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LÉSIONS SYPHILITIQUES

Comme il s'agit généralement dans ces cas d'un simple pityriasis ou d'un eczéma rubrum, l'emploi de l'huile de cade, indiqué à l'occasion de l'érythème des paupières, peut suffire. S'il n'en est pas ainsi, l'emploi de pommades faibles à l'oxyde de zinc et au précipité rouge ou blanc (5 centigrammes pour 5 grammes de vaseline) dont on étend, au moyen d'un pinceau, une couche très mince sur les parties affectées, suffit pleinement pour maîtriser la maladie. La pommade que nous désignons sous le nom de pommade antiblépharitique et qui se rapproche de celle que Hebra employait dans les affections eczémateuses, donne particulièrement d'excellents résultats. En voici la formule :

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Le mode d'emploi est le suivant : on recouvre des rondelles de toile d'une couche de cette pommade, et on les applique le soir sur les paupières fermées, pour ne les enlever que le matin.

Mais il n'en est pas ainsi lorsque le bord ciliaire est très tuméfié, excorié, et surtout lorsqu'il présente de petites ulcérations; un corps gras quelconque ne ferait alors qu'augmenter l'irritation. Dans ces cas, on commencera le traitement par l'usage de topiques astringents, c'est-à-dire de comoresses longuettes imbibées d'une solution de sous-acétate de plomb4 (4 grammes pour 300 grammes), de sulfate de zinc ou de nitrate d'argent (1 gramme pour 300 grammes). Si les ulcérations du bord palpébral tendent à gagner en profondeur, il faudra les toucher tous les deux ou trois jours avec un crayon très effilé de nitrate d'argent mitigé et porter immédiatement sur les points cautérisés un pinceau mouillé d'eau salée.

L'épilation des cils, surtout des cils malades, est nécessaire tous les trois ou quatre jours et réclame beaucoup de soin dans l'exécution, lorsqu'il est avéré que l'inflammation a son point de départ dans les follicules pileux, c'est-à-dire qu'il s'agit d'une forme d'eczéma sycositeux.

Aussitôt que le bord libre des paupières manifeste la moindre tendance à se porter en dehors, on doit se hâter de remédier à la déviation des points lacrymaux inférieurs, en fendant le conduit dans une longueur proportionnée au degré d'éversion et de tuméfaction de la paupière malade. Si la coaptation vicieuse de la paupière inférieure rend impossible l'élimination régulière des larmes, il faut recourir à un des procédés opératoires indiqués à l'article « Ectropion », et ici, principalement, les procédés recommandés par M. A. Weber peuvent trouver leur application.

Chez les personnes à prédisposition herpétique (eczémateuse), l'usage des ferrugineux et de l'arséniate de soude ne sera jamais négligé ; en même temps on prescrira aux enfants des lotions générales sur la peau avec de l'eau salée (eau de mer).

b. LÉSIONS SYPHILITIQUES.

Les ulcères syphilitiques primitifs se rencontrent quelquefois sur les paupières, ce qui n'est pas surprenant, si l'on considère combien sont fréquents les attouchements de ces parties avec les mains et les lèvres. On peut y rencontrer toutes les diverses formes de chancre. Ce qui renseignera surtout le médecin sur la nature spécifique de l'ulcération, ce sont les antécédents du malade, les résultats positifs de l'inoculation et l'essai fructueux d'un traitement interne approprié. La coloration

plus foncée des bords de l'ulcère, la disposition d'après laquelle ils semblent taillés à pic, l'induration, parfois de consistance cartilagineuse, que présente sa base, et le gonflement des ganglions préauriculaires, sont ici des caractères d'une valeur moins sûre.

Lorsqu'on n'a pas le soin de combattre énergiquement ces ulcérations syphilitiques, elles peuvent amener des désordres considérables, et quand elles ont pris une certaine étendue, elles sont presque constamment suivies de la déviation, sinon de la destruction partielle ou totale des paupières.

Les ulcérations syphilitiques de la période secondaire, ordinairement accompagnées d'autres lésions secondaires, s'observent en général chez des sujets au-dessous de la quarantaine; c'est le contraire qui arrive pour les ulcérations cancéreuses, dont il est souvent très difficile de les différencier. Les diverses variétés de lupus (exfoliatif, tuberculeux, hypertrophique) mettent le praticien dans le même embarras. Il se servira, pour éclairer son diagnostic, du mode d'après lequel cette affection exerce son action destructive, soit que la peau rougie et indurée disparaissse sous une exfoliation continue , soit que les boutons (tubercules) subissent la fonte purulente et deviennent ainsi la cause d'une perte de substance progressive. Mais il est bien rare, lorsque le mal prend un grand développement et qu'il est de nature spécifique, que d'autres manifestations syphilitiques fassent défaut.

Les ulcérations syphilitiques secondaires et tertiaires présentent dans leur évolution une particularité digne de remarque : c'est que la destruction successive et complète des paupières n'entraîne pas nécessairement la fonte du globe oculaire, qui trouve souvent, pendant le sommeil, une suffisante protection sous les vestiges de paupières qui ont pu persister.

Chez les enfants en bas âge, les éruptions pustuleuse et papuleuse sont bien plus fréquentes que les ulcères. Presque toujours s'y joignent, chez eux, d'autres accidents secondaires. Mais les kératites destructives doubles qui se présentent souvent chez les enfants chétifs peuvent être considérées comme névro-paralytiques.

Il est bien entendu que d'autres manifestations secondaires (condylomes, plaques muqueuses, pustules) peuvent se rencontrer sur les paupières; mais elles font alors partie d'autres manifestations de la seconde période de l'infection et ne présentent rien qui soit digne de description. Seule, l'apparition, très rare d'ailleurs, de productions gommeuses isolées, sur les paupières, peut facilement induire en erreurmême un observateur attentif. Cette erreur est d'autant plus aisée que la gomme a acquis un développement peu considérable, siège sur la région tarsienne et ressemble, même comme éléments histologiques, au chalazion. Dans la forme chronique, sous laquelle se présentent d'ordinaire les gommes des paupières, il se développe une série de petites tumeurs qui donnent, sous le doigt, absolument la sensation de chalazions. Ces gommes n'atteignent guère plus du volume d'un gros pois, finissent par s'exculcérer et guérissent sans laisser d'autres traces qu'une cicatrice tendineuse, blanchâtre, qui longe, sous l'aspect d'une ligne fine, le bord des paupières, ou forme une succession de petites cavités étroites recouvertes d'une peau luisante, fine comme du papier de soie. Suivant les observations de M. Hirschler, il existe aussi une forme d'infiltration gommeuse aiguë des paupières simulant la blépharite hypertrophique.

On a publié quelques observations de manifestations de syphilis héréditaire des paupières, pemphigus, gommes, ulcères.

Traitement. — Quant au traitement de ces différentes affections, il est indé-

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