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II. — AFFECTIONS DV TARSE

Anatomie topographique (1). — Le tarse, formé non d'un tissu cartilagineux, mais d'un tissu connectif très serré, se montre intimement uni avec les parties avoisinantes, surtout avec le feuillet sous-jacent de la conjonctive. Si nous faisons des deux tarses une préparation aussi exacte que possible, nous obtenons deux organes myrtiformes, courbés suivant la configuration des paupières, avec une pointe médiale obtuse et une latérale plus pointue. Le bord adhérent du tarse a une courbure convexe; le bord libre du tarse inférieur est tout à fait rectiligne ou même faiblement concave, tandis que le bord correspondant du tarse supérieur est ou également droit ou un peu convexe. La hauteur du tarse supérieur atteint 9 millimètres, tandis que le tarse inférieur a une hauteur moitié moindre. La longueur des deux tarses est de 20 millimètres, et leur épaisseur de 1 millimètre environ.

Dans le tissu même des tarses se trouvent placées des glandes sébacées (glandes de Meibomius), qui, rangées et serrées les unes à côté des autres, occupent toute la hauteur des tarses (fig. 31). Elles sont par conséquent plus longues dans le milieu de la paupière, moins étendues vers les côtes. Celles du milieu sont étalées suivant des lignes droites, tandis que latéralement ces glandes s'incurvent.

La configuration des tubes glandulaires rappelle surtout celle qu'on observe pour le pancréas (fig. 32). Au milieu se trouve un canal excréteur autour duquel se groupent, clans la plus grande partie de son parcours, des lobules glandulaires globuleux. Le canal excréteur aboutit à un orifice perceptible à l'œil nu sur le bord palpébral, lorsqu'on renverse quelque peu celui-ci. Examine-t-on les paupières du côté de leur mince revêtement conjonctival, on voit apparaître aussitôt les glandes avec une coloration faiblement jaunâtre. Le contenu des glandes tarsiennes sert à lubrifier le rebord palbébral. Le bord palpébral se fait encore remarquer par une garniture de poils rigides, les cils, qui occupent le pourtour de l'ouverture palpébrale.

Les cils envoient leur racine jusqu'à 2 millimètres dans la profondeur du derme. Dans les interstices des glandes tarsiennes, les follicules pileux pénètrent encore davantage (fig. 32). Les cils forment une triple rangée et se trouvent sur la paupière supérieure plus écartés d'avant en arrière que sur la paupière inférieure. Ils ont une courbure convexe

(1) Résumé d'après Merkol (Traité complet d'Ophthalmologie, p. 127).

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