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MANUEL

Parmi les opérations, il en est dont tous les temps sont réglés, tous les détails sont prévus, qui se pratiquent toujours de la même façon; telles sont les amputations des membres, les ligatures d'artères.

D'autres, au contraire, bien que pouvant être rangées dans certains groupes donnés, se font rarement d'une façon identique. Ici il est impossible de savoir à l'avance tout ce que l'on aura à faire ; c'est ce qui a lieu entre autres pour la kélotomie ou débridement de la hernie étranglée.

Pour celles-ci, en un mot, il n'y a pas de types comme il en existe pour celles-là; les unes sont réglées et passibles d'une description nette et précise, tandis que pour les autres on doit s'en tenir à des indications générales.

En outre les opérations réglées peuvent être pratiquées quand même sur le cadavre, tous les temps peuvent en être reproduits ; tandis que pour les non réglées, tout exercice cadavérique ne peut être qu'une copie bien éloignée de ce qui se fait sur le vivant. Une véritable similitude impliquerait l'existence de la maladie à laquelle cette opération est appliquée.

Laissant ces dernières de côté pour le moment, je commencerai

par les premières et j'insisterai surtout sur celles qu'à l'amphithéâtre

on pratique à peu près exclusivement, c'est-à-dire les opérations sanglantes.

Toute opération sanglante se compose d'incisions. Les incisions se font, avec des scalpels, des bistouris, des couteaux ou des ciseaux.

Occupons-nous d'abord des incisions cutanées, qui constituent le premier temps de la plupart des opérations. On se sert, pour les pratiquer, du scalpel ou du bistouri, sauf les cas où elles ne sont que le commencement dune amputation et où Ton emploie le couteau.

Le bistouri diffère du scalpel, en ce que dans ce dernier la lame est fixée sur le manche d'une façon permanente; Je bistouri s'ouvre et se ferme. Laissant de côté les espèces et les variétés si nombreuses du bistouri, je signalerai seulement ici le droit et le convexe, qui ne diffèrent l'un et l'autre que par le degré de la convexité.

Les différentes manières de tenir le bistouri étaient autrefois classées et dénommées par des numéros d'ordre ; mais cette désignation numérique ne présente aucun avantage et doit être laissée de côté.

Il suffit de savoir qu'on peut le tenir comme une plume à écrire, comme un couteau à découper et que, dans ces deux positions, le tranchant de l'instrument peut être dirigé en bas ou en haut. Enfin on le prend quelquefois comme s'il s'agissait d'un archet de violon.

Avant d'inciser les téguments, il faut que la peau soit préalablement tendue par le chirurgien ou par un aide, ou bien par les deux à la fois. Cette tension peut être obtenue de plusieurs manières. Si l'on agit sur un membre, on peut saisir à pleine main la peau du côté opposé à celui sur lequel doit porter l'incision. .

Le bord cubital et le pouce de la même main peuvent, appliqués à un certain degré. d'écarternent, procurer le même résultat ; l'index dans quelques cas remplace le bord cubital. Les quatre derniers doigts fléchis et appliqués parallèlement à l'incision qu'on se propose de faire et très-près d'elle, fixent la peau chez les individus qui ont sous les téguments une certaine quantité de graisse ; mais chez les individus maigres cette manœuvre réussit assez mal .

Enfin lorsqu'il importe beaucoup de ménager des parties placées superficiellement sous la peau, on fait à cette membrane un pli perpendiculaire à la direction que l'on veut donner à l'incision ; une au moins des extrémités du pli doit être confiée à un aide. Le pli peut être coupé du sommet à la base ou de la base au sommet.

On peut faire les'incisions de dehors en dedans ou de dedans en

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