PÉCHÉS CONTRE LE PROCHAIN
Sous combien de différents aspects tu pourrais, ô mon âme , avoir outragé celle \o\ §\ibUme d'amour qui doit t'unir si ^troitemcnlkloxx^Ve?. Itex^'^X
DE L*ÀRCHIGONFRfiRIC. 395
Tes-tu réjouie de la misère de Tinfortuné, ou f es-tu surprise affligée de la prospérité du prochain?
N'as-tu point nourri quelque animosité, quelque ressentiment en toi-même? avec des lumières suffisantes pour donner un salutaire avis , n'en as-tu point donné de nuisihles, de dangereux même?
Aurais-tu dégoûté, détourné ton frère de tenter ou de couronner une bonne œuvre?
As-tu ménagé le caractère? as-tu surtout, ô mon âme, xespecté la réputation des absents?
Par un jeu méprisable , n'aurais-tu point tourné en dérision, ou, par une noire malignité, reproché même <les défauts naturels?
N'as-tu point été pour les autres un sujet de scandale? xe les as-tu point portés, entraînés au péché?
Redevable au prochain , n'as-tu point eu la basse et ^honteuse impudence de nier la dette, ou, sous de vains, 4e frivoles prétextes, n'as- tu point différé de l'acquitter?
PÉCHÉS CONTRE NOCS-MÉ.IIES.
0 mon âme, replie-toi, retourne sur toi-même; quel nouveau sujet de honte et d'alarmes?
N'aurais-tu point conservé, soit une pensée, soit un sentiment, soit un désir, que la sainte pudeur proscrirait?
Obligée de veiller à la conservation de ta dépouille mortelle, ne l'aurais-tu point flattée , ne lui aurais-tu point permis des excès, ou dans la qualité, ou dans la quantité des aliments?
N'aurais-tu point voulu t'innocenter à tes propres yeux, sur la recherche, l'élégance dans les habits ; sur la superfluité dans l'ameublement; sur mille dépenses inutiles et frivoles?
^,,. MIL .".riir, avec l'aveu à<:-eret que
f,î-.rïi:'iî*i 5ur la jii'îtesse «ic? reproches
^ ..^iiiuiife? , n'auraiï-tii t*.»inl cherché
♦If» . — » s
un; ^'*iac excuse ou d'une justilication
.nwtei^'L'e présomptueuse ne t'es-tu point ,,,|..,ri::iL JLU péril du péclié?
,^u'. iussê reposer sur les lèvres des paroles ,t -iMiierces, mensongères?
^.wi û'oi-it annoncé dans tes traits, dans ta i,c. »::i..ncé «îans tes paroles précipitées, brus- «t'i, rebutantes, insultantes même, un caru> jijauent, colère et opiniâtre?
XVRtS L*EX\ME.\.
^otflo du jMjids de mes remords, aussi effra\é qu'in- ^ .outre moi-îiirme . je ne puis a^-^ez m'élonuer , .a loi ne Soit pas ételr.îe , i[ue t. ni sentiment de V ioi sainte, ô mon Lûeii, V;c r-Ai pa-î enti-Jro:i!L'nt ,.;io i.îaiîs l'àir.s? la i-lu- irçKJj et l\ \A\:> cri:.iint'l:j! ^' ".«lus tendre 'ie- pi^loiii-, j".ii •Jt».' li brclûs inii- ,4C, îit.iis dai-iiez ^.hciclici- v.tic- sorwL ir. Je* n'avais ^.ait oublie \vS coir.min !oîiîj:;t< ; et ^vej cette précuse connaissimce , j'ai îu m'eç.irer si l!j:î^:oin:<! i v|uellos voies, jrand lùcii, ijue celLs oii j\ii niarehc! c luo suis perdu, {Xiive que je v.:u> ai j'eii-u. «.» véiiîé .^ui présid-jz à toutes ch-. ses ! je voi!< ai p :rvlue , îm-lj que j'ai ^oulu conserver en moi avec v«..ris . tout ce «lui n'est qu'illusion et ^aniîé . et v.jus ne soiillïvz i^cl< qu'on \ous possède avec le mon? .-n je. Et où ai-je clé en vous ahaudoimarit . ù Père si pl^rin de douceur, sinon à ▼ous-nièn.e, ô Ju-e iiriîé et plein de colère? Hui me doutieia de v.'.ouiwviv i ^ous? [e ne le puis sans votre ivàce i<:u\e v^vxV. m-i x^v^'^^"^'-» ^'^^'^ '^^^
DB l'archicokfrérib. 397
qui a invité le prodigue à rentrer dans la maison pa* temelle , c'est elle qui a conduit la pécheresse chez Simon le pharisien ; c'est elle qui a terrassé Paul pour en faire un vase d'élection , et qui Ta remis dans les bras d'Ananie. Qu'elle m'entraîne à un autre Ananie , à un saint confesseur plein de science et de zèle , qui m'instruise de mes devoirs , qui ne se rebute point de mes faiblesses, qui me fasse sentir l'excès de mes égarements, qui me donne des règles sûres pour commencer une généreuse pénitence ; j'espère tout de vous , ô mon Dieu ; oui , vous daignerez être pour l'enfant si malheureux par sa faute , le Consolateur onctueux, le Sauveur compatissant, le Rédempteur ineffable. Ainsi soit-il.