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ANOMALIES DE SÉCRÉTION DES GLANDES SÉBACÉES

rencontrer. Il se forme alors un bouton qui, s'il résulte d'un comédon, laisse voir à son point culminant des produits d'une coloration jaune (acné ponctuée) et qui, s'il vient d'un milium enflammé, comme c'est l'ordinaire quand il s'agit des paupières, montre une élevure d'un rouge intense, sur laquelle pointe bientôt une pustule blanchâtre (acné rosée).

Ce bouton, sensiblement plus fréquent sur la paupière supérieure que sur l'inférieure, occupe de préférence le bord ciliaire et le voisinage des cils (acné ciliaire); son sommet est traversé par un poil, et le bouton peut atteindre le volume d'un pois. Un œdème plus ou moins prononcé accompagne son développement qui aboutit à la suppuration et rarement à l'induration.

L'une des indications les plus essentielles du traitement réside dans les soins d'une propreté minutieuse ; par exemple, dans l'emploi de lotions répétées avec l'eau de savon chaude, dans le but de chasser les moindres poussières ou éléments microbiens irritants. Les cils, près de tomber, seront enlevés de temps en temps par une légère traction et l'on pourra faire usage, sur le bord des paupières, d'une pommade au précipité rouge. Une petite incision pratiquée sur un bouton d'acné douloureux en hâtera la disparition.

d. Moiiuscum contagieux ou sébacé. — Le molluscum contagieux ou sébacé tire, comme l'acné, son origine de la transformation d'une glande sébacée. Dans l'acné, l'irritation produite par le contenu des follicules amène l'hyperplasie du

Fig. 29. — Cellules épidermiques avec des corpuscules de molluscum invaginés

(d'après Virchow).

a et b, corpuscules du molluscum imbriqués dans des enfoncements infundibuliformes; e, cellules épidermiques avec infundibulum figurant des noyaux.

tissu cellulaire circonvoisin, hyperplasie qui se termine presque constamment par la suppuration. Dans le molluscum, au contraire, on observe une hypergenèse très lente du même tissu, et, consécutivement, la production d'une petite tumeur arrondie. Le follicule dilaté proémine alors au-dessus du niveau de la peau et laisse échapper de son sommet, par la compression, un contenu pultacé de consistance caséeuse.

Au microscope, cette masse pultacée est essentiellement composée d'éléments épithéliaux et de corpuscules propres au molluscum. Ces corpuscules de nature albuminoïde, et ressemblant aux corpuscules d'amidon gonflé, ont, suivant les recherches de Virchow qui admet la possibilité d'une contagion du molluscum, un rapport particulier avec les cellules épithéliales dans lesquelles ils se trouvent englobés, comme un œuf dans un coquetier (fig. 29, a et b).

Le molluscum contagieux, lorsqu'il affecte des parties revêtues d'une peau mince (la périphérie des paupières, qui rentre dans ce cas, est le siège préféré de cette altération), peut, en faisant un relief de plus en plus prononcé, se pédiculiser et former une sorte de petite corne d'apparence polypeuse, au sommet de laquelle on peut apercevoir l'orifice dilaté du follicule. C'est surtout chez les enfants qu'on a

l'occasion de compter sur un même sujet un nombre considérable de ces petites excroissances cornées, tant sur la paupière qu'au voisinage.

11 suffit, pour évacuer le contenu de ces petites tumeurs, de les comprimer entre les branches d'une pince à cils, puis d'arracher avec ces mêmes pinces la membrane enveloppante qui cède à une traction modérée. Une très grande propreté de la peau est indiquée pour remédier à la reproduction du molluscum.

2° Anomalies de sécrétion des glandes sudoripares.

a. h'éphidrose ou hyperidrose, affection très rare, se caractérise par une hypersécrétion des glandes sudoripares. Les paupières, un peu rouges, sont couvertes d'une couche d'un liquide visqueux. Les angles des yeux se trouvent excoriés par le contact incessant de ce liquide, qui détermine aisément l'apparition d'un catarrhe con-

onctival.

L'hypersécrétion des glandes sudoripares s'arrête, le plus souvent, au rebord orbitaire. En essuyant la peau avec un linge fin, on peut voir, à la loupe, que le liquide qui, quelques instants auparavant, s'offrait sous l'aspect d'une couche continue, suinte par un nombre considérable de petites ouvertures et se réunit en gouttelettes.

Uétiologie de cette affection très tenace est tout à fait inconnue. Elle s'observe chez des personnes prédisposées manifestement aux transpirations abondantes générales ou localisées (plante des pieds, paume des mains).

La meilleure méthode de traitement consiste à soigner les excoriations par les moyens qu'on oppose à l'eczéma des paupières.

b. Vhématidrosc, résultant de petits épanchements sanguins qui se font dans l'intérieur des glandes sudoripares, a été observée sur un malade atteint d'autres troubles de la motilité, de la sensibilité et d'anomalies des sécrétions.

c. De même que nous avons vu que l'occlusion du conduit excréteur d'une glande sébacée peut donner lieu au développement d'une petite tumeur connue sous le nom de millet, de même aussi l'oblitération d'un conduit excréteur d'une glande sudoripare peut engendrer la formation d'un petit kyste. Ces petites tumeurs des paupières, à contenu parfaitement limpide (kystes transparents, vésicules transparentes), occupent presque toujours le bord libre des paupières et ne dépassent guère les dimensions d'une lentille.

Si leur présence devient gênante, si leur voisinage est irritant pour la conjonctive, il suffit de piquer leur paroi avec la pointe d'une aiguille, ou de l'exciser avec des ciseaux courbes, lorsque le petit kyste a atteint un certain développement. Dans quelques cas exceptionnels, on retrouve ces kystes transparents sur la paupière même.

d. L'apparition de sueur colorée sur les paupières, la chromidrose, est une maladie fort rare et qui a suscité bien des polémiques. Elle consiste dans une coloration bleu foncé des paupières, en particulier de l'inférieure, coloration que dissipent les frictions oléagineuses pour un temps plus ou moins long. On trouve alors la peau intacte; à peine les veines y sont-elles légèrement dilatées. La coloration épargne constamment les poils; elle est surtout intense dans les replis des paupières, y apparaît sous forme de taches irrégulières et occupe parfois d'autres parties de la ligure. L'origine de cette étrange coloration est encore très obscure (elle est due probablement à un bacille particulier), et il est incontestable que nombre de fois elle a été simulée. La solubilité partielle de ces masses pigmentées

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