‹ Manuel d'opérations chirurgicalesChapitre 54 sur 107 · AMPUTATION SIMULTANEE DES QUATRE DERNIERS DOIGTS · texte numérisé non relu

AMPUTATION SIMULTANEE DES QUATRE DERNIERS DOIGTS

Les articulations métacarpo-phalangiennes de l'index et du médius sont à peu près au même niveau. L'articulation de l'annulaire est à quatre ou cinq millimètres plus haut, celle de l'auriculaire à la même distance au-dessus de celle de l'annulaire.

Les méthodes usitées pour cette amputation sont les méthodes circulaire, elliptique et à lambeau.

La lame du couteau employé pour cette amputation doit avoir une longueur un peu plus grande que la distance du deuxième au cinquième métacarpien.

Méthode circulaire (Cornuau). — La main étant en supination, le chirurgien saisissant les quatre doigts avec sa main gauche, coupe au niveau de la rainure digito-palmaire toutes les parties molles y compris les tendons fléchisseurs. Puis il met la main du malade en pronation et fait une incision analogue sur le dos la main en passant sur les commissures des doigts. Il divise les tendons extenseurs et pénètre dans les articulations. Il reste ensuite à sectionner les ligaments latéraux et le ligament antérieur, chose que l'on fait isolément pour chaque phalange.

Méthode elliptique. — Le chirurgien fait sur le dos de la main tenue en pronation une incision courbe à concavité antérieure passant sur les articulations à ouvrir et aboutissant par ses extrémités sur le pli digito-palmaire au niveau de l'index et du petit doigt.

La main est ensuite mise en supination et les points de départ et

d'arrivée de rincision dorsale sont réunis par une incision qui suit le pli digito-palmaire.

Les parties molles sont disséquées du côté de la paume la main, les tendons fléchisseurs, sectionnés, puis la main est placée dans une position intermédiaire entre la pronation et la supination, et tenant le couteau horizontalement , on entre successivement à plein tranchant dans les articulations, en commençant par l'index et terminant par l'auriculaire.

Méthode à lambeau. — Procédé à lambeau palmaire (Lisfranc). — - Je suppose qu'on opère sur la main droite ; elle est mise en pronation et un aide écarte le pouce.

Le chirurgien prend, et fléchit légèrement les doigts à amputer dans la paume de sa main gauche mise en supination, applique le pouce sur l'articulation métacarpo-phalangienne du petit doigt et l'index sur l'articulation analogue du doigt correspondant du malade. Il pratique un incision convexe en avant commençant au côté interne de l'articulation métacarpo-phalangienne du petit doigt et se terminant au côté externe de la même articulation de l'index en passant sur les phalanges des doigts intermédiaires au niveau du point où commence, sur la face dorsale, le sillon intef— digital. La peau est rétractée par l'aide et, si cela ne suffit pas, un peu disséquée.

On reporte ensuite le couteau sur les articulations en lui faisant suivre le tracé de la première incision. On coupe aussi les tendons extenseurs et on ouvre les articles. On sectionne ensuite les ligaments latéraux avec la pointe du couteau, puis les ligaments antérieurs et les tendons fléchisseurs. Afin de rendre cette manœuvre plus facile, il est bon de faire basculer les doigts du malade de façon à soulever leur extrémité postérieure. Pour le dernier temps, on peut mettre la main en supination ou bien la laisser en pronation en relevant fortement les doigts à enlever.

On engage alors la lame du couteau par l'incision dorsale, on la fait passer en avant des têtes des métacarpiens, et ressortir au niveau du pli digito-palmaire, en allant du petit doigt vers l'index quand la main est en pronation* et vice versa si elle est en supination.

Pour la main gauche, on exécute en sens inverse la manœuvre que je viens de décrire.

On reproche à la méthode circulaire de laisser trop de peau à la face dorsale ; la méthode à lambeau recouvre mal les tètes des deux métacarpiens extrêmes ; la méthode elliptique évite ces inconvénient^

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et a en outre l'avantage de laisser une cicatrice siégeant sur un point où elle n'est pas exposée à des frottements répétés.

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