‹ Manuel d'instructions et de prièresChapitre 25 sur 89 · ARTICLE II · texte numérisé non relu

ARTICLE II

Divers degrés et application des indtUgenees.

JD. Une indulgence quelconque suffit-elle pour délivrer le pécheur de toute dette envers Dieu?

R. Non. L'Eglise étant maîtresse de restreindre ou d'étendre ses faveurs , accorde à son gré des indulgences partielles ou plénières.

D. En quoi diffèrent entre elles l'indulgence partielle et l'indulgence plénière?

R. Ainsi que l'indique leur nom , la concession de i'indulgence partielle ne s'étend qu'à une portion de la dette f tandis que Viad\ji\^eiTie^ ^Vèxà^T^^^Njyai tonte

Dtf l\rghigonfrérie. 317

la grâce capable d^acquitter la totalité de la peine qu^on anrait eu à souffrir soit durant la yIc , soit dans le Purgatoire.

D. L'Église, en accordant aux chrétiens ce moyen d'apaiser la justice de Dieu , les exempte donc des autres œuvres satisfactoircs?

A. L'intention de TËglise est de ne les accorder que pour suppléer à ce que notre pénitence aurait d'insuffinnt malgré nos efforts , de même que celui qui fait Faumône se propose d'aider la misère des pauvres el non de favoriser la lâcheté des oisifs ; et que s'il lui était donné de distinguer comme Dieu le fait entre les ans et les autres, il limiterait ses secours aux premiers U'exclusion des autres.

D. Puisque Tindulgcnce a cette veiiu, il semble qu'elle doive dispenser celui qui l'a gagnée de recourir aux œuvres de pénitence?

li. Outre que le désir d'imiter Jésus-Christ souffrant pOQr nous, et l'importance, la nécessité de la mortiff- Cftion chrétienne pour prévenir le péché seront à tout dirétien un motif suffisant de pratiquer la pénitence; il n'est donné à personne de connaître sûrement s'il a Traiment satisfait aux conditions nécessaires pour gagner l'indulgence. Aussi le Saint-Esprit, dans les livres saints, nous recommande de n'être jamais sans inquiétude sur les péchés dont nous avons reçu le pardon.

D. 11 y a donc des circonstances où le pécheur, quoique bien disposé d'ailleurs, couri risque de ne pas gagner l'indulgence plénière?

R, Oui, il y a des circonstances dans lesquelles Fâme, quoique en état de grâce, peut ne pas gagner rindulgence plénière accordée par l'Église. Pour com« prendre cette réponse il faut considérer que l'vwdvA.geocc est une faveur qui ne s'accorde (\w'a c^x\aÀx!ifi&

318 HAIfUEL

conditions , et que c'est de Taccomplisseinent plein et entier de toutes les conditions imposées pour une indulgence quelconque que dépend le gain de cette indulgence.

D, Quelles conditions sont ordinairement imposéei pour gagner une indulgence?

R, D'abord et pour toute indulgence soit pléniàn, soit partielle, il faut être en état de grâce, afoirli conscience purifiée de tout péché mortel , et le cœnr détaché de toute affection au péché véniel; ensuite 11 faïut accomplir les œuvres extérieures prescrites pir rÉglise et à Taccomplissement desquelles rindulgaoci est attachée. 11 faut, en outre, en accomplissant M œuvres , avoir le désir de Tindulgence , les ofi&ir àDin i dans cette intention , et la lui demander avec déyotion*

D. Quelles œuvres TÉglise impose-t-elle le plus or* dinairement?

R. La confession, la sainte communion, Fassistanoe à certains offices ou prières publiques, des aamôotf, des jeûnes, des prières particulières , enfin la partid* pation à des œuvres pieuses qui ont pour but le UeB de rÉglise, celui de TÉtat, ou la pratique de la cbi^ rite à regard des pauvres.

D. Quelles sont les conditions attachées aux induis gences accordées à rArchiconfrérie du saint CkBur ^ Marie pour la conversion des pécheurs?

R. Le Saint-Père, Grégoire XVI, accorde plusieii^ indulgences plénières ^ A toutes il attache laconditi^' de la confession et de la communion. Il accorde enco^ i^ une indulgence partielle de cinq cents jours att^ chée à l'assistance dévote à la messe du samedi et à ^ prière qui y est faite pour la conversion des pécheur^

* lions en dwuwwiiiU)àirtfc^\iiwàfi»^t^»fc\^^

DB l'arghiconfrërie. 31(1

ts les fidèles qui assistent avec pieté à Toffice e rArchiconfrérie qui se célèbre le soir une Qce de cinq cents jours; 3« N. S. P. le Pape par son rescrit du 19 décembre 1849, accorde ulgence de deux cents jours à tous les ûdèles et Tautre sexe toutes les fois qu'ils visiteront lent Téglise de Nolre-Dame-dcs-Victoires, à Pa- [u'ils y réciteront avec un sentiment sincère de m de leurs pécliés , devant Fautel de TArchi- 6 dédié au Cœur immaculé de Marie, un Pater ')e. n n'y a pas d'autres conditions attachées à » indulgences partielles.

y a-t-il point encore quelques prières que Ton ire pour obtenir Findulgence?

il, pour les indulgences plénières, les souverains exigent presque toujours que Ton prie aux inde TËglise. Savoir : la paix, Texallation de la llglise catholique, la propagation de la foi et srsion des infidèles, Textinction des schismes érésies, la paix, la concorde entre les princes is, et les grâces nécessaires à notre Saint-^Père Il n'y a point de formule de prières déterminée ^se pour acquitter cette obligation. On peut y e à volonté par la récitation des litanies du saint Jésus, de la sainte Vierge, de quelques psaumes, aa partie du chapelet, ou toute autre prière à ix, pourvu que ce soit une prière vocale, et i fasse aux intentions ci-dessus exprimées , ou is aux intentions voulues par notre Saint-Père . Les fidèles ont coutume d'acquitter cette obli- MIT la pieuse récitation de cinq PcUer et de cinq cela suffit. Cependant, pour aider la piété des nous donnerons à la fin de ce petit livre^ et aa

320 ■ÀKUEL

toutes les intentions qui doivent, dans cette droonstance , occuper leur esprit et leur cœur.

D. Quand la confession est prescrite ponr gagner rindulgencc, est-il nécessaire de se confesser le jour la veille de Tindulgcnce?

B. Le pape Clément Xlll, dans son induit du 9 dé

cembrc 1763, permet aux fidèles, qui ont la pieua— i habitude de se confesser tous les huit jours , de rindulgence plénière qui se rencontre dans cet ii valle , pourvu qu'ils n'aient pas perdu la grâce sanctifiante pai* quelque faute grave depuis leur demièi confession. Cette concession n'appartenait qu^aux pieuses qui s'approchaient du tribunal de la tous les huit jours. Les autres fidèles devaient se fesser le jour ou la veille de l'indulgence. Mais le Saint- Père Pie Vil , par un décret du 12 juin 1822, accorde même facilité à tous les fidèles en général, pomii^ qu^ils n'aient pas perdu la grâce depuis leur demièr^Pconfession. Ainsi il suffit qu'on se soit confessé dan^ les huit jours qui précèdent. Les fidèles du diocèse der Paris jouissent d'un privilège qu'ils doivent à la pieus(^soUicilude de leur premier pasteur. Mgr de Quélen,. archevêque de Paris, a obtenu du Saint-Sicge un induit qui permet, pour son diocèse, aux fidèles qui sont dans l'usage de se confesser tous les quinze jours, de gagner l'indulgence plénière , pourvu que dans cet intervalle ils se soient maintenus en état de grâce, et qu'ils accomplissent les conditions imposées.

D. Vous avez dit que le gain d'une indulgence dépend absolument de l'accomplissement entier de toutes les conditions imposées par l'Église ; il s'ensuit donde là que l'omission d'une seule condition occasionnée par ignorance, inadvertance, ou tout autre motif exempt de péché , priverait de Vmd\yi^<^\ic&^

DB l'archiconfrérie. 321

JR, Si romission était sensible par rapport à ce qui ist prescrit, par exemple de la prière pour FÉglise, de a visite de certaines églises, quand elle est prescrite, le rintention de gagner Tindulgcnce pendant les actes [Oj peuvent la procurer, Findulgence ne serait gagnée i en totalité, ni en partie, car elle dépend de la volonté u supérieur, et la volonté du supérieur est subordonlée aux conditions apposées par lui. Mais si Fomission tait si peu de chose , qu'au jugement des honunes pruents elle dût n'être comptée pour rien ; par exemile romission involontaire d'un ou deux Ave Maria j Mxa la récitation du chapelet, n'empêcherait pas de ligner Findulgence attachée à sa récitation générale; è même Fomission de quelques mots dans les prières ii^on foit pour obtenir Findulgence plénière, ne paraît •s devoir y mettre obstacle, parce que la condition rescrite est véritablement remplie de la manière que ft supérieur est censé Favoir voulu , et comme il a dû irisoQiiablement le vouloir. (Réponse extraite du Traité Scg Indulgences de Mgr Bouvier, évêque du Mans.)

D. On s'étonne de la multiplicité des indulgences, le la facilité des moyens proposés pour acquérir une prftoe d'un si grand prix ; et on trouve qu'il n'y a pas le rapport entre la grâce et les moyens.

il. Ge qui étonne ici ne devrait exciter que la reconlaissance et Fadmiration. C'est la miséricorde imnense, infinie du Sauveur Jésus qui prend toutes les tarmes et qui se multiplie pour s'insinuer daus les fanes des pécheurs, en guérir et cicatriser les plaies. Qet ëkonnement qui fait scandale pour quelques chrétiens vient chez eux de défaut d'attention , ou d'ignorance de la doctrine des indulgences. Les hommes ont ies dispositions diverses , sont placés tous daiS\% di^ potiiiaafi différentes. Tel peut user de \e\ losy^^ia «^^

tel autre ne peut pas employer. L'Église qui , comme Jésus-Christ , veut et doit travailler à sauver toutes les âmes, TËglise a donc dû multiplier un moyen de salut aussi abondant que les indulgences , le mettre tellement à la portée de ses enfants, qu'il n'y en ait aucun qui ne puisse l'employer sous une forme où sous une autre.

Mais les moyens employés ne sont point en rapport avec la grâce. Eh! quelles sont les œuvres humaines, toutes bonnes qu'on les supposera , qui peuvent entrer en comparaison avec la grâce de Dieu? Ah! les bonnes œuvres qu'auraient pu faire tous les honunes depuis la chute d'Adam jusqu'à ce jour , réunies à toutes celles que tous les hommes pourraient opérer jusqu'à la consommation des siècles , ne pourraient par ellesmêmes produire la grâce qui opère le pardon des péchés et sanctifie l'âme. Qu'on ne s'arrête pas à l'écorce, et on verra que la racine de l'indulgence ne consiste pas dans l'œuvre extérieure , la pratique prescrite par l'Église, qui n'en est que la condition et l'occasion, mais dans la contrition, la pénitence du péché, sa confession , l'absolution qui rellace et la grâce qu'elle produit. Ces trois actes, la contrition, la pénitence et la confession du péché ne sont point méritoires par eux-mêmes du pardon des péchés, mais ils le sont devenus par l'institution de Jésus-Christ, et par là grâce que sa divine miséricorde a daigné leur attacher. Or, c'est à ces actes accompagnés de certaines conditions qu'il appartient à l'Église de déterminer , d'imposer, qu'elle a attaché la participation plus ample aux mérites de Jésus-Christ qui opèrent dans l'âme bien disposée l'abolition pleine et entière de la peine méritée par le péché. Ainsi l'Église a donné à la rémission de la peine due a\x ^V^ ^ ^Qi<DL\.\bKarCVa^

DE L*À&GHIGONFRÉRIB. 323

loi a confié le pouvoir, la même base que le Sauveur Ini-même a donnée à la rémission même du péché. Ce ne sont donc point les actes extérieurs seuls du pénitent, mais la grâce sanctifiante qui les accompagne , qui incline vers lui la divine miséricorde , et applique à son âme la grâce spéciale de Tindulgence en vertu de la divine promesse : tout ce que vous aurez délié sur la terre sera délié dans le ciel.

B. Quand on a eu le bonheur de gagner une indulgence plénière, peut-on s'en tenir là, et ne plus se mettre en peine d'en gagner d'autres?

A. Non, certainement, et pour plusieurs raisons.

i** Parce qu'on ne peut guère acquérir la certitude qu^on a gagné l'indulgence plénière dans toute son étendue. En effet, on s'est disposé par un sincère repentir, par une bonne confession à recevoir l'absolution. L'absolution a effacé le péché, a racheté de la peine étemelle, a diminué la peine temporelle due au péché. liais il reste à acquitter une sonune de cette dernière dont nous ne connaissons point la quotité. On accomplit, pour en obtenir la rémission, toutes les œuvres, les pratiques commandées. Mais qui peut se flatter de s'en acquitter avec la ferveur , la charité , capables de désarmer entièrement la justice divine?

Bien certainement Dieu , dont la miséricorde est in finie. Dieu dont la charité ne laissera pas sans récompense le moindre effort fait par lui , accordera une diminution de la peine encourue. Mais qui oserait se croire certain d'avoir assez fait pour obtenir la rémission eutière? Personne ne peut savoir s'il est digne d*amour ou de haine? 11 est donc important de recourir le plus souvent possible à ce précieux secours.

2® En supposant que nous ayons gagné l'indulgence plénière > il est encore bien imporVanl ^out ivq»\x% ^^

324 MAinna

recourir à ce moyen. Nous sommes exposés à chacan des instants de notre vie à contracter de nouvelles dettes envers la justice divine, et souvent le jour qui nous a vu recouvrer la grâce ne se termine pas sans que nous nous soyons rendus coupables de quelqae faute vénielle qui nous rend dignes des peines temporelles dont Findulgence nous procure rabolition.

3^ Enfin, ce n'est pas seuleniient pour nous, mais encore pour les fidèles défunts, que nous pouvons gagner les indulgences. En appliquant à la détresse de ces saintes et malheureuses âmes le fruit et les mérites des indulgences , nous pouvons soulager leui*s besoins, et, sinon faire cesser leur captivité, au moins en diminuer la durée. Et, sous ce dernier rapport, nous devons faire nos efforts pour leur mériter ce bonheur le plus souvent possible.

D. Quelles âmes parmi celles des fidèles défunts pouvons-nous soulager par la voie des indulgences, et quelle espèce de secours pouvons-nous leur procurer?

R. Ce sont les âmes du Purgatoire, c'est-à-dire les âmes des fidèles qui, morts en état de grâce, ont cependant encore à satisfaire dans le Purgatoire avant de pouvoir être admises à jouir du bonheur de posséder Dieu dans le ciel.

Les secours que nous leur procurons par Tindulgence consistent en ce que les mérites de Notre-Seigneur Jésus-Christ et des saints offerts pour elles par l'Église, suppléent à l'impossibilité où ces iimes sont désormais de mériter pour elles-mêmes , et apaisant ainsi la justice divine en leur faveur, leur ouvrent plus tôt les portes du ciel.

Ainsi il est de foi que l'Église a reçu de Jésus-Christ le pouvoir d'accorder la grâce des indulgences au peupie chrétien ; qu'elle a usé d^ cfc ^\wq\i: depuis son

DE l'archigonfréiue. 325

Dslitution jusqu'à nos jours. Que rindulgence , selon les diiiérents degrés , est une diminution ou une re« mise entière de la pénitence que nous avons encourue parle péché , qu'elle peut être appliquée au soulagement des âmes du Purgatoire. Que pour la gagner, il fant être en état de grâce et remplir exactement toutes leB conditions qu'impose le supérieur ecclésiastique qui ttcorde l'indulgence.

Page 1