PARALYSIE DE LA SIXIÈME PAIRE (MOTEUR OCULAIRE EXTERNE
Après la paralysie du moteur oculaire commun, c'est celle de la sixième paire qu'on observe le plus souvent. Le diagnostic offre peu de difficultés si la paralysie est assez marquée, car elle entraîne alors rapidement une déviation de l'œil du côté de l'antagoniste, le droit interne, ce muscle relativement si puissant. La déviation augmente au fur et à mesure que le sujet fait plus d'efforts pour regarder du côté malade. De plus, on peut voir qu'au lieu de s'opérer par un mouvement graduel, l'abduction de l'œil se fait par saccades; ce qui résulte de l'impuissance où est le muscle parétique à retenir, d'une manière continue, l'œil de son côté. En outre, lorsqu'on cherche à faire exécuter à l'œil malade des mouvements d'abduction, on remarque que cet organe, n'obéissant qu'incomplètement à la volonté du sujet,
reste manifestement en dedans. Lorsque l'œil malade entre en fixation, l'œil sain exécute en dedans, sous le verre dépoli, un mouvement associé, tellement prononcé que l'angle de la déviation secondaire l'emporte de beaucoup sur celui de la déviation primitive.
L'examen des images doubles (après avoir pris la précaution de placer au-devant de l'œil sain un verre coloré) ne devient nécessaire, pour le diagnostic, que lorsque la paralysie est peu prononcée. En promenant une bougie au-devant des yeux, suivant le plan médian horizontal, la diplopie n'apparaît que lorsque l'objet fixé, transporté du côté sain vers le côté malade, a dépassé le plan médian vertical. La distance latérale des images homonymes (l'œil restant anormalement en dedans) augmentera au fur et à mesure que cet objet sera porté plus en dehors. Une obliquité des images ne se présentera que si l'objet, tenu en dehors, est transporté en haut ou en bas.
Un symptôme qui s'accuse particulièrement dans la paralysie de la sixième paire est le suivant : lorsque les malades regardent avec l'œil atteint de paralysie, en couvrant l'œil sain, et qu'ils veulent toucher rapidement, avec le bout de l'index, un objet placé à leur portée, ils manquent constamment le but et dirigent le doigt en dehors de l'objet fixé. Ce phénomène résulte de l'excès d'impulsion nerveuse donnée au muscle parétique, excès entraînant le sentiment d'un écart plus grand que l'objet ne le présente en réalité.
Pour échapper à la diplopie et au vertige qu'elle provoque, le malade, s'il tient les deux yeux ouverts, tourne fortement la tête du côté malade et dirige le côté sain vers les objets à fixer.
Nous renvoyons à l'article premier pour l'étiologie et le traitement.
NYSTAGMUS
Symptômes. — On entend par nystagmus des contractions oscillatoires des muscles de l'œil qui, se succédant avec beaucoup de rapidité, peuvent n'apparaître que périodiquement, ou se maintenir à l'état continu, ou encore ne cesser que lorsque le malade fixe un objet, à une distance déterminée et suivant une direction particulière, ou lorsqu'un sommeil profond s'accompagne d'une résolution musculaire générale. Ordinairement, ces contractions cloniqucs et rythmiques se produisent autour de l'axe d'évolution des muscles droits interne et externe (nystagmus horizontal). Très rarement le nystagmus est vertical. Une autre forme de nystagmus est celle dans laquelle les mouvements oscillatoires s'exécutent autour de l'axe d'évolution des muscles obliques (nystagmus rotatoire). Enfin, dans quelques cas exceptionnels, le nystagmus présente un type complexe (nystagmus mixte).
En général, le nystagmus augmente beaucoup, non seulement lorsqu'une excitation morale quelconque affecte le sujet, mais encore quand l'éclairage baisse, ou lorsque l'accommodation s'est exercée pendant quelque temps sur de petits objets très rapprochés, ou, enfin, si les objets fixés passent rapidement devant les yeux, atteints de nystagmus, et si le sujet est contraint à faire varier fréquemment son accommodation, pour s'adapter à des distances différentes. Chez quelques malades, on observe, dans le nystagmus, une oscillation de la tête qui, dans un certain nombre de cas, s'exécute dans un sens opposé à celui vers lequel s'effectue le déplacement des yeux, de façon à jouer un rôle compensateur.