MALADIES DES POINTS ET CONDUITS LACRYMAUX
A. Déviation et oblitération des points lacrymaux.
Les points lacrymaux (voy. fig. 529 et 530, p. 864 et 865) qui, lorsque les yeux sont ouverts, s'appliquent exactement contre la conjonctive bulbaire, quittent cette position, dès que les paupières se ferment, pour plonger dans le lac lacrymal, c'està-dire dans l'étroit espace qui se produit, sous l'action du muscle lacrymal antérieur, dans le grand angle de l'œil. En même temps, les larmes, comprimées en tous sens, affluent dans le lac, et, à mesure qu'elles sont aspirées par la dilatation du sac lacrymal, les points lacrymaux se réappliquen contre la muqueuse du bulbe, par l'effet de la pression atmosphérique. Il faut remarquer que celle-ci s'opposerait toujours à cette tension du muscle, entre son aponévrose d'attache et le sommet de la cornée, si les larmes n'affluaient pas pour combler le vide, que produit le déplacement des extrémités internes des tarses. Comme les larmes, chassées de tous les points de la surface du globe de l'œil, se porlent en bas par leur propre poids, elles doivent s'accumuler principalement vers la paupière inférieure, et c'est pour cette raison que l'extrémité interne du tarse inférieur s'éloigne davantage du globe de l'œil. Le point lacrymal inférieur, pendant l'occlusion des paupières, restant plus longtemps éloigné de la conjonctive bulbaire que le supérieur, l'aspiration des larmes doit s'y faire d'une manière beaucoup plus active. Aussi devons-nous, surtout, porter notre attention sur les déplacements de l'orifice du conduit lacrymal inférieur.
Celui-ci peut perdre sa position normale, en déterminant un larmoiement d'intensité variable, sous l'action de trois causes différentes :
1° D'une traction agissant de haut en bas et d'arrière en avant;
2° D'une pression qui exerce ses effets d'arrière en avant;
3° D'un déplacement du globe de l'œil en arrière.
1° Les points lacrymaux peuvent être plus ou moins fortement déviés en avant, par la traction qu'exerce, sur eux, le tégument externe rétracté. Nous avons déjà exposé par quel mécanisme se produit Yéversion des points lacrymaux, en traitant de l'eczéma des paupières, de la blépharite et des diverses formes d'ectropion, nous n'avons pas à y revenir.
2° Les causes qui peuvent dévier les points lacrymaux en les repoussant, d'arrière en avant, sont : un gonflement considérable de la muqueuse, en particulier de la caroncule et de la conjonctive qui tapisse l'extrémité interne des fibro-cartilages; puis, le développement de petites tumeurs, de polypes conjonctivaux, de kystes nés ' au voisinage des points lacrymaux, etc.
3° La déviation des points lacrymaux, qui succède aune atrophie avancée du tissu cellulo-graisseux de l'orbite, est diamétralement opposée à celle que nous venons de signaler. Le bord ciliaire se renversant en dedans, comme il arrive dans l'entropion sénile, le point lacrymal finit par abandonner le globe de l'œil. Par suite de cette inversion des points lacrymaux, qui tendent ainsi à cesser de baigner dans le lac lacrymal, l'élimination des larmes peut être entravée, comme dans les cas d'éversion.
Le traitement de la déviation des points lacrymaux, principalement de l'inférieur,