‹ Manuel d'ophthalmologieChapitre 15 sur 316 · Tumeurs kystiques · texte numérisé non relu

Tumeurs kystiques

a. athérome (kystes sébacés).

Ce sont les follicules pileux qui donnent manifestement naissance aux tumeurs vulgairement désignées sous le nom A'athéromes ou de kystes sébacés. Des agrégations notables de masses épilhéliales et sébacées ne se voient guère aux paupières que vers le bord orbitaire de ces voiles membraneux où le tégument commence à gagner en épaisseur. Leur siège de prédilection est le bord orbitaire supérieur et externe. Mais on peut aussi les observer du côté du nez, au-dessus de la suture du frontal avecl'unguis et les os propres du nez.

Ces kystes sébacés forment, en général, des excroissances de la grandeur d'un pois ou d'une fève; ils sont rarement pédicules, et la peau qui les revêt ne montre aucune altération. Ils sont constitués par une membrane d'enveloppe, composée

d'éléments épithéliaux condensés, à laquelle s'ajoute une fine lamelle de tissu cellulaire (pericysticum) et un contenu pultacé composé de masses épithéliales et graisseuses, fréquemment entremêlées de cristaux de cholestérine. Selon la proportion de globules graisseux qui entrent dans le contenu du kyste, ce dernier est plus ou moins fluide, et peut même prendre la consistance de l'huile d'olive (hystes huileux). On peut aussi rencontrer dans ces kystes un nombre considérable de poils. Ce sont principalement les athéromes congénitaux qui renferment de nombreux poils et un contenu épaissi par des dépôts calcaires.

Les causes sont celles qui concourent aux autres altérations morbides des follicules pileux. Ce seraient les personnes qui vivent surtout en plein air qui seraient plus particulièrement affectées de ces productions (marins, soldats). On les a souvent reconnues comme congénitales ou comme s'étant développées dans la première enfance. La fréquence des athéromes dans la région de la queue du sourcil est rapportée à une disparition tardive de la fente branchiale supérieure, un pli cutané pouvant se trouver pincé entre les procidences osseuses (Verneuil). Le meilleur moyen d'extirper ces tumeurs consiste à les énucléer. Si le pericysticum est mince et vient à se déchirer, on se contente de l'arracher par lambeaux. Pour tous les athéromes adhérents au périoste, cette méthode d'arrachement est indiquée.

b. CYSTICERQUE.

Le cysticerque n'a été rencontré qu'un petit nombre de fois sous la peau des paupières. Il faut avouer que, vu l'extrême rareté de cas semblables, la tumeur, qui acquiert rarement un volume dépassant celui d'une petite fève, a toujours été prise pour un athérome; pourtant quelques signes pourraient attirer l'attention du praticien. Le petit kyste est dur, rénitent, élastique, à surface très égale, sans trace aucune de fluctuation, très mobile, n'adhérant ni aux parties profondes, ni à la peau, parfaitement saine du reste.

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