HYPERTROPHIE DE LA GLANDE LACRYMALE
supérieure, localisées principalement vers l'angle supéro-externe, point où l'on constate, au toucher, une vive sensibilité, et au niveau duquel le malade accuse des battements et des douleurs lancinantes. En même temps, se manifestent des troubles généraux, tels qu'une fièvre ardente, de l'anorexie et de l'insomnie. Les auteurs signalent une gangrène partielle de la paupière supérieure, déterminée, d'après eux, par la compression que la glande malade exercerait sur les tissus voisins, gangrène qui, à leur avis, donnerait lieu à l'évacuation des produits fournis par la suppuration. Dans ces cas, il faut le dire, un stylet introduit dans la plaie est toujours tombé sur un os dénudé et couvert d'aspérités. Mais, à côté de ces faits, reposant plus que probablement sur une erreur de diagnostic, il en est d'autres où la suppuration s'est ouvert une voie au dehors, sans avoir été précédée de sphacèle, et où il s'est établi un trajet fistuleux.
Tandis que l'inflammation de la grande lacrymale, en tant que maladie suraiguë, réclame encore, pour être acquise à la science, le contrôle d'observations plus concluantes, l'existence d'une inflammation chronique ne laisse aucun doute. Cette dernière forme provoque, non la suppuration, mais une hypergenèse du tissu connectif, qui entre dans la constitution de l'organe affecté, et détermine un engorgement, dont la résolution se fait, en général, avec beaucoup de lenteur. Nous avons eu l'occasion d'observer cette inflammation chronique, portant sur la glande orbilaire, chez des malades qui avaient longtemps souffert de conjonctivites, de kératites pustuleuses, d'iritis, accompagnées d'un larmoiement considérable. De Graefe cite plusieurs cas, dans lesquels, à la suite d'une opération nécessitant l'occlusion de l'œil, il était survenu un gonflement considérable de la glande lacrymale, qu'il attribue à la rétention des larmes.
Les symptômes de la dacryoadénite chronique sont : la tuméfaction de la paupière supérieure, une rougeur de ce voile membraneux, plus prononcée en dehors qu'en dedans, et la difficulté de le soulever en totalité. Parfois, il est possible de sentir directement, en introduisant le petit doigt dans le cul-de-sac, ou après avoir renversé la paupière, la glande orbitaire augmentée de volume.
L'inflammation aiguë de la glande lacrymale, surtout dans les cas où elle reconnaît pour cause une violence, réclame l'emploi énergique des moyens antiphlogistiques, et, dès qu'on a lieu de croire à l'existence d'un abcès, il faut l'ouvrir sans retard. Dans la forme chronique, on aura recours à des frictions résolutives, avec l'onguent mercuriel, ou avec des pommades à base d'iodure de potassium ou de plomb.