement des idées de ses disciples.

Q. — Ce qu'on lui attribue est-il clair?

R. — Non, car il se contredit souvent et n'est jamais bien déterminé; de plus, il ne parle que par paraboles, c'est-à-dire dans un langage figuré qu'on peut interpréter dans des sens différents.

Q. — Pourquoi Jésus parle -t-il par paraboles?

R. — Parce que cette manière de s'exprimer, habituelle aux hébreux, lui permet d'abuser plus aisément

le peuple.

Q. — Abuse-t-il sciemment le peuple?

R. Peut-être, car il avoue qu'il s'adresse aux Israélites « afin qu'il voient sans voir et qu'ils entendent sans comprendre, de peur qu'ils ne se convertissent et que leurs péchés ne leur soient pardonnes. »

Q. — Quel était le but de Jésus lorsqu'il commença sa carrière messianique?

(1) D'après saint Irénée, le Christ vécut plus de cinquante ans; Irénée tenait cette tradition des disciples de Jean, qu'il avait connus dans sa jeunesse et qui, eux- méiiie&, l'avaient recueillie de la bouche du compagnon de Jésus.

La date de la naissance de Jésus est encore plus obscure que celle de sa mort. Certains la fixent au 6 janvier, d'autres au 6 avril. C'est Denys-le-Petit qui indi<^ue la date du 25 décembre, date qui fut adoptée en l'an 137 lorsqu'on substitua la Noël aux paganelia de Servius Tullius. L'année est aussi incertaine que le mois, on ne sait encore aujourd'hui exactement sous le consulat duquel des Pison on la pourrait placer.

manu1':l n instutction laïoi'e

R. ' — Son but était d'épurer la religion hébraïque et d'abaisser la secte toute-puissante des pharisiens.

Q. — Songeait-il à émettre de nouvelles doctrines?

R. — 11 ne pensa pas à substituer une nouvelle doctrine à l'ancienne et ne présenta même pas de solution plus satisfaisante des problèmes ardus de la métaphysique qui se posaient depuis des siècles dans les sanctuaires et dans les écoles.

Q. — Jésus ne pensa-t-il point à immalérialiser l'âme?

R. — Non, Jésus ne pensa pas à immatérialiser Tâme et la plupart des pères de la primitive Église, qui faisaient Dieu lui-même corporel, n'y pensèrent pas davantage (1).

Q. — S'attaqua-t-il au culte établi?

R. — Non, il ne s'attaqua ni aux croyances ni aux rites établis.

Q. — Qu'est-ce que Jésus proclama?

R. — Le monothéisme pur, tel que l'avaient proclamé les prophètes.

Q. — Quel titre se donna-t-il?

R. — Celui de Messie.

Q. — Quel était la valeur de ce titre?

R. — Jésus n'attacha à ce titre d'autres prérogatives que celles qui convenaient au plus grand des prophètes, au roi théocralique que les juifs attendaient (2).

(1) Pendant les trois premiers siècles, TÉgUse professa Topinion de Tertullien, qui en fait même un dogme de foi, que les âmes sont corporelles; elle croit que l'âme sans le corps ne peut plus rien sentir. Beaucoup plus tard, au XIV« siècle, le pape Jean XXII renouvela cette opinion que les âmes des justes n'arrivent au Paradis qu'après la résurrection des corps.

(2) LVaprès Strauss, Messie et Christ sont termes synonymes. Dans rÉvangile de Jean, il est dit : « Nous avons trouvé le Messie, c'est-à-dire le Christ, » dans saint Luc « il y aura de faux

Q. — La prédication de Jésus ne se distingua-t-elle donc par aucun caractère particulier?

R^ Si, car elle tendit à établir cette différence entre le judaïsme et le christianisme: le premier culte insistait sur la justice vengeresse de Dieu, le second fit plutôt ressortir la bonté et la miséricorde divine.

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