‹ Manuel d'opérations chirurgicalesChapitre 81 sur 107 · AVEC 53© GRAVURES DANS LE TEXTE ET UNE PLANCHE CHROMOLITHOGRAPHIES · texte numérisé non relu

AVEC 53© GRAVURES DANS LE TEXTE ET UNE PLANCHE CHROMOLITHOGRAPHIES

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Grâce au zèle et à la patience de nombreux savants, Yanatomie humaine avait acquis un développement considérable avant la fin du] siècle dernier. Le. scalpel à la main, Fanatomiste étudié toutes les parties dans leurs plus petits détails, et ces connaissances répondaient aux exigences de la pratique. L'anatomic avait parcouru, dans son développement, les phases que l'esprit humain fait suivre à toutes les branches de l'histoire naturelle;

du sein de tous les détails qui la constituaient était sortie une partie générale. Lesanatomistes reconnurent bientôt que certaines masses constituantes de notre corps, les os, les cartilages, les muscles, les nerfs, par exemple, se présentaient toujours sous la même forme; qu'ils entraient dans la composition des différentes parties de l'organisme sans subir de grands changements ; qu'ils jouaient, en un mot, un rôle de la plus haute importance dans la charpente et la structure intime du corps humain. Ce fut là l'origine de Yanatomie générale.

Mais les os, les cartilages, les muscles et les nerfs sont formés, à leur tour, par des parties plus petites ; il fallut donc créer de nouvelles divisions pour l'étude de ces éléments. Il se forma ainsi une nouvelle branche de l'anatomie, Y étude des tissus, ou histologie. Cette science forme, il est vrai, la partie la plus importante, mais non la plus complète, de l'anatomie générale.

On désigne sous le nom de tissus des masses organiques constituées .par de petits éléments auxquels ils doivent leurs propriétés physiques, chimiques, anatomiques et physiologiques. L'arrangement de ces masses se nomme texture; les petites parties qui les forment portent le nom d'éléments; mais ces derniers, qui constituent la structure intime et si admirable du corps humain, sont d'un volume si petit, que les instruments dont se sert l'anatomiste, dans ses dissections ordinaires, deviennent complètement insuffisants ; aussi d'autres moyens sont-ils indispensables. Cependant les anatomistes anciens étaient parvenus à poser les bases d'une étude des tissus, sans pouvoir, toutefois, pénétrer leur structure intime. Mais en face des progrès immenses que la science a faits de nos jours, ces travaux n'offrent plus qu'un intérêt purement historique, et ne doivent pas nous arrêter ici.

Une nouvelle phase s'ouvrit pour l'histologie dans le milieu du siècle dernier avec la découverte des lentilles achromatiques. Le microscope si incommode et si infidèle des siècles précédents se transforma dans l'instrument sûr et commode de nos jours.

Le nouveau microscope, accueilli par une jeunesse enthousiaste, conduisit bientôt une série d'observateurs distingués à la découverte rapide des parties essentielles de l'histologie.

V histo chimie, ou chimie des tissus, est une science d'origine beaucoup plus récente encore. L'histochimie est, en effet, l'application immédiate de la chimie organique; elle a dû suivre cette science dans son développement et n'a pu, du reste, se former que par la connaissance des combinaisons organiques en général.

L'histochimie est une application spéciale de la zoochimie et de la chimie physiologique à l'étude des tissus qui forment le corps humain. Cette partie de la science s'occupe de la constitution chimique des éléments et des tissus ; des substances qui les composent, de leur mode de pénétration, de leur origine, de leur valeur dans les fonctions des éléments et des tissus, de leurs transformations, de leur substitution, de leur élimination, etc.

Les premières bases de l'histochimie sont à peine posées. De grandes difficultés, il est vrai, s'opposent à son prompt développement. Les moyens dont se sert le chimiste pour séparer les éléments d'un tissu sont, en effet, assez grossiers quand on les compare à l'analyse anatomique, devenue si fine, si minutieuse depuis l'invention des nouveaux microscopes. Rien de plus facile, par exemple^ pour le micrographe, que de distinguer dans la cellule cet élément le plus ordinaire de l'organisme, une enveloppe, un contenu, un noyau, des nucléoles : l'analyse

chimique est obligée de s'arrêter en face de si petits détails. La plupart des tissus, parleur nature composée, s'offrent presque toujours au chimiste sous la forme d'un assemblage d'éléments multiples qu'il ne saurait séparer avec les moyens qu'il a à sa disposition.

Il nous reste à donner quelques détails sur le plan de notre ouvrage. L'histologie et l'histochimie réunies, c'està-dire l'étude de la structure intime des tissus et de leur composition chimique, constituent l'une des bases fondamentales les plus solides de la physiologie et de la pathologie. Nous avons divisé notre travail en trois parties.

Dans la première partie, nous traiterons des substances qui forment le corps de l'homme et des animaux, et de leurs rapports histologiques et physiologiques. Dans un second chapitre, nous parlerons des unités organisées du corps, des éléments des tissus, de leur forme, de leur mélange, de leur signification, de leur développement, de leur destination : ce sera Y histologie générale et Yhistochimie.

Dans h seconde partie, nous exposerons l'histologie proprement dite, le rapport anatomique et le mélange des différents tissus. Nous verrons ainsi comment les éléments étudiés dans Ta première partie se réunissent pour former des masses plus considérables. Nous parlerons en même temps des propriétés physiologiques et du développement des différents tissus.

Dans la troisième partie enfin, nous verrons comment les différents tissus forment, par leur union, les organes et les systèmes du corps humain. Ce sera Y histologie topographique.

IMP. SIMON liACON ET COMI>. , BUE D'LHKUltTH. 1

F. SAVY, LIBRAIRE-ÉDITEUR

34, rue Hautefeuille, à PARIS

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