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Chalazion (granulome palpébral

Le chalazion doit être envisagé comme un granulome et non comme une simple transformation kystique d'une glande meibomienne. Toutefois ce sont des changements morbides delà glande, en particulier l'infarctus de son contenu (1), qui, exerçant une irritation sur les parties voisines du tarse, provoquent dans ces points le développement de cette tumeur. En outre, dès que le granulome a acquis un certain développement, il fait en quelque sorte invasion dans la cavité glandulaire et donne alors lieu à des phénomènes de cloisonnement, de rétention et de déliquescence du contenu glandulaire.

(1) M. Sattler (Compte rendu du Congrès de Heidelberg, 1888, p. 372) a rencontré dans le contenu gris jaunâtre du chalazion un coccus blanc qui, cultivé, ressemblait au staphylococcus pyogenes blanc; il ne donna, inoculé dans la cornée, aucune irritation de l'œil et ne produisit qu'une inlillration un peu boursoufflée. Injecté dans le tarse, ce coccus engendrait de petites tumeurs qui ressemblaient microscopiquement d'une manière surprenante à des chalazions.

CHALÂZION, GRANULOME PALPÉBRAL.

Le chalazion est constitué par une quantité de petites cellules arrondies et ovalaires, fortement entassées et munies d'un large noyau (Michel, fig. 22, A, c). Dans ces masses celluleuses se trouvent englobés des vaisseaux sanguins munis d'une gaine d'endothélium continue (fig. 22, B,d). Le tarse lui-même est traversé par de nombreux vaisseaux de nouvelle formation et qui sont pourvus de gaines endothéliales (fig. 22, A, b et B, d) ; ces vaisseaux circonscrivent des espaces carrés, plus ou moins réguliers, dans les angles desquels se trouvent le plus souvent un nombre plus considérable des cellules susdécrites (fig. 22, A). Ces cellules s'accumulent dans le tissu cellulaire lâche de la surface antérieure du tarse et se répandent entre les fascicules musculaires. La coupe (fig. 23), empruntée à M. de Vincentiis, démontre combien le tissu bourgeonnant du granulome pénètre en outre dans la trame du tarse. Les cellules géantes que renferment en abondance les granulomes ont pour origine, suivant M. de Vincentiis, l'épithélium des glandes de Meibomius.

Le granulome palpébral peut, suivant la plus ou moins grande rapidité avec laquelle il se développe, se présenter de deux façons différentes au clinicien. Le développement se fait-il avec beaucoup de lenteur, on voit que le granulome s'étale surtout vers la face externe du tarse, proémine sous la peau, qu'il amincit considérablement, et peut progressivement former une tumeur de la grosseur d'une forte fève ou même d'une petite noisette. Si le granulome se développe très rapidement, il empiète de préférence vers le tarse et se révèle lorsqu'on renverse la paupière, par une coloration brunâtre. Une incision pratiquée dans ce point laisse souvent échapper une partie fluide ; parfois aussi l'ouverture s'en fait spontanément et donne lieu à un petit bourgeon aplati par la pression de la paupière sur le globe de l'œil. Pratiquement, on doit aussi distinguer un chalazion marginal proéminent le long du bord palpébral.

Uétiologie des chalazions, de nature probablement microbienne, est encore assez obscure; tout ce qui est capable de provoquer une irritation des glandes tarsiennes peut indirectement amener le développement de ces granulomes (altération du contenu glandulaire, hypérémie prolongée du bord libre des paupières).

Le traitement du chalazion interne consiste à renverser la paupière et à inciser la petite tumeur; puis on introduit dans la plaie une cuillère abords tranchants (fig. 24), afin de racler les parois de la cavité du chalazion et d'enlever tout le tissu néoplasique.

Fig. 22.

A, coupe d'un soi-disant chalazion de la paupière (enlevé sur le vivant), coupe frontale : a, tissu du tarse; 6, vaisseaux de nouvelle formation ; gaines endothéliales visibles sur divers points; c, accumulation de cellules rondes. La limite antérieure est celle exclusivement composée de cellules rondes. Coloration à l'hématoxyline. Préparation au baume de Canada. Hartnack, VII. Oculaire, 3

B, vaisseau isolé de la même coupe (solution de Millier) : b', capillaire; c, cellules rondes; d, gaine endothéliale. Hartnack, IX. Oculaire, 3.

ATHÉROME, KYSTES SÉBACÉS.

Si le chalazion est très volumineux et proémine de préférence vers la peau qui se trouve fort amincie, il est préférable d'en pratiquer l'énucléation, opération que l'on rend très simple au moyen de la pince de Desmarres (fig. 25), ou de celle qui a été modifiée par M. S'iellen (lig. 26), ou mieux encore de la pince à verrou de de Wecker, qui, dépourvue de la saillie formée par la vis des deux pinces précédentes, se place instantanément et rend plus aisées toutes les manœuvres néces-

Fic. 25.

Fig. 26.

sitées par l'opération, avantage surfout appréciable lorsqu'on a affaire à un chalazion marginal. On s'efforce, en ne ménageant pas la section, d'enlever, avec les ciseaux courbes, toute la masse du granuloma; si la peau est très amincie, on en excisera au besoin une partie ovalaire et on réunira avec une ou deux sutures.

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