II. — Région de la répartition du nerf optique
De la papille du nerf optique jusqu'à Yora serrala, la rétine se trouve composée d'une série de couches entassées les unes sur les autres (fig. 307). La vésicule oculaire secondaire ne fournit, avec son feuillet externe, qu'une seule couche, qu'on appelle épithélium pigmenlaire de la rétine ou simplement épithélium rétinien (fig. 307, 10). Quant à son feuillet interne, qui s'épaissit considérablement, il se subdivise en deux couches principales. La couche externe (couche épithéliale) (fig. 307, 6, 7 à 9) est dépourvue de vaisseaux et se compose d'éléments épithéliaux (cellules visuelles), séparés au milieu de leur étendue par une ligne courant parallèlement à la surface externe de la rétine (membrane limitante externe) (fig. 307,8); cette ligne les divise en deux portions, dont l'externe, libre de noyaux, comprend des fragments cellulaires semblables à des bâtonnets (couche des bâtonnets et des cônes), tandis que l'interne renferme tous les noyaux des cellules épithéliales, rangés en palissades (couche des grains externes).
La seconde couche, c'est-à-dire la portion interne du feuillet interne de la vésicule oculaire secondaire, est pourvue de vaisseaux, de cellules et de fibres nerveuses, ainsi que du tissu de support; elle constitue la couche cérébrale (fig. 307, 1-6). Cette couche se délimite, du côté du corps vitré, par une limite précise (margo limitans) (fig. 307, 1) et se subdivise en cinq couches. Ce sont, à partir de la base Ides cellules visuelles, c'est-à-dire en allant
DE WECKEK ET MASSELON. 3fi
NERF OPTIQUE ET RÉTINE
du dehors au dedans : 1° une mince couche d'une substance d'aspect granuleux, couche ijranuleuse externe (couche intergranuleuse de H. Miiller) et qu'on fait mieux d'appeler couche réticulaire externe ou sous-épithéliale (fig. 307,6); 2° une couche bien plus épaisse, dont les principaux éléments sont de petites cellules ganglionnaires bipolaires, la couche granuleuse (couche granuleuse interne, d'après la nomenclature usuelle) (fig. 307, 5); 3° une épaisse couche de tissu réticulé de support, qui apparaît de même, à un faible grossisse-
Fig. 307. — Coupe à travers la rétine de l'homme. Tracé schématique, suivant une figure de M. Schultze.
1, margo limitons (interne); % couche des fibres nerveuses; 3, couche ganglionnaire (ganglion nervi optici) ; 4, couche réticulaire interne ; 5, couche des grains internes (couche granuleuse interne) ; 6, couche réticulaire externe ou couche sous-épithéliale; 7-9, couche des cellules épithéliales ; 7, leurs noyaux (ou grains externes); 8, membrane limitante externe; 9, bâtonnets et cônes; 10, épithclium rétinien.
ment, granulée et est par conséquent désignée comme couche granuleuse interne (couche moléculaire), mais qui, en réalité, présente une structure finement réticulée et sera mieux désignée comme couche réticulaire interne (fig. 307,4); 4° une couche de grandes cellules ganglionnaires multipolaires, dans la plus grande partie de son étendue à couche simple (couche de cellules ganglionnaires) (fig. 307, 3); enfin 5° la couche des fibres nerveuses (fig. 307, 2), qui, bien entendu, va en s'amincissant de la papille vers Vora serrata.
Parmi les éléments du tissu de support de la rétine, nous avons à signaler les fibres radiales ou fibres de support, découvertes par H. Mûller (fibres de Miiller) (fig. 307). Ces libres naissent à la surface interne de la rétine par un renflement coniforme (cônes des libres radiées), dont la base correspond à la ligne délimitante interne de la rétine. La fibre
radiée s'étend alors, sans s'anastomoser, à travers la couche réticulaire interne; arrivée dans la couche granulaire, elle envoie en diverses directions de fins prolongements en fibres ou en plaques, qui s'insinuent entre les divers éléments de la couche granuleuse et lui servent de support. Au delà, les fibres radiées pénètrent à travers la couche réticulaire externe dans la couche épithéliale, se dénouent, entre les noyaux des cellules visuelles, en de fines fibres et des lamelles ténues (lig. 307), pour se réunir finalement avec une membrane à fines ouvertures, la membrane limitante externe (fig. 308). Cette membrane envoie encore
Fig. 308. — Partie externe de deux fibres radiées de la rétine humaine, d'après M. Schultze. 1000/1 .
a, corbeilles de fibres (aiguilles) à l'entour île la base des bâtonnets et des cônes; b, membrane limitante externe; c, cloisonnement fourni par l'étalement des fibres, dans la région de la couche granuleuse externe; d, couche réticulaire externe, à travers laquelle le passage des fibres ne peut être reconnu (il semble plutôt que la fusion des fibres avec le tissu de cette couche ne serait qu'une apparence) ; e, novaux des fibres radiées.
de son côté de fins prolongements, en forme de cils, entre la base des bâtonnets et des cônes. Dans la couche des grains (couche granuleuse interne) se trouve adossé à chaque fibre un noyau (fig. 308, e), souvent pris dans une niche de cette substance. Dans la région de la macula, les fibres deviennent rudimentaires et sont dépourvues de leur cône basai.
Lorsqu'on traite la surface interne de la rétine avec une solution de nitrate d'argent, on parvient aisément à faire ressortir les limites des bases des fibres à support par des lignes noires, que circonscrivent des figures de forme et de grandeur variables et irrégu-
NEUF OI'TIQUE ET RÉTINE
lièremcnt polygonales (fig. 309). On ne saurait parler ici d'une véritable membrane limitante interne comme d'un élément isolé, et l'on l'ait mieux d'employer l'expression de
Fig. 309. — Portion de la surface interne de la rétine humaine, traitée au nitrate d'argent. A droite, les cônes des fibres font saillie avec leurs limites basales. D'après Retzius.
margo limitans. Une véritable membrane ne se rencontre que sur la surface externe du corps vitré (membrana hyaloidea).