‹ Manuel d'ophthalmologieChapitre 206 sur 316 · PARALYSIE DE LA SIXIÈME PAIRE · texte numérisé non relu

PARALYSIE DE LA SIXIÈME PAIRE

sèment en dedans); l'image reçue par l'œil sain est placée au-dessus de celle de l'oeil malade, et il existe, suivant la direction du regard, une obliquité plus ou moins marquée des images, vu que le grand oblique n'incline plus le méridien en dedans et ne contre-balance plus, dans certaines positions, l'inclinaison en dehors produite par la contraction du droit inférieur. Aussi, voit-on, dans ce cas, une inclinaison défectueuse du méridien, en dehors, se manifester par une convergence sensible des extrémités supérieures des images homonymes. Si l'on promène l'objet dans la moitié inférieure du champ de regard, vers le côté sain (en dedans), on voit diminuer la distance latérale des images ; mais lorsque, au contraire, l'objet fixé est transporté du côté malade (en dehors), la distance latérale et la différence de hauteur diminuent simultanément, pendant que la convergence des extrémités supérieures des images s'accuse davantage. Dans la paralysie du grand oblique, notons encore que l'image du côté malade semble, au sujet, plus rapprochée que celle du côté sain.

La position de la tête du malade, dans les paralysies récentes du grand oblique, est caractéristique. Pour éviter, autant que possible, la nécessité de diriger le regard en bas, et surtout, dans le sens diagonal, en bas et en dedans, le sujet penche la tète en bas, en même temps qu'il l'incline du côté sain.

Les paralysies récentes n'offrent au diagnostic, nous l'avons dit, que de médiocres difficultés; mais l'ensemble des symptômes se complique singulièrement, lorsque, la paralysie ayant persisté un certain temps, l'oblique inférieur, c'est-à-dire le muscle antagoniste, vient a se rétracter. On voit alors la diplopie s'étendre, de plus en plus, sur la moitié supérieure du champ de regard, et la cornée de l'œil malade conserver, dans toutes les directions du regard, une position plus élevée que celle du côté sain. Mais, tandis que, dans la moitié inférieure du champ [de regard, on constate l'existence d'images homonymes, les images seront croisées dans la moitié supérieure de ce champ (l'action excessive du petit oblique déterminant une déviation exagérée de la cornée en dehors).

Pour ce qui regarde l'étiologie et le traitement, on se reportera à l'article précédent. A part l'emploi de prismes, on ne pourra remédier à un état parétique du grand oblique, en agissant directement sur ce muscle; une ténotomie du droit inférieur, pratiquée du côté sain, réussira encore le mieux à faire disparaître la diplopie dans une notable étendue du champ de regard.

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