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MALADIES DES POINTS ET CONDUITS LACRYMAUX

consiste à transformer le conduit en une sorte de sillon, qu'on étend plus ou moins vers la caroncule (sans toutefois l'atteindre), selon qu'on a à combattre une déviation plus ou moins prononcée. Il est bien entendu qu'on s'abstient de cette petite opération, s'il s'agit dune cause passagère ou facile à éliminer. L'instrument le plus simple, pour pratiquer l'incision des points lacrymaux, est le couteau boutonné de M. Weber (fig. 540). On en fait glisser le bouton le long de la paroi supérieure du

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conduit inférieur (inversement pour le conduit supérieur), d'autant plus profondément qu'on se propose de fendre le conduit dans une plus grande étendue, et l'on sectionne ce dernier en relevant (ou en abaissant) le manclie du couteau. Le tranebant du couteau doit toujours, dans ces mouvements de bascule, être dirigé vers le globe de l'œil, afin que la fente artificielle se trouve tournée dans ce même sens. Si l'on éprouvait quelque difficulté à introduire la pointe mousse du couteau dans l'orifice du conduit, fortement rétréci, on dilaterait préalablement cet orifice, au moyen d'un petit stylet conique, que l'on pousse dans le conduit, jusqu'à une certaine distance, et que l'on fait rouler plusieurs fois entre le pouce et l'index. Pour empècber la réunion des lèvres de la plaie, il est nécessaire de les écarter une ou deux fois, le lendemain et le surlendemain de cette opération.

La simple transformation du point lacrymal en une fente peut rester inefficace, non à cause d'un léger ectropion, qui a accompagné réversion du point lacrymal, mais, surtout, par suite d'un retrait du globe oculaire, consécutif à la diminution du coussinet graisseux de l'orbite. Dans ce cas, on devra chercher à obtenir une coaptation plus exacte de la paupière inférieure avec le globe de l'œil, en exécutant un des procédés opératoires que M. 0. Weber a indiqués contre la coaptation vicieuse et le relâchement des paupières (p. 76).

B. Oblitération des points lacrymaux.

Elle résulte, le plus souvent, de leur déviation, surtout quand celte dernière est consécutive à la rétraction du derme, par exemple dans la blépharite ciliaire et l'eczéma des paupières. Des plaies, des brûlures, des ulcérations, des pustules varioliques, l'herpès constituent d'autres causes d'oblitération des points lacrymaux. Cet accident survient encore au moment où d'abondantes granulations conjonctivales entrent dans la période de cicatrisation. L'orifice des conduits, surtout le point lacrymal inférieur, se recouvre d'une mince pellicule, composée de cellules épithéliales, qui en dissimule l'emplacement primitif. Enfin, on a signalé l'étroiiesse et l'absence congénitales des points lacrymaux, coïncidant, ou non, avec des anomalies semblables des conduits correspondants.

Le traitement consistera à rechercher l'embouchure, plus ou moins effacée, du conduit inférieur pour y faire pénétrer, par un mouvement de rotation, une sonde conique, permettant, après dilatation, l'introduction du couteau de Weber avec lequel on fend le conduit. Pour retrouver remplacement du point lacrymal, on notera, même si la papille est entièrement affaissée, qu'il persiste encore une tache blancbàlre formée par le tissu peu vasculaire qui entoure l'entrée du conduit. Lorsqu'on n'a pu réussir à rétablir la perméabilité du conduit, ce qui se présente, sur-

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tout, si celui-ci est oblitéré dans une certaine longueur, on peut, suivant Jùnken, enlever, d'un coup de ciseaux, la portion du bord ciliaire correspondante au point lacrymal et rechercher, dans la plaie, l'ouverture du canalicule. Si l'on est assez heureux pour retrouver le conduit, on l'incisera largement. En réalité, il sera plus simple, dans le cas où le conduit supérieur est resté libre, de le fendre jusqu'à la caroncule et de chercher, en tenant la fente ouverte avec la sonde, à accroître l'activité fonctionnelle de ce canalicule. Ces diverses tentatives restent-elles sans succès, ou les deux conduits lacrymaux sont-ils oblitérés, nous pensons que, sans chercher à rétablir une voie de communication entre Je lac et le sac lacrymal, ou à souder les conduits du côté du sac lacrymal (Bowman), il sera beaucoup plus pratique de procéder à l'extirpation de la glande palpébrale.

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