F. — SÉCRÉTIONS MORBIDES
1° Anomalies de sécrétion des glandes sébacées.
a. séborrhée. — Elle consiste dans une augmentation de la sécrétion sébacée, avec ou sans altération des produits. La sécrétion peut garder sa consistance normale et couvrir la peau d'une couche d'apparence huileuse (séborrhée fluide), ou
bien le produit d'hypersécrétion change de caractères chimiques et se coagule à l'air libre (séborrhée sèche). Dans le premier cas, la peau de la figure, en général, participe à celte anomalie fonctionnelle et l'on voit fréquemment dans les plis de la face s'amasser et s'accoler les corpuscules colorés qui flottent dans l'air; dans le second, il se forme uniquement sur le bord des paupières une couche d'étendue et d'épaisseur variables, composée de petites lamelles ou d'écaillés jaunâtres, et ce ne sont que les sourcils et le cuir chevelu qui sont simultanément atteints de cette sorte de pityriasis simple.
La séborrhée, et tout particulièrement la forme sèche, détermine facilement l'hypérémie du champ d'implantation des cils, un faible gonflement de cette partie de la peau et la rougeur du bord de la conjonctive palpébrale (blépharo-adénite), comme on le constate sans peine lorsqu'on a débarrassé ces parties des produits de la séborrhée avec une éponge imbibée d'eau chaude. Notons encore, dans la séborrhée sèche, l'alopécie furfuracée qui peut atteindre le bord ciliaire, ainsi qu'on l'observe parfois en même temps pour la région sourcilière et le crâne.
A quoi faut-il attribuer cette hypersécrétion sébacée et cette altération des produits sécrétés? Tout ce qu'on peut en dire, c'est que, chez les personnes qui en souffrent, on constate fréquemment un trouble fonctionnel des organes génitaux et particulièrement la dysménorrhée chez les femmes.
Pour ce qui est du traitement, il consiste, à part les soins que réclame l'état général, à enlever soigneusement toutes les masses sébacées, ce à quoi l'on arrive, pour la séborrhée fluide, par de simples lotions avec de l'eau de savon chaude. S'il s'agit de la séborrhée sèche, il est bon d'imprégner préalablement les croûtes d'un peu de vaseline, de glycérine ou d'huile d'amandes douces. Ces précautions prises, il ne reste qu'à modifier l'état de la peau et à resserrer les orifices dilatés des glandes sébacées à l'aide de l'eau de Cologne, que l'on passe sur les paupières soigneusement fermées, ou encore d'un mélange à parties égales d'huile de cade et d'alcool.
b. Milium ou millet des paupières. — Le milium n'atteint généralement que la dimension d'un grain de millet, dont il a la forme et d'où il tire son nom. Il provient d'un changement morbide qui se manifeste dans les glandes sébacées de la peau, que l'on voit généralement aboutir dans les follicules pileux. Si le contenu de ces glandes, qui représentent, on le sait, des replis en cul-de-sac du tégument externe, vient à se condenser; si les agglomérations épithéliales et graisseuses qu'ils contiennent ne s'épanchent pas au dehors, ces petits réservoirs se distendent et il se développe de petites tumeurs qui ont reçu le nom de comédons, sur les parties du corps où la peau est épaisse et les poils forts, et de millet sur les points où le tégument est très mince comme les paupières.
Le développement du millet sur la peau du visage et particulièrement des paupières peut être assez prononcé pour simuler une éruption cutanée (herpès miiiaris).
Le traitement, si toutefois il est requis, consiste à éroder avec une aiguille à cataracte le sommet du milium et à en extraire le contenu avec la pointe de cet instrument.
c. Acné. — L'acné n'est que le résultat inflammatoire de l'irritation produite par la rétention, dans les follicules, des éléments épithéliaux et graisseux qui les remplissent et qui peuvent eux-mêmes avoir d'abord éprouvé dans leur qualité, par le séjour de divers micro-organismes, quelques modifications. Le tissu cellulaire, qui eugaine le follicule, s'enflamme et une grande quantité de globules de pus peut s'y