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INJECTION DE PERCHLORURE DE FER

Les solutions de perchlorure de fer généralement employées sont celle qui marque 30° et celle qui en marque 15 à l'aréomètre de Beaumé. Il faut savoir que quinze gouttes de la première solution (à 50°) coagulent un centilitre de sang, tandis qu'il en faut vingt de la seconde pour obtenir le même résultat.

L'instrument consacré pour pratiquer ces injections est la seringue dite de Pravaz, qui est graduée de telle sorte que chaque demi-tour du piston expulse une goutte de liquide. Le dernier modèle de cette seringue, dans lequel la canule acérée agit comme un trocart et reçoit une canule plus petite fixée à la seringue, est sans contredit de beaucoup le plus commode. Avant de pratiquer l'opération, on doit chercher à apprécier d'une façon aussi exacte que possible la capacité de la tumeur anévrysmale, afin de savoir quelle quantité de perchlorure il faudra y injecter. On remplit par aspiration la seringue dont on a bien soin d'expulser l'air. Dans le cas où l'on suppose que la peau sera dure et difficile à traverser, on l'ait la

OPERATION DE L'AlNEVRYSME. 39

piqûre avec une lancette, sinon on enfonce directement la canule trocart. L'issue du sang artériel annonce qu'on a pénétré dans la cavité anévrysmale. On fait faire ensuite avec les doigts ou mieux avec un tourniquet la compression indirecte au-dessous et au-dessus de la tumeur, en commençant par la partie inférieure. La compression supérieure doit être totale. On visse alors rapidement la seringue et on imprime au piston trois demi-tours qui n'entrent pas en ligne de compte, car ils servent à chasser le sang contenu dans la canule. Puis on continue et on injecte la quantité de liquide que Ton suppose devoir suffire pour coaguler tout le sang contenu dans l'anévrysme ou, ce qui est plus prudent, un peu moins. Au bout d'une minute on malaxe légèrement la tumeur afin de faciliter la combinaison du sang et du perchlorure, puis, si elle ne paraît pas assez dure, on pousse encore quelques gouttes et on agit comme ci-dessus, prêt à injecter une troisième dose si les deux premières ne suffisent pas. Dans le cas, au contraire, où la coagulation paraît totale, on fait exécuter au piston un tour complet en arrière et on retire vivement la seringue, en maintenant la peau avec les doigts.

La compression inférieure est immédiatement supprimée, mais la supérieure doit encore être maintenue pendant vingt minutes.

Au bout de ce temps on la supprime et on explore la tumeur.

S'il n'y a plus de battements l'opération est terminée. S'ils reparaissent, on a recours à la compression directe ou à la compression indirecte.

Je ne ferai que mentionner ici le traitement des anévrysmes par la méthode d'Anel (ligature au-dessus de l'anévrysme sans incision du sac), par la méthode de Brasdor (ligature au-dessous de l'anévrysme sans incision de la tumeur), par celle de Malgaigne qui s'applique spécialement aux anévrysmes variqueux et consiste dans la combinaison des deux précédentes. Ces méthodes ne me paraissent pas exiger de description spéciale au point de vue opératoire. J'en dirai autant de la compression qui ne constitue pas, à proprement parler une opération.

SAIGNEE

La saignée est dite générale ou locale suivant qu'elle intéresse un vaisseau d un certain calibre ou qu'elle s'adresse aux capillaires.

La saignée locale pour laquelle on emploie les sangsues, les mouchetures, les scarifications, appartient plus spécialement à la petite chirurgie.

Quant à la saignée générale, son importance, la difficulté qu'elle présente dans certains cas, les dangers auxquels elle peut exposer, me paraissent la mettre au rang des véritables opérations et lui assurer une place dans un manuel de médecine opératoire.

La saignée générale comprend l'artériotomie et la phlébotomie.

ARTERIOTOM1E

Cette opération qui quelquefois donne lieu à la production d'anévrysmes est très-peu usitée aujourd'hui. On ne la pratique plus que sur la branche antérieure de la temporale superficielle, comme le voulait Royer. Recouverte d'abord par la glande parotide, puis placée entre la peau et F aponévrose temporale, cette artère monte audevant du pavillon de l'oreille accompagnée de sa veine satellite et fournit dans ce trajet la transversale de la face, la branche orbitaire, les auriculaires antérieures et la temporale moyenne. A trois ou quatre centimètres au-dessus de F arcade zygomatique, elle se divise en deux branches, l'une antérieure ou frontale, l'autre postérieure ou occipitale, reposant toutes deux d'abord sur l'aponévrose temporale, puis sur l'aponévrose épicrânienne. C'est sur la première de ces branches, située immédiatement sous la peau, qui dans ce pointlà est fine et presque toujours glabre, que doit porter la section. On se sert pour la pratiquer d'un bistouri droit. Le chirurgien doit en outre avoir à sa disposition un drap pour garantir le lit ou les vêtements du malade, une palette graduée, ce qui permet d'apprécier exactement la quantité de sang évacuée, une carte pour conduire, le sang dans la palette au cas où il ne coule pas en jet, et enfin de petites compresses graduées carrées. Il doit en outre se munir de deux bandes, l'une de deux mètres de long et de quatre à cinq centimètres de large, roulée à un seul globe ; l'autre de dix mètres, roulée à deux globes d'inégale grosseur.

La région sur laquelle on va opérer ayant été préalablement rasée, s'il y a lieu, et la tête du malade, qui peut, du reste, être assis ou couché, étant maintenue, le chirurgien reconnaît, en se guidant

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