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FORMATION DE MASSES OSSEUSES DANS LA CHOROÏDE

La choroïde, c'est-à-dire la partie adhérente du tractus uvéal, est à peu près exclusivement l'endroit où, à la suite d'inflammations antérieures, on peut observer une ossification des produits inflammatoires. Ni dans la cornée, ni dans l'iris, ni dans le cristallin, nous ne rencontrons de véritables ossifications ; tout se borne ici au dépôt de sels calcaires, à la pétrification. Dans le corps vitré seul, on peut encore observer très exceptionnellement des masses osseuses.

Pour la transformation osseuse, il faut, en effet, un afflux prolongé de matériaux nutritifs, et cette condition ne persiste guère que dans la choroïde, lorsque l'œil présente déjà un degré avancé d'atrophie. M. Knapp a constaté que c'est de la face interne de la choroïde que prend naissance la substance osseuse. Suivant M. Alt, ce serait même la couche la plus interne, la lame vitrée et ses excroissances verruqueuses, qui deviendrait tout d'abord le siège de dépôts calcaires et ensuite d'une véritable ossification. Il se développe ainsi une coque osseuse qui s'étend plus ou moins loin en avant; d'autres fois ce sont des anneaux, ou des plaques incurvées, productions composées de tissu osseux et constituées par des réseaux de trabécules osseuses, telles que les représentent les figures 229 et 230.

Les vaisseaux de la masse osseuse de nouvelle formation se trouvent en commu-

Fig. 229.

Coupe de la choroïde (ch) ossifiée, éclaircie par la térébenthine.

nication directe avec ceux de la choroïde, et ce serait, suivant Knapp, la choriocapillaire, si riche en vaisseaux, qui livrerait les matériaux essentiels à la formation des masses osseuses. Ce sont surtout les produits inflammatoires exsudatifs, et ceux

résultant de la diapédèse et de la prolifération cellulaire, qui deviennent le siège d'une ossification, car jusqu'à présent on ne connaît pas d'ossification proprement dite de la choroïde dont le tissu serait intact. A mesure que la masse osseuse acquiert son développement, la couche vitreuse

Fig. 230.

a, trabécules osseuses; b, interstice rempli de gouttelettes graisseuse?, de cristaux de cholestérine et nargarine. On aperçoit entre '- < > -■>•■■ ■ <

scence graisseuse (Haase).

a, trabécules osseuses; 6, interstice rempli de gouttelettes graisseuses, de cristaux de cholestérine e de margarine. On aperçoit entre les trabécules osseuses (c) le pigment choroïdien, en partie pris de dégé

s'use, et il peut ainsi se développer une cupule osseuse s'étendant jusque derrière le cristallin pétrifié, en prenant parfois alors la forme d'une gourde. Cette coque est recouverte à l'intérieur d'une mince trame de tissu cellulaire, vestige de la rétine atrophiée. Ce ne sont pas seulement les produits inflammatoires qui peuvent ultérieurement s'ossifier; nous voyons (fig. 231, empruntée à M. Alt)

Fig. 231. — Formation de masses osseuses clans un sarcome de la choroïde.

qu'il en peut être ainsi pour des néoplasies 'malignes, des sarcomes, par exemple. Ici doit être notée la transformation préalable de pareilles tumeurs en cartilage hyalin (chondro-sarcome choroïdien).

Les maladies qui prédisposent le plus à l'ossification de la choroïde sont les choroï-

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